‹ Contribution à l'Étude du DolichocôlonChapitre 16 sur 67 · ASS PS · texte numérisé non relu

ASS PS

C’est pendant quelques années une constipation mono-symptomatique, sans trouble de l’état général et sans débâcles. Plus tard seulement, la Symptomatologie se complètera par l’apparition de crises douloureuses. Cette évolution en deux temps semble très caractéristique et correspond à l’établissement tardif des accidents mécaniques.

Chez un sujet jeune, l’apparition de cette constipation bien tolérée, très différente de la constipation spasmodique qui, souvent, revêt, au contraire, le type de la colite muco-membraneuse, doit donc toujours éveiller l’attention. La constipation atonique est, en effet, rare à cet âge. On doit, en pareil cas, s’assurer qu'il ne s’agit pas d’une constipation rectale, ou d’une lésion organique des côlons, et, ces affections éliminées, soulever l’hypothèse d’un dolichocôlon, puis en rechercher les signes radiologiques. Au contraire, dans les cas beaucoup plus rares où le début clinique se fait après cinquante ans, le diagnostic semble plus difficile, étant donnée la fréquence à ce moment de la constipation atonique.

Autre caractéristique : cette constipation ne cède que difficilement aux laxatifs et aux purgations, même énergiques. Par contre, on en vient plus facilement à bout avec des lavements haut portés, et cette remarque est souvent faite par le malade lui-même.

Enfin, signe intéressant que rapportait déjà le professeur Chiray, et que nous avons retrouvé chez quelques-uns de nos malades, la constipation du dolichocôlon peut être améliorée d’une façon paradoxale par des secousses répétées pendant plusieurs heures, par exemple un grand voyage en automobile, en chemin de fer, la pratique de l’équitation.

Ce caractère mérite de retenir l’attention et d’être recherché par l’interrogatoire. Il ne se recontre, en effet, jamais dans la constipation spasmodique de la

colite muco-membraneuse qui, au contraire, s'aggrave dans les mêmes circonstances.

Les crises pseudo-occlusives

Dans quelques cas il n’y a aucun trouble du transit et tout se borne aux accidents mécaniques, intermittents, qui sont à l’origine des crises douloureuses.

Signalées comme fréquentes, les crises pseudo-occlusives ne surviennent guère que dans une période avancée et sont des éléments bien tardifs du diagnostic : bien des cas de dolichocôlons avérés entrent dans la période pathologique sans en avoir jamais présenté.

Il faut d’ailleurs en expliquer le mécanisme. Les comptes rendus radiologiques indiquent le plus souvent que le transit est accéléré dans l’anse dolichocolique. La constipation dépendrait donc, comme l’avancent Chiray, Lomon et Wahl, d’une sorte d’anarchie motrice.

Ces auteurs, aves Amy, considèrent le spasme de l’anse dolichocolique comme le principal facteur de la stase. Le spasme du segment malade retarderait l'évacuation du côlon gauche. « Cela ne veut pas dire que la coudure dolichocolique ne constitue pas une barrière réelle, mais cette barrière ne suffit pas à déclancher toujours les accidents de constipation ni d’obstruction.

Ces crises pseudo-occlusives, sans aucun doute, sont souvent attribuables à autre chose qu’au seul dolichocôlon : « elles peuvent représenter des exacerbations douloureuses dont sont responsables avant lui la colite, la cœlialgie, la cholécystite même.

La dilatation cæcale, les douleurs de l’angle droit sont souvent plus inflammatoires que mécaniques et la périviscérite de l’angle droit, l’accolement invincible en canon de fusil les peuvent déterminer.

A l'évacuation difficile du cæcum, à sa distension

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