‹ Contribution à l'Étude du DolichocôlonChapitre 33 sur 67 · DORE · texte numérisé non relu

DORE

Ces nombreuses réserves faites, il ne faut pas se montrer trop rigoureux en instituant un régime absolu, uniquement carné, ou végétal, ou encore hydrocarboné. Le mieux est de composer un régime mixte où la viande, les légumes, les hydrocarbones entreront chacun pour un tiers.

Boissons.

Les boissons doivent être assez abondantes, sans excès : le régime sec constipe par la trop grande sécheresse des matières fécales. Les boissons chaudes paraissent préférables : les boissons glacées provoquent souvent des contractions violentes de l’intestin.

Le vin blanc est trop excitant pour le système nerveux, le vin rouge trop riche en tannin. On doit donc donner la préférence à l’eau, bien aérée et exempte de sels calcaires (dissolvant bien le savon et cuisant complètement les légumes). On pourra, de temps en temps, autoriser une cure minérale légère (Evian, Vittel, Pougues) ou encore la bière de table, légère, non alcoolisée.

Le thé fort, le café seront interdits ; ils seront remplacés avec avantage par des tisanes chaudes, de feuilles d'oranger, de tilleul, de camomille.

Les apéritifs, les vins purs, les liqueurs riches en essences aromatiques seront interdits.

Le traitement médicamenteux s'adresse surtout aux troubles du transit qui sont à la base du syndrome. Il doit être pratiqué, comme y a bien insisté Girault, de façon continue pour agir constamment sur la motilité intestinale. La connaissance des troubles fonctionnels très particuliers que nous avons mis en évidence permet de comprendre les motifs de cette prescription.

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« Il ne s’agit pas », dit Chiray, « de bouleverser les fonctions motrices de l'intestin qui sont déjà touchées dans leur ensemble et se font de facon anarchique. On doit plutôt tenter de régulariser la progression du contenu intestinal. Le même traitement doit être institué quand les selles s’évacuent d’une façon à peu près régulière. Dans ces cas, en effet, le trouble des fonctions coliques n’existe pas moins que dans les formes à grande constipation, ainsi que le prouve l’examen radiologique. »

Le traitement médicamenteux ne comportera ni purgatifs, ni laxatifs, mais seulement des produits mucilagineux et des huiles : de paraffine ou d'olive, de préférence associées.

Chiray donne volontiers un mucilage au repas de midi et de l’huile de paraffine après le repas du soir.

Les antispasmodiques ont une action adjuvante qu'il ne faut pas négliger. La teinture de belladone, l’atropine ou la génatropine sont indiquées au cours des crises douloureuses. Le plus souvent, d’ailleurs, l’élément spasmodique reste faible dans le dolichocôlon. « C’est surtout comme régulateur des fenctions intestinales et sans doute par son action sur le système parasympathique que l’atropine produit une amélioration. »

C’est dans la catégorie des antispasmodiques qu’il faut sans doute ranger l'extrait parathyroïidien préconisé par R.-A. Kern et E.-G. Hakanson, et utilisé par eux en injections sous-cutanées dans 3 cas de mégacôlon. Les auteurs ont pu, par ce moyen, supprimer la constipation et vérifier, au bout d’un temps relativement court, la diminution notable ou la disparition de la dilatation colique. Le traitement (injections quotidiennes de 10 unités de parathormone — extrait parathyroïdien américain —- pendant 3 semaines, suivies de repos et de nouvelles

cures) doit être, dans certains cas, prolongé pendant des mois, pour consolider la guérison.

D’autres antinervins diminuent la sensibilité de la muqueuse ou agissent comme hypnagogues ; c’est ainsi que l’on peut avoir recours à la cocaïne, au cannabis indica, à l’opium. Parmi les alcaloïdes de ce dernier médicament, la codéine serait préférable, en ce qu’elle provoque moins la constipation que les autres.

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