‹ Contribution à l'Étude du DolichocôlonChapitre 17 sur 67 · LS SU · texte numérisé non relu

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se joint bientôt un spasme de l’angle ; l’hyperpneumocolie cæcale droite accentue la déformation et provoque subitement l’obstruction (Loeper et Tauzun).

Ces auteurs pensent donc que les crises observées ne sont pas toujours régies par le dolichocôlon : les pneumatoses localisées du transverse et des angles finissent par acquérir une personnalité et évoluent pour leur propre compte : « elles ne sont pas pathognomoniques et on ne peut pas toujours conclure de leur existence dans un dolichocôlon à leur origine purement mécanique.

Les caractères de ces crises sont assez variables.

Le début est le plus souvent très brusque, brutal même. Il se fait par des douleurs abdominales augmentant très vite, avec sensation de torsion, état nauséeux, coliques très violentes et parfois perte de connaissance. Ces douleurs ont souvent un siège bien déterminé, très précis, dans la partie supéro-interne de la fosse iliaque gauche.

Au cours de l’examen radiologique, on peut parfois vérifier qu’elles correspondent exactement à une coudure.

D’autres fois, les douleurs se trouvent moins localisées. C’est une barre transversale sus-ombilicale. Elles peuvent être étendues à plusieurs régions, surtout à la fosse iliaque droite et à l’épigastre. Parfois, elles sont d'emblée diffuses dans tout l’abdomen, avec sensation de torsion des viscères.

L'état général est peu altéré. Le facies exprime la souffrance, mais les traits ne sont pas tirés, le pouls n’est pas accéléré et il n’y a pas de fièvre. Il n’y a pas non plus d’agitation, le malade restant immobile soit dans le décubitus dorsal, soit courbé en avant et com-

primant la région douloureuse.

| Généralement, on ne trouve pas de contracture, signe négatif de haute valeur.

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Encore faut-il se méfier de la tension de la paroi par suite de l’aérocolie, qui peut simuler une contracture vraie.

L'arrêt des matières et des gaz doit être noté, car il existe toujours à un degré quelconque. Cependant, dans la majorité des cas, il reste incomplet, et c’est précisément l'émission de quelques gaz de temps en temps qui rassure le clinicien. Cet arrêtvdes gaz peut être complet pendant plusieurs heures. En tout cas, on observe toujours, pendant les crises. une constipation absolue.

Les vomissements sont exceptionnels, même en cas de crise subocclusive typique.

Ces crises se terminent par une émission abondante de gaz ou par une selle importante. Le malade éprouve souvent une sensation de détorsion.

Dans certains, les douleurs disparaissent progressivement sans autre phénomène. D’autres fois, à la suite de la crise subsiste pendant un jour ou deux un endolorissement en un point de l’abdomen avec sensibilité à la pression, anorexie, subictère, fatigue et amaigrissement.

Les troubles fonctionnels cardiaques, palpitations, gêne respiratoire, angoisse, liés vraisemblablement à l’aérocolie, cèdent rapidement.

On a encore décrit comme un signe constant de dolichocôlon l’Aérocolie, qui se manifeste par le ballonnement et le météorisme.

Il faut noter qu’elle paraît plus ou moins marquée suivant les moments, et on peut être amené a examiner le malade à une période où le ventre à un volume à peu près normal. On doit donc systématiquement interroger le patiert sur ce point, lui demander s’il est souvent ballonné et surtout dans quelles con-

ditions cette distension abdominale survient. On arrive aussi à reconnaître qu’il y a des périodes de ballonnement assez longues, durant plusieurs jours, et correspondant à des périodes de constipation.

On constate parfois un péristaltisme visible sous une paroi musculaire en général mince et atrophiée par la distension.

Loeper et Tauzun ont fait remarquer que ce n’est pas toujours l’air qui distend le côlon : c’est du gaz, et ce gaz naît des fermentations puisqu'il s'accroît avec les farineux. « Il est donc préférable de parler de pneumocolie ou d’hyperpneumocolie, ce qui ne préjuge en rien de la nature ni de l’origine du gaz aceumulé. »

Il n’est pas même certain que la distension exagérée ne tienne pas souvent à une insuffisance de la résorption des gaz par la déficience du foie où la paresse de la circulation porte plus qu’à un apport ou une production excessive.

La localisation du gaz est fréquente à l’angle gauche, cela est certain : sans doute parce que cet angle est très élevé. Dans la progression du contenu intestinal, il est assez normal que les gaz montent vers le point le plus élevé, tandis que le bol fécal se glisse vers le point déclive. Et le diagnostic radiologique n’en peut être bien fait qu’en position debout. La pneumatose de l’angle ne vaut que pour le dolichocôlon sigmoïde ou pelvien. Elle fait défaut souvent dans le dolichocôlon transverse, qui n’est pas exceptionnel. Elle n’est que fréquente, et elle n’est pas constante dans le dolichocôlon sigmoïde parce que l’anormal développement du côlon n’est très probablement pas tout dans sa production.

L'hyperpneumatose n’est donc pas une manifestation constante ni exclusive. Elle n’est peut-être pas

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