COMPLICATIONS CHIRURGICALES AIGUES
L'occlusion par volvulus est certes la complication la plus grave du dolichocôlon, celle qui impose la laparotomie d'urgence.
C’est malheureusement une éventualité fréquente en milieu indigène nord-africain, et nous dirons quelques mots de son processus. |
Biancardini faisait déjà dans sa thèse cette remarque intéressante :
« Nous avons observé que la majorité des cas de volvulus se voit ici durant les mois d’été. C’est parce qu’à cette époque, l’indigène peut faire des repas copieux, car les moissons lui ont apporté une aisance momentanée. Du fait de la nature de leur alimentation, ils ont des selles dans un état avancé de déshydratation qui facilite la stase. Et le fécalome ainsi formé peut être par excellence cet élément pesant qui fait basculer l’anse et la place ainsi en porte à faux. Le péristaltisme amenant ces matières et poussant sans cesse, finit par amener les deux branches de l’anse à s’étrangler réciproquement. »
Une fois cet étranglement produit, la naissance de gaz qui dilate l’anse, les coups de bélier de l’onde péristaltique au-dessus de la torsion font que la rotation ira en s’accentuant.
La torsion une fois amorcée, il n’y a guère de chance de détorsion spontanée,
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Le docteur Goinard avait aussi remarqué « que les complications d’occlusion ont été rencontrées par lui le plus souvent en période de Rhamadan, période d’abstinence diurne absolue alternant avec des ingestions nocturnes abondantes ».
Il est intéressant de rappeler qu'Achmatowiez a fait les mêmes constatations en ce qui concerne le paysan polonais : chez presque tous les malades, le début a été soudain et pouvait être constaté toujours quelques heures après un repas copieux et abondant en aliments végétaux (choux, poires, haricots, pommes de terre, pain frais, crêpes, gruaux) aptes à produire une formation de gaz et à stimuler le péristaltisme. Ces repas étaient précédés souvent d’un jeûne prolongé durant quelquefois une quinzaine d'heures.
Cette constatation est du plus grand intérêt et peut nous fournir en grande partie l’explication de la formation du volvulus.
Lorsqu’après un jeûne prolongé le malade avale avidement sa nourriture, tâchant d’apaiser au plus vite sa faim, il néglige de bien mâcher les aliments végétaux.
Il est clair que ceux-ci pénètrent insuffisamment préparés dans le tube digestif ; ils commencent à y gonfler et forment bientôt une profusion de gaz causant un péristaltisme exagéré de l'intestin.
Cependant, la musculature des anses intestinales distendues est incapable de pousser le contenu insolite des gaz et du liquide.
Il est juste de faire remarquer que le volvulus n’est pas toujours en cause dans l’occlusion aiguë du dolichocôlon. Dans 3 cas opérés par Goinard, il y avait occlusion sans volvulus, le dolichosigmoïde se redressant entre la paroi abdominale et la masse grêle, d’où
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une coudure irréductible entre le côlon descendant et le dolichosigmoïde.
La distension même de l’anse l’incarcère alors de plus en plus irréductiblement.
Enfin, les autres complications chirurgicales, telles que les péritonites chroniques, les périsigmoïdites suppurées ou non, la mésosigmoïdite rétractile progressive, ne posent l'indication d'intervention que par les complications de subocclusion à répétition ou d’occlusion aiguë irréductible qu’elles arrivent à faire naître un jour.
Pronostic
Le pronostic du dolichocôlon, sans être grave, est cependant réservé, même hors des complications chirurgicales qui commandent la laparotomie. Nous verrons par la suite que le traitement médical est souvent aléatoire et que le traitement chirurgical, même à froid, n’est pas encore soumis à une technique satisfaisante.
En dehors des dangers que courent les malades dans les crises aiguës d’occlusion, il faut se rappeler qu’un certain nombre finissent par succomber aux lésions ulcératives de colite qui viennent fréquemment s'ajouter à la dilatation et à l’allongement ou bien encore aux affections médicales associées qui les cachectisent insensiblement.
Radiographie de volvulus gastrique
La pneumocolie considérable du côlon transverse soulève l'estomac et entraîne sa torsion sur l’axe pylore-cardia : la face antérieure devient supérieure ; et la face postérieure, inférieure.
Le cardia est bloqué par la coudure. Une partie de la baryte demeure dans l’æœsophage.
(Radiographie obligeamment communiquée par M. le Dr Blondeau)
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