CHAPITRE PREMIER
Les courants de l’opinion publique
218. — Le public à toujours une opinion, quelle qu’elle soit ; mais en une matière aussi complexe et délicate que celle-ci, cette opinion souvent, manque de base, ou risque d’être fausse. En l'espèce cette opinion est encore si peu éclairée que tous ceux qui se: sont intéressés à la question (législateurs, Commissions de travailleurs intellectuels ou d'ingénieurs, etc.), ont dû « consulter » avant de se prononcer, tous les groupements imaginables, c'est-à-dire non seulement les organisations ouvrières, les associations d’employés, d'ingénieurs, de fonctionnaires, de techniciens, mais encore tous les grands groupements patronaux, dans le
domaine des inventions, s'entend,
219. — En fait sur une telle question l'opinion, mal éclairée ou guidée, se trouve plus ou moins livrée aux influences politiques ou de partis. Suivant le Gouvernement au pouvoir ou même seulement l'organisme du pouvoir consulté, on observe tour à tour des tendances extrêmes, parfois démagogiques et parfois conservatrices, en tous cas
faussées par leur excès même (r).
220. — Au fond l'opinion publique se trouve prise dans un remous qui l'emporte tantôt vers l’une des deux opinions extrèmes, tantôt vers l’autre, mais elle ne doit point être négligée car, en dehors du contrôle des tribunaux, il est bien possible qu'elle constitue l’un des meilleurs régulateurs de la conscience et des intérêts, et qu'elle soit le mieux
placée pour dénoncer les abus ou même pour les prévenir.