I. — TRAITEMENT DU DOLICHOCOLON SPASMODIQUE
Il faut se proposer de diminuer et de régulariser la contraction intestinale.
SO
Grâce à un régime alimentaire spécial, nous pou- vons modifier l'excitation de la muqueuse de l’intestin. L’aliment est, en effet, le meilleur excitant de la contraction intestinale. Par un choix judicieux des substances alimentaires, d’une part, par leur préparation culinaire spéciale, d'autre part, on peut donc, soit augmenter, soit diminuer la contraction de l’intestin.
Il importe donc de guider le malade et de Surveiller les résultats de l’alimentation. Malheureusement, il est impossible d'établir un régime général unique, qui puisse s'appliquer également bien à chaque constipé spasmodique en particulier : avant de fixer une diète spéciale, il faut en effet tenir compte de la digestion gastrique, de la valeur digestive des sécrétions hépatiques, pancréatiques et intestinales, de façon à rejeter de l’alimentation toute substance qui, du fait d’une digestion incomplète, ou viciée, ou encore de fermentations anormales, deviendrait trop irritante pour la muqueuse intestinale. On doit aussi s’enquérir de l’idiosyncrasie de certains malades visà-vis de tel ou tel mets, ou encore telle préparation culinaire ; certains aliments, fort mal supportés par quelques malades, l’étant fort bien par d’autres.
Aliments.
Quelques aliments sont à rejeter parce que :
1° Leur masse résiduelle est trop considérable, soit par suite de leur composition physique, soit par l’insuffisance relative ou totale de leur digestion. Il en résulte une excitation mécanique fâcheuse de la sensibilité spéciale de la muqueuse intestinale. De plus, cette masse considérable, pas assez homogène et fluide pour progresser facilement, distend l'intestin (Ex. : mie de pain, crudités, viandes naturellement imprégnées de graisse : viande de porc, poissons gras, etc. ;
crustacés, substances non alimentaires : pépins, noyaux, peaux de quelques légumes secs, etc...)
2° Leur digestion normale met en liberté des produits chimiques (glycérine, acides gras) dont l’absorption ou la seule présence à la surface de la muqueuse provoque des contractions violentes de la muqueuse (Ex. : légumes riches en cellulose, graisses, etc...).
3° Ils ont subi un commencement de putréfaction (viandes faisandées, fumées, salées, conserves alimentaires). On introduit ainsi dans l’organisme des toxines dont la coprostase facilitera la résorption.
4° Ils contiennent des substances astringentes (tannin) (Ex. : fraises, framboises, mûres, grenades, coings) ; ils ont donc une tendance naturelle à provoquer la constipation.
5° Ils contiennent, au contraire, des acides orga-
niques qui, mis en liberté dans l'intestin, amènent des contractions (Ex. : fruits pas mûrs, légumes acides).
- La préparation culinaire ne doit pas être tenue à l’écart ; tel genre de cuisson pouvant rendre un aliment indigeste, alors que, sous une autre forme, il serait parfaitement toléré, ou réciproquement.
C’est ainsi que, grâce aux ragoûts, à la friture, les aliments se trouvent trop imprégnés de graisse. Cette graisse empêche l’action du suc gastrique sur les particules alimentaires ; ainsi préparés, les aliments arrivent intacts dans l'intestin.
Crus ou cuits, mais sans être hachés, les légumes verts laissent un déchet trop considérable constitué par de la cellulose.
Les assaisonnements, les épices semblent aussi augmenter la contraction intestinale que nous cherchons à diminuer, ou tout au moins à ne pas provoquer.