II. — TRAITEMENT DU DOLICHOCOLON ATONIQUE
Dans les cas de dolichocôlon atonique, les indications à remplir sont opposées à celles fournies par le spasme de l'intestin.
Nous nous efforcerons d'obtenir de fortes excitations de la muqueuse — en empruntant à la pharmacopée les médicaments qui agissent avec une sorte de sélection sur la fibre musculaire lisse, soit en la tonifiant, soit en provoquant sa contraction, par l’intermédiaire ou non du système nerveux.
Les purgatifs ne seront employés, de même que dans la constipation spasmodique que par intervalles, avec modération, avec prudence, pour obtenir une selle.
Aliments.
On donnera de la viande, des légumes verts, des fruits en grande quantité, du miel. On supprimera les farineux, toujours à cause de la pneumocolie qu’ils engendrent.
D'une façon générale, les atoniques se trouvent bien d’un régime mixte.
Cependant, nous devons signaler que certains auteurs ont prôné le régime végétarien exclusif. Il
aurait le triple avantage d’assurer une excitation suffisante de la muqueuse intestinale (par la présence des acides organiques formés aux dépens de la cellulose) — une action mécanique sur la musculeuse intestinale par le volume du bol fécal (légère élongation de la fibre musculaire, amenant une contraction de défense) — et enfin la fluidité des excreta nécessaire à leur cheminement rapide et régulier.
Les légumes, et surtout les légumes verts doivent faire la base de l’alimentation, mais leur préparation culinaire est importante. Si, en effet, on a intérêt à augmenter le volume des déchets de la digestion, il faut du moins que ceux-ci soient facilement mobilisables.
Les fibres végétales, composées de cellulose, formant la trame des légumes qui constitueront la plus grande partie du bol fécal pourraient, par leur enchevêtrement, former un véritable bouchon ; d’où recrudescence de la constipation et quelquefois pnénomènes d’occlusion. 1 est donc de toute nécessité que les légumes soient finement divisés et hachés.
Boissons.
Elles seront prises en quantité suffisante, froides et même glacées en quelques cas, de façon à réveiller les contractions intestinales.
Le thé léger, le café noir agissent comme toniques. L'usage de la chicorée est aussi indiqué.
Médicaments.
On donnera des médicaments qui agissent d’une
façon directe sur la fibre musculaire intestinale. La noix vomique peut être administrée sous forme
de teinture, isolément ou mélangée à d’autres amers.
On peut aussi s'adresser à son alcaloïde : la stry-
chnine. Le sulfate de strychnine peut être donné en pilules de 1 milligramme (4 à 6 pilules par jour) ou en potion.
La fève de Calabar et son alcaloïde, la physostigmine, ont été employés parfois avec succès.
L'extrait hypophysaire donne quelquefois des résultats momentanés assez appréciables, mais c’est un produit difficile à manier, qui détermine souvent des accidents et dont on ne peut d’ailleurs espérer aucun résultat définitif (Chiray).
Certaines substances purgatives, telles que le cascara sagrada, l’évonymin, la scammonée, le podophyllin, le jalap, la bryone peuvent aussi être employées, mais non pas à dose purgative : on ne cherche, en effet, qu'à mettre à profit leur action sur la fibre musculaire lisse, et non leur action purgative qui s'accompagne presque toujours de phénomènes d’irritation muqueuse, de symptômes d'entérite et d’irritation du rectum, si les fortes doses sont souvent répétées.
Le traitement de Girault à entraîné parfois, en plus de l’amélioration des manifestations pathologiques, une régression des anses allongées. Ces faits ont été signalés par Girault (1925), Chiray (1931), Aubourg (1932), Bernard (1933).
Le traitement de Girault s'adresse surtout à la musculature intestinale. Il est basé sur l’ingestion horaire de laxatifs végétaux, les uns ayant une action mécanique, les autres une action chimique.
— L'action mécanique sera produite par l’ingestion de graines de psyllium.
— Le rôle chimique sera obtenu par l'emploi d’une solution hydro-alcoolique des végétaux suivants :
1° Racines de podophylle : action cholagogue et excitation secondaire des fibres lisses ;
2° Lin purgatif : renforçant l’action mécanique des graines de. psyllium ;
3° Racines de gratiole, racines de Bryone et baies de nerprun, tous trois, purgatifs drastiques, provoquant des mouvements péristaltiques énergiques et facilitant l'évacuation du gros intestin.
Ce traitement semble particulièrement apte à susciter les fonctions de motricité du côlon, et a pu, semble-t-il, dans plusieurs cas, amener une modification morphologique favorable.
La formule est la suivante :
BACS de Ne DE UN 22 0e eo due ie HET — Racines de podophylle........... AE — Racines de Bryone........:..... aa 8 gr.
— Racines de gratiole.............. le AT IN DURE AURA Le tn et Was IG T:
Faire macérer à froid pendant 48 heures dans 200 cc.
d’eau. Ajouter ensuite 100 gr. d’alcool à 60° et laisser 24 heures en présence. Filtrer.
De la solution mère ainsi obtenue, le malade prélève chaque jour xxx gouttes qui, après adjonction de 120 cc. d’eau, sont réparties, au cours de la journée, à la dose d’une cuillerée à dessert toutes les heures. De plus, il prend, à chacun des grands repas, deux cuillerées à café de psyllium.