‹ Contribution à l'étude du fibrome de la paroi abdominale (volume 2)Chapitre 5 sur 10 · I. — Théorie ostéo-périostique. — Ce furent les · texte numérisé non relu

I. — Théorie ostéo-périostique. — Ce furent les

travaux d’Huguiër qui attirèrent l’attention sur les fibromes de la paroi abdominale. Dans la communication à la Société de chirurgie. sur «certaines tumeurs fibreuses rencontrées chez la femme», il signalait la présence d’un pédicule à peu près constant, pédicule qui reliait le fibrome au squelette, aboutissant en général au périoste de l’épine iliaque antéro-supérieure. Nélaton, confirmant ce point, admet l’origine ostéo-périoslique de ces fibromes, et cette théorie, soutenue aussi par Baudin, Xicaise, etc., devint classique en France, tandis qu’à l’étranger au contraire la théorie fibro-musculaire était admise.

II. — Théorie musculo-aponévrotioue. — Soutenue en France par Guyon, à l'étranger par Gornils, cette théorie, basée sur l’union des fibromes avec les aponévroses, fait développer les fibromes aux dépens du tissu conjonctif ou des aponévroses. Les observations de filiaux et Nicaise viennent à l’appui de cette opinion. Les partisans de la nouvelle théorie tendent à nier l’existence

de pédicules. La tumeur a pour eux une origine mus c u l o - a p o il é v r o t i ( { u e .

Il I. — Théorie congénitale. — Grâtzer, en 1879, applique les théories de Conheim sur la pathogénie des t limeurs aux libromes de la paroi abdominale. Selon lui ces néoplasmes « proviennent de dépôts embryonnaires qui n’ont besoin que de certaines excitations pour croître, marcher et apparaître ».

Aussi rencontrera-t-on ces tumeurs surtout chez la femme à la suite de la grossesse : « chez celle-ci la distension fréquente de la peau du ventre contribue visiblement au développement des germes des tumeurs, d’autant plus que, par le relâchement, la force de résistance physiologique a été amoindrie et raceroissement des

dispositions embryonnaires a été facilité . » Le point de

départ des libroïdes de la paroi est dans te feuillet postérieur de la gaine du droit. Dans l’embryon, l’appareil moteur et le canal intestinal sont d’abord représentés par un seul feuillet, le mésoderme. Aux dépens de celuici se développe, d’une part, le tube intestinal avec sa séreuse.

S’il est normal de ne pas songer à une séparation parfaite de trois ou quatre feuillets blastodermiques, qu’estce qui semble plus simple que la pensée suivante : « Dans un stade quelconque du développement embryonnaire sur les limites du système séreux et musculo-tendineux, une complication intercurrente détermine une hypergenèse ou une déviation des feuillets ou germes. Ceux-ci dans certaines conditions sont excités à s’accroître et, se mettent à paraître. Dans l’un des libromes opérés ici dont il rapporte l’observation), des faisceaux de. libres

musculaires lisses ont été rencontrés. Ceci me -fortifie clans mon opinion. Ceux-ci peuvent appartenir à des vaisseaux qui sont un dérivé du mésoderme ou bien ce peuvent être des muscles striés à la période embryonnaire, ou enlin dos muscles lisses séparés du tube intestinal. Toutes ces dispositions parlent en faveur de la disposition embryonnaire. En admettant le dépôt embryonnaire on explique d’une manière analogue la présence du myxo-fibrome et du fibro-sarcome. »

En un mot, d’après cette théorie, l’origine du fibrome serait congénitale et le développement et l’apparition de la tumeur seraient entraînés par des traumatismes, notamment par la distension de la paroi abdominale au cours de la grossesse.

IV. — Théorie mécanique. — Fil lie fut émise en 1883 par Hertzog qtii « décrit les fibromes de la paroi abdominale comme des cicatrices musculo-aponévroliques exubérantes et les compare aux cals des fractures ». tl incrimine exclusivement le traumatisme : « Ces tumeurs succédant à un traumatisme auraient pour origine le travail inflammatoire qui répare les muscles ou les aponévroses endommagées; il pourrait se présenter une période intermédiaire, le sang extravasé par suite de la rupture formant d’abord un hématome. Cet hématome se résorberait et se transformerait en une cicatrice, laquelle cicatrice à son tour prendrait une marche compliquée, deviendrait exubérante et enfin passerait à l’état de tumeur. »

V. — Théorie génitale. — Gui nard oppose formellement « la théorie génitale à l’origine fibro-musculaire. et

ostéo-périostique. .. Presque tous les iibromes de la paroi abdominale sont des tumeurs développées aux dépens de la portion intra-pariétale du ligament rond ».

Le ligament rond peut être divisé en (rois portions :

1° Une portion intra-abdominale qui s’étend de Lu térus jusqu’au moment où le ligament pénétre dans le trajet inguinal ;

2° Une portion intra-pariétale située dans le trajet inguinal;

3° Une portion terminale qui va de Tondre extérieur se perdre dans le mont de Vénus et la grande lèvre.

La deuxième portion seule nous intéresse. Le ligament rond parcourt alors le canal inguinal. Or, comme le fait remarquer Gilis, « en réalité il s’insinue et chemine dans l’épaisseur de la paroi comme un faisceau vasculo-nerveux ordinaire. On ne trouve un véritable canal que chez le fœtus et le nouveau-né quand le diverticule péritonéo-vaginal existe encore, et chez l’adulte quand il s’est formé un canal herniaire acquis ou congénital dans lequel s’engage une portion de viscères abdominaux.

« Mais, chez l’adulte, à l'état, normal, si on retrouve facilement les deux orifices pour l’entrée et la sortie du cordon, on ne saurait assimiler à un véritable canal l’interstice qu'occupe ce cordon dans l'épaisseur de la paroi. »

Anatomiquement il n’existe donc pas de paroi supérieure au trajet inguinal, et de même que cela se passe pour les hernies interstitielles de Ramonette, on conçoit qu'un fibrome de la portion pariétale du ligament rond s’insinue entre les plans musculo-aponévrotiques de la paroi abdominale.

Avec la théorie génitale on devrait donc substituer au terme de « fibrome de la paroi abdominale » fa dénomination suivante : Fibrome de la portion intra-pariétale du ligament rond à évolution intra-pariétale ».

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