OBSERVATION IV
Lithiase biliaire ancienne angiocholite grave par suite d’obstruction du cholédoque. — Cholédocotomie,ablation d’un énorme calcul de 3$ grammes, drainage du canal hépatique. — Guérison. - (Communication du D' Delagénière à la Soc.
de chirurgie, 13 juillet 1904.
Mme R.., du Mans, âgée de $4 ans, vient consulter M. Delagénière pour des accidents graves de lithiase biliaire. Réglée à 12 ans, sa menstruation a toujours été régulière. A eu 4 enfants. Ses grossesses ont été rendues pénibles par des vomissements incoercibles. Il y a 21 ans après la naissance de son avant-dernier enfant, est prise de coliques hépathiques peu intenses qui se répètent plusieurs fois. Elle redevient enceinte et un mois après son accouchement elle est reprise de crises beaucoup plus violentes avec point épigastrique et point vési culaire. Après cette crise elle fait de l’ictère.
Depuis cette époque elle a des crises très fréquenies, provoquées par une fatigue, une course en voiture, une fausse digestion.
Fait huit saisons à Vichy qui non seulement restent sans
effet, mais chaque fois provoquent des crises graves.
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Depuis deux mois elle souffre beaucoup, mais depuis quinze jours elle fait le l'infection. elle a de la fièvre et ne peut supporter aucune alimentation.
Entré à la clinique du docteur Delagénière, le 1° mai, est dans un état général grave; extrêmement maigre, très affaiblie, elle a de la diarrhée, sa peau est vert olive, la bouche est remplie de muguet. La température oscille entre 38 et 39°; le pouls petit, misérable, varie entre 96 et 130.
Les urines rares, très colorées, présentent de l’albumine en petite quantité.
Le ventre est ballonné, mais dépressible, le foie est volumineux et sensible à la percussion ; le point vésiculaire et le creux épigastrique sont douloureux.
On décide une intervention et les jours qui précédent on désinfecte l'intestin à l'aide de grands lavages d’eau bouillie, on nettoie la bouche, on alimente la malade avec du lait stérilisé.
Opération le 1% mai. — Incision d’environ 12 centimètres sur le bord du muscle droit, en empiétant en haut sur les fausses côtes.
La vésicule apparaît vaguement distendue et libre d’adhérences. La ponction en retire 6o à 80 grammes de bile fétide et louche; le foie est vert olive et hypertrophié.
L’exploration des voies biliaires montre une énorme distension de tout le cholédoque due à un calcul d’un volume d’un œuf de poule; au dessus, le canal hépatique est dilaté et présente le volume du petit doigt.
On décide d'enlever le calcul par morcellement, d'établir un drainage de l’hépatique puis d’enlever la vésicule.
On pratique sur le calcul une incision de 2 cm. environ, il s'écoule une cuillerée de boue biliaire fétide, on brise le calcul avec une curette ordinaire et on l'extrait par portions
Ce
en le morcellant. Lorsque la cavité qui le contenait est vide, il s'écoule tout à coup par le canal hépatique débouché une quanlité considérable de pus fétide. Lavage soigné des voies biliaires et introduction d’un gros tube à drainage non perforé dans le canal hépatique jusqu'au hile du foie.
La malade étant épuisée, le pouls misérable on arrête l’opération et on établit un drainage accessoire par la vésicule.
Tamponnement léger autour du drain spécial placé dans le canal hépatique puis fermeture de la plaie en fixant l'extrémité de chacun des drains à la peau.
Pour achever le drainage au maximum on recouvre la plaie et les drains de compresses imbibées de sérum chaud et par dessus on applique du coton hydrophile stérile.
Suites opératoires : pansement renouvelé deux fois par jour au début avec lavage dans le drain et émission de petits graviers.
La température baisse peu à peu, l’état général s’améliore, la bile sort plus claire et plus fluide On supprime le drain de la vésicule d’abord, puis celui de l’hépatique à chaque pansement, puis définitivement au bout de vingt-deux jours.
Un mois après la malade sort de la clinique.