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A PROPOS DU DOLICHOCOLON EN GENERAL

L'homme nous paraît être plus souvent atteint que la femme. (Nos observations groupent 18 hommes et 8 femmes.)

En ce qui concerne l’âge, nous pouvons affirmer que le dolichocôlon se voit aussi bien chez les jeunes que chez les personnes âgées.

7 observations concernent des malades de moins de trente ans (I, III, V, VIII, XVIII, XXI, X).

6 observations concernent des malades de trente à quarante ans (XII, XIII, XVII, XVIV, XXIII, XXIV),

2 observations concernent des malades de quarante à cinquante ans (II et XI).

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3 observations concernent des malades de cinquante à soixante ans (IV, XIV et XVI).

4 observations concernent des malades de soixante à soixante-dix ans (VII, X, XV et XXV).

2 observations concernent des malades de plus de soixante-dix ans (VI et IX).

2° A PROPOS DU DOLICHOCOLON EN PATHOLOGIE INDIGENE

Nos observations nous permettent d'affirmer la fréquence du dolichocôlon chez les indigènes : les deux tiers de nos observations les concernent.

Goinard et Torreilles, d’autre part, examinant les cadavres de vingt-trois indigènes au laboratoire d'anatomie de la Faculté d'Alger, ont constaté 17 dolichosigmoïdes (soit plus de 7 sur10).

Enfin le Docteur Oulié (Constantine) en a opéré 29 en dix ans pour volvulus, ce qui représente, croyons-nous, la plus forte statistique de langue française pour un même service. « Encore sommes-nous loin de voir tous les cas qui se présentent ; et bien des médecins de colonisation ont pu en observer plusieurs des plus typiques qui avaient préféré la mort à leur évacuation sur un centre chirurgical. » (Biancardini).

Nous noterons aussi que l'apparition de cette affection est peut-être plus précoce chez l’indigène musulman nord-africain.

Nous croyons vraiment que le dolichocôlon chez l’'indigène est bien plus une affection acquise que congénitale, voici pourquoi ;

1°) C'est d’abord à cause de la fréquence de l’hérédo-syphilis sur laquelle ont bien insisté les auteurs algériens, hérédo-syphilis à localisation viscérale qui ne serait peut-être pas étrangère à l’évolution de péritonites chroniques larvées entraînant des processus de mésentérite rétractile, de péricolites adhérentielles et de brides.

Cette mésosigmoïdite rétractile crée des épaississements conjonctifs importants, où les vaisseaux artériels, veineux, lymphatiques et les nerfs sont noyés dans de véritables gangues sclérosantes et sténosantes.

C’est là un des aspects les plus typiques du dolichocôlon chez l’Indigène et on peut l’observer journellement lors des laparotomies ;

2°) C’est, ensuite, la fréquence bien connue dans nos régions du paludisme infantile avec hépato-splénomégalie et ascite, entraînant des remaniements viscéraux importants (compressions des organes, ptoses, relâchement des paroiïs, périhépatite et périsplénite).

Ce sont les atteintes amibiennes discrètes, les entérites et les entéro-colites infectieuses ou toxi-alimentaires, et les helmintiases (ascaris) si fréquentes chez l’enfant indigène ;

3°) C’est surtout, enfin, une question d’alimentation. Et nous insisterons sur l’importance du facteur alimentaire dans la genèse des dolichocôlons chez les . Indigènes. Cette alimentation est, en effet, spéciale, parce que :

1°) La viande est souvent absente des menus. La viande de porc est interdite par le Coran. Quant à la viande de bœuf, à la viande de mouton, elles ne sont que rarement consommées.

2°) Parce que c’est une alimentation sèche et à gros résidu fécal. Les indigènes emploient beaucoup

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de céréales : galettes de farine d’orge, de blé, de sorgo, de semoule, galettes en général mal levées, cuites ‘sous la cendre et très déshydratées.

Le couscous aussi forme le fond de leur alimentation : il est consommé en grande quantité et accompagné de sauces extrêmement relevées (piment, poivre, ail, oignon) où baignent des légumes secs, conservés parfois depuis plusieurs mois.

8°) L’Indigène est végétarien, mais les légutrnes qu’il emploie sont le plus souvent mal cuits, non hachés, laissant un résidu cellulosique abondant (concombres, poireaux, asperges sauvages, oignons, tomates, fèves, artichauts et courges).

Il mange plus souvent encore des légumes secs.

Les fruits frais, sauf les melons et pastèques, sont en général considérés comme mets de luxe. Les dattes et les figues sèches sont les plus consommées.

Cette carence de l’alimentation carnée, des légumes verts et des fruits, ou plutôt cette insuffisance alimentaire n’est pas sans jouer un rôle important sur le système glandulaire dont elle entraîne le disfonctionnement.

Ajoutons que les estomacs de nos Indigènes sont soumis à des irrégularités de régime déconcertantes. Ils sont nombreux, en effet, ces musulmans qui mangent sans aucune modération et à toute heure du jour pendant des semaines, et qui viennent brusquement pousser les rigueurs du jeûne jusqu’à l’inanition.

On conçoit donc que le tube digestif réagisse et son inflammation chronique, secondaire à ces diverses irritations, crée sur certaines parties de son trajet, des lieux de moindre résistance qui font le lit des colites et des stases chroniques, elles-mêmes génératrices de dolichocôlon,

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Toutes ces raisons n’excluent cependant pas absolument l’hypothèse d’une étiologie congénitale :

Le paludisme, l'infection luétique des ascendants, si l’on veut bien leur reconnaître quelque rôle, peuvent déjà jouer « ab ovo ».

Il n’est pas jusqu'aux prédispositions anatomiques spéciales du tube digestif qui ne puissent être, chez l’Indigène nord-africain, le résultat de modifications phylogéniques en rapport avec les habitudes alimentaires locales.

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