‹ Contribution à l'Étude du DolichocôlonChapitre 20 sur 67 · LE.) LUE · texte numérisé non relu

LE.) LUE

Le toucher rectal, pratiqué en dehors des crises ou pendant les crises d’obstruction, montre la présence dans le rectum de matières fécales dures et souvent abondantes.

Il est enfin d’autres signes qui, pour être inconstants, n’en sont pas moins intéressants à considérer ; cessont.:

La dilatation des veines de la paroi abdominale, notée dans quelques cas.

La sensation de flot à la palpation de la paroi abdominale, mais ne donnant pas les autres symptômes de l’ascite.

Les déformations thoraciques, évidemment dûes à la distension de la cavité abdominale, telles que : évasement ou éversion des fausses côtes, rétrécissement des espèces intercostaux, refoulement du diaphragme vers le thorax. Tous signes qui peuvent parfois en imposer pour un rachitisme quand on les constate chez l’enfant.

ÉLDSCE EE TR RE LNUO E

Gens

Formes Cliniques

« Les formes cliniques sont surtout des formes symptomatiques, c’est-à-dire caractérisées par la prédominance de certains symptômes. Il est d’ailleurs presque toujours possible, dans ces cas, de retrouver par un examen attentif le syndrome habituel plus ou moins masqué par les signes anormaux. »

Et Chiray distingue :

— Une forme côlitique,

— dyspeptique, — hépato-vésiculaire, — entéro-rénale, — à type de stase cæcale, — pseudo-tumorale, — à manifestations rectales, = hémorragique et anémique, — asthénique, — des formes frustes et latentes, infantiles et familiales.

PE el

Si nous analysons celles de nos observations qui concernent les indigènes musulmans, nous pouvons en tirer quelques déductions cliniques intéressantes.

1° La localisation des allongements au côlon gauche, semble aussi fréquente chez l’indigène que chez l’européen. En plus d’une cause anatomique (mésosigmoiïde particulièrement long), des raisons d’ordre physiologique paraissent jouer chez l’un comme chez l’autre.

2° Chez les indigènes porteurs de dolichocôlons, nous avons pu noter fréquemment la prédominance du type asthénique : sujets maigres, longilignes, à paroi abdominale dépressible. Cet amaigrissement, cette hypotonie et cette dépressibilité de la paroi se retrouvent dans la plupart de nos observations.

Il nous semble que la cure d’engraissement doit, dès alors, faire partie du traitement médical.

3° Les hémorroïdes, les hernies, les éventrations de la ligne blanche, sont aussi d’une fréquence remar-quable. Maïs ce sont là des accidents mécaniques qui ne sont pas particuliers à j’indigène.

4° Il est à signaler enfin que quelques-uns de nos malades assignaient un horaire assez fixe à leurs douleurs.

Ces douleurs semblent quelquefois rythmées par les repas et il est certain qu’une surcharge alimentaire sur ces tubes digestifs déjà fort encombrés peut engendrer la souffrance.

Mais, à y regarder de près, on constate qu’il existe chez la plupart de ces malades un fond douloureux discret (dont ils ne se rendent même plus compte), sur lequel viennent se greffer des exacerbations postprandiales.

On ne trouve en somme que l’apparence d’un ryth-

CS TEs

me. Et la recherche de ce fond douloureux permanent (à localisation iliaque droite ou gauche beaucoup plus qu’épigastrique) est, croyons-nous, un signe qui a sa valeur lorsqu'il s’agit d’élimiter l’hypothèse d’un syndrome ulcéreux gastro-duodénal.

5° La participation d’une spléno-mégalie ou d’une hépato-mégalie dans la genèse du dolichocôlon chez l’indigène est à retenir. Mais les remaniements splanchniques que ces hypertrophies viscérales peuvent provoquer, semblent agir beaucoup plus dans l’enfance qu’à l’âge adulte. Il est remarquable, en effet, de constater que chez la plupart de nos malades indigènes, le foie et la rate ne paraissent guère hypertrophiés.

6° Nous avons trouvé :

— La participation de troubles gastriques dans JPcasr(ODseEv AV VII, VID VE XX; >XIL XVIII, NE MEN OCT LT)":

— La participation de constipation dans la plupart des cas (Observ. : I, II, III, IX, XII, XIII, XIX, XX, XXIV; XX V) :

— et de diarrhée dans 2 cas (Observ. : X et XV).

Enfin, la coexistence fréquente de réactions hépatiques (subictère et foie douloureux à la pression). Cependant, dans les urines, on ne retrouve presque jamais les sels ou pigments biliaires. |

7° Nous avons pu noter aussi des formes pseudoappendiculaires, pseudo-ulcéreuses, et enfin deux cas de dolichocôlons associés à de très fortes glycosuries.

Nous avons enfin retrouvé des formes hémorragiques et anémiques, des formes asthéniques et aussi une forme tumorale. Mais nous croyons que, le plus souvent, les signes cliniques sont trop nombreux et trop intriqués pour qu’on puisse établir des formes cliniques bien individualisées.

e Gas Li Date ré

he # fe

Evolution

Li - Pronostic

Évolution

L'évolution du dolichocôlon peut être très variable.

Bien traité, on a pu voir s’amender les manifestations cliniques et même la morphologie des anses dolichocoliques : la littérature nous en fournit de nombreux exemples.

Il y a aussi des cas nombreux où le dolichocôlon n’a pas de symptômes durables, ou n’en donne pas, tant qu’il n’y a pas d’affaiblissement de la tonicité neuromusculaire. Il y a d’autres cas où la colite surajoutée à la malformation guérit sans que le dolichocôlon soit modifié, ou avec régression de la malformation.

Enfin, quelquefois, le traitement amène la réduction de l’allongement sans que disparaissent, pour cela, les troubles qu’on lui imputait.

Toutefois, quand on observe des accidents cliniques aigus, il est constant que la disparition des symptômes soit le corollaire d’une modification heureuse du dolichocôlon ; mais, même dans cette éventualité, les améliorations médicales ne sont guère durables.

Personnellement, nous n'avons jamais pu suivre suffisamment longtemps nos malades traités médicalement pour pouvoir juger de l'influence du traitement sur les régressions morphologiques.

Mais, par contre, les troubles cliniques, qu’ils aient été dus au dolichocôlon lui-même ou à l’une de ses complications, ont toujours été très améliorés.

Non traité, le dolichocôlon aboutit fatalement, dans la plupart des cas, à la période des complications, que nous allons maintenant étudier.

Complications

Il en est de médicales et de chirurgicales.

Nous les citerons d’abord, avant de les analyser.

1° Médicales :

a) Inflammatoires. — Colite chronique et aiguë avec ou sans péricolite ; b) Mécaniques. — Volvulus incomplets de l’anse et

crises douloureuses de subocclusion ; Compression et torsion gastrique et duodénale ; c) Secondaires ou par infections propagée. — Lésions digestives à distance ; Syndrome hémorragique et anémique ; Stercorémie, amaigrissement, adynamie et déshydratation par vomissements.

2° Chirurgicales :

A) Chroniques :

Inflammatoires : — Les péritonites chroniques : — adhérences et péricolite plastique ; — rétrécissements de la lumière intestinale ; — mésosigmoiïdite rétractile ;

B) Aiguës :

Inflammatoires. — Périsigmoïdite aiguë suppurée ; Mécaniques. — Occlusion par : volvulus, coudures, brides ;

Iléus paralytique par pneumocolie.

LA COLITE (qui révèle d’ailleurs souvent un dolichocôlon latent) est caractérisée soit par une diarrhée généralement acide, soit par un redoublement de constipation et de douleurs. Cette colite s'accompagne d’intolérance absolue aux purgatifs et aux lavements. Elle exagère les phénomènes d'intoxication intesti-

Page 1