‹ Contribution à l'étude du foie digestifChapitre 16 sur 81 · LARMES · texte numérisé non relu

LARMES

dégraissée au couteau le plus soigneusement possible. Deux d’entre eux prennent place au début de la seconde

moitié de liste (ch. 22, 24), le 3° (ch. 22) dans le dernier

quart.

Sept animaux furent soumis au régime mixte des malades de l'hôpital, viande bouillie ou rôtie, soupe tantôt grasse, tantôt maigre, légumes variés (riz, pois cassés, haricots secs, choux). Tous ont dans le foie une très faible quantité de graisse : six se rangent dans le dernier tiers de liste (ch. 25 à 30 inclus); un (ch. 31) vient le premier de la seconde moitié de celle-ci.

Nous avons donné à un chien (ch. 33) de la soupe maigre dégraissée soigneusement à froid et additionnée de légumes secs. Son foie ne présente en aucun point de grain d’acide osmique réduit. .

Un dernier animal (ch. 32) mis au même régime additionné par jour de 60 à 120 cent. cubes de sirop de sucre, ce qui équivaut environ aux mêmes poids de sucre, offre au contraire quelque peu de graisse et doit être’ rangé au début de la seconde moitié de liste.

Nous avons essayé de nourrir un animal (ch. 34) d’une pâtée composée de légumes, pain et eau sans aucune graisse surajoutée. Ce chien présentait dans le foie une quantité moyenne de graisse, mais il avait maigri de 1,300 gr. |

En résumé, ‘chez les animaux soumis à un même régime, le foie peut présenter des variations de teneur adipeuse très notables, considérables même comme dans

le régime du lait ou de la crème. Ces variations ne sont

pas toujours expliquées par la quantité de graisse ingérée,

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no&s l'avons dit plus haut. Mais certains éléments interviennent qui changent les conditions du problème.

À l'institution du régime, par exemple, le foie peut contenir déjà une certaine quantité de graisse dont il ne pourra se débarrasser pendant la durée de l'expérience à cause de la lenteur d'évolution de cette substance dans le foie : nous avons dit, en effet, combien longtemps après l'ingestion la graisse, même absorbée en quantité

minime, peul manifester sa présence dans le foie.

D'autre part, les graisses accumulées dans d’autres régions du corps peuvent se déverser dans le sang et être amenées par lui jusqu’au foie ; nous avons fait allusion à ce processus en étudiant la teneur graisseuse hépatique pendant le jeûne de courte durée (1).

Inversement il n'est pas impossible que certaines variétés de graisse ne soient pas colorables par l'acide osmique ; Mlle Deflandre le signale dans sa thèse (2). Nous pourrions penser également avec Lereboullet (3) à la nécessité, pour que le foie devienne graisseux, d’une saturation préalable des autres réserves de l'organisme.

Malgré toute la complexité d'interprétation des der-

nières séries d'expériences que nous venons d'exposer,

certains résultats nous ont paru constants

(1) Voir au sujet de la migration des graisses de l'organisme dans le foie: E. CavazzA. Contributo alla doctrina della degenerazione grassa. Il Policlinico,

.X, p. 137 et 153, 1903. — Fr. Kraus et A. Sommer. Migration des graisses dans V'intoxication phosphorée. Beiträge zur chemischen à. path. Chemie, 11, 86-93,

4902. — Leseperr (A.). Woraus bildet sich das Fett in Fallen der akuten Fettbildung. Arch. g. Phys., XXXI, 1883, IL — Leo. Fettbildung und Fetttransport bei Phosphorintoxication. Zeitsch. phys. Chemie, 1884, IX, 469-490."

(2) DerLAnpre. Loc. cit., p. 2.

(3) A. LerEBouLLEr, Loc, cit,

SPEARS

Dans le régime du pain et des légumes, le foie est très pauvre en graisse et peut même en être dépourvu.

Il est de même très pauvre en graisse dans le régime mixte (soupe grasse ou maigre, viande, légumes).

Il est d'une richesse adipeuse moyenne dans le régime de la lactalbumine ou de la viande sans graisse.

Nous venons de voir que dans le régime du lait et de ses dérivés, beurre ou crème, il offre des variations considérables de teneur adipeuse, tantôt graisseux au maximum, tantôt au contraire comparable aux foies les

MOINS gras.

Arrivés au terme de notre étude, nous pouvons, à l'aide des notions exposées, nous faire une idée d’ensemble sur l’évolution de la graisse dans le foie.

Puisée dans l'intestin par le système deschylifères qui la déversent dans la circulation générale, la graisse arrive au foie par la veine porte et l’artère hépatique à partir de la 6° ou 8° heure de l’ingestion en moyenne, à l'état de petites granulations hbres.

Une partie se fixe dans les cellules hépatiques ellesmêmes, à commencer par les cellules les plus voisines de l'espace porte, chez le lapin en particulier, et tout de suite se groupe à proximité des capillicules biliaires.

Une autre partie de la graisse d’apport est arrêtée dans les cellules étoilées de la périphérie du lobule.

Dans les cas enfin où la teneur du sang en matières :

grasses est suffisamment élevée, les petites granulations du torrent circulatoire entrent en coalescence et devenues trop volumineuses, sont retenues par les capillaires des

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