‹ Contribution à l'étude du droit naturel: Le droit naturel comme base de validité du droit positif et comme guide du législateurChapitre 25 sur 45 · VIENNE · texte numérisé non relu

VIENNE

son inclination naturelle vers le bien, effort qui sera d’autant moins fort qu'il aura. pris l'habitude de s’écarter de l’impératif, mais effort qui sera toujours nécessaire pour désobéir à l’impératif. Ce n'est que parce. que l’homme est libre qu'il peut désobéir au transcendant, à la valeur, Mais c'est aussi celte liberté qui donne tout son sens à l’obéissance, Car il aurait pu s'en détacher, pour prendre le chemin de la plus grande facilité. |

SECTION V

Vue d'ensemble

On peut maintenant reprendre dans toute son amplitude la théorie qui se détache de cette étude, pour la résumer, brièvement, en quelques notes précises et très résumées

Seule la valeur transcendantale s'impose à l’homme.

L'impératif est la présence de cette valeur transcendantale sous une forme à déterminer, dans une norme.

L'impératif est donc l'expression de la valeur dans une norme.

C’est cette présence de la valeur dans une norme qui déclanche la véritable obéissance.

La véritable obéissance est le fait pour un individu de se conformer au bien, étant incité à cela par son aspiration intime et intuitive vers le bien.

Seul, l'impératif, comme représentant la valeur et par là le bien est susceptible de déclancher cette obéissance.

La valeur transcendantale absolue est un système idéal de valeurs.

L'ensemble de ces valeurs s'appliquant à toute chose et à toute circonstance est la valeur.

La valeur est donc une universalité, contenant en puissance toutes les valeurs particulières, qui sont la valeur, car elles sont de la même substance que la valeur.

Le système des valeurs, — la valeur — contient en elle ses moyens de réalisation.

Car la valeur a comme fonction de se réaliser.

La vérité — ou si l’on veut la causalité — par laquelle la valeur est susceptible de se réaliser, forme une entité avec la valeur.

Valeur et puissance de réalisation ne forment ainsi qu'un bloc indissoluble.

La valeur transcendantale est inconnaissable par nous.

Mais nous connaissons par intuition ou par raison les éléments de la valeur.

La valeur étant la synthèse par excellence de tous les principes, ses éléments que nous connaissons contiennent une tendance nécessaire vers la synthèse, que nous exprimons par l’idée d'ordre.

La valeur comprend trois éléments connus de nous avec, en outre, le principe tendant vers la synthèse. Ces trois éléments sont tout ce que nous connaissons de la valeur.

Ces trois éléments et la tendance vers la synthèse forcent le droit naturel.

Le droit naturel a donc un contenu analytique, plus un principe formel de synthèse.

Le droit naturel n’est donc pas un système complet de normes ni un principe unique.

Le droit naturel est immuable, car la valeur est immuable et par là ses éléments.

Le droit naturel en tant qu'instrument de recherche ne nous fournit pas la solution de cette recherche : le contenu total de la valeur.

I ne nous donne que le moyen de nous en approcher, en nous permettant d’ébaucher une synthèse de ses éléments connus et par là l’approximation vers la valeur.

LA VALEUR, FONDEMENT DE L'IMPÉRATIF FO à

L'approximation vers la valeur est progressive. Mais nous n’aboutirons jamais à la valeur elle-même.

Cette approximation maximum forme une entité synthétique.

Cette entité est à la base de la validité (c’est-à-dire de l'existence valable) de tout droit positif.

Les principes généraux doivent autant que possible être exprimés dans la constitution. Cette entité synthétique d'approximaton vers la valeur a, comme la valeur, une tendance intrinsèque vers la réalisation; elle contient les moyens de réalisation de cette entité.

Ces moyens de réalisation sont l'effort d’approximation de la vérité causale maximum qu'a acquise chaque époque, par son expérience, par le passé.

Les principes généraux contiennent les éléments de la vérité absolue.

L'entité, la synthèse d’approximation vers la valeur, qui forme en même temps ses moyens de réalisation, constitue une universalité. |

Dans cette universalité sont contenues en puissance toutes les valeurs dont l’ensemble doit former la substance des normes du système juridique positif.

Ces normes positives, aussi bien dans leur contenu que dans leurs moyens de réalisation, doivent être prises dans le tout de Tentité par le législateur; et chacune de ces normes contient ainsi le général.

L'entité synthétique d’approximation vers la valeur contient donc de la valeur absolue, mais dans üne mesure relative.

Les normes qui en sont déduites contiennent dans la même mesure de la valeur absolue.

C'est cette présence de la valeur absolue dans les normes concrètes qui constitue l'impératif juridique.

La présence de l'impératif est suffisante pour déclancher dans l'individu le phénomène de la réelle obéis-

sance ; c'est par lui que les normes juridiques s’imposent, que les normes législatives réalisent dans la vie sociale de la valeur.

Nous devons. maintenant rechercher les conditions que doit remplir le droit positif pour faire pénétrer rationnellement et efficacement de la valeur, c’est-à-dire les principes synthétisés du droit naturel, dans la vie sociale,

Nous allons nous efforcer de rechercher ces conditions dans le chapitre suivant.

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