LE OR
une inflection épiphysaire assez accentuée à Ja partie supérieure du tibia et du péroné à convexité dirigée en avant (fig: 2).
Fig. 2 (aprés guérison, genvu en flexion normale)
S'agit-il d'une déviation d'origine congénitale eommé celles du même genre qui ont été rapportées dans notre obsérvation IV (Mayer) et dans une observation de Jung ? I est possible que la radiographie de la fig. 1 n'ait pas été prise sous un angle qui nous permette de voir cette déviation, On peut se demander aussi s'il ne s'agit pas ici d'une déformation consécutive aux tentatives de redressement méthodique pratiqué par les parents de l'enfant, comme cela à 66 constaté dans l'observation V. (Curtillet et Lombard). Nous reproduisons également, fig. 3, le schéma de la radiographie
HG
de notre observation IV (Mayer), radiographie faite avant l'opération et qui montre bien, elle, une ineurvation épiphysaire du tibia de nature nettement congénitale, comme dans le cas de Jung.
2 Te es
ES Nature
Le genu recurvatum est-il distinct de la luxation congénitale du genou en avant ou bien les deux affections ne forment-elles qu'une ?
Telle est la question qui à été longtemps discutée et que l’on discute encore actuellement.
Nous empruntons aux travaux de Potel, Phocas et Mutel des faits dont certains sont en faveur de la séparation des deux affections. Ces faits sont groupés dans trois paragraphes et basés sur la clinique, l'expérimenlation et l'anatomie pathologique.
1°, — lreutes cliniques
Fhocas insiste sur l'absence d'épanchement articulaire, Fœdème de Ja jambe, de saillie du tibia, et sur la situation normale de la rotule, {ous signes en faveur de la luxation traumalique du genou, mais en est-il de même dans la Juxation congénitale du genou et une luxation congénitale doit-elle s'accompagner forcément de tous les signes d'une dislocation traumatique ?
Potel cite dans sa thèse des cas de luxation congénitale du genou dont Faspect clinique diffère totalement de celui du genu recurvatum. En effet, dans la luxation congénitale, l'extrémité articulaire du tibia glisse en avant de l'extrémité inférieure du fémur, mais la jambe et la cuiese restent dans le parallélisme: or, dans le genu recurvatum lafjambe et la cuisse forment uae courbure à convexité dirigée en arrière.
Fix. 5. Genu recurVatum d’après un malade de KIRMISSON.
Fig. #4. Luxation congénilale vraie du geuou d'apres WOLr,.
Rien qu'à Taspect de ces deux figures # et 5, il est facile de se rendre compte de la différence entre les deux affections.
2°, — Preuves expérimentales
Elles sont basées sur des expériences faites sur des cadavres de nouveaux-nés: aussi est-il difficile de comparer un trouble de Pévolution intra-utérine à une manœuvre faite sur un fœtus bien conformé, comme le dit Potel.
suéniot, Hibon, Phocas, opérant sur des cadavres de nouveaux-nés essavèrent de reproduire le genu recurvalum au moyen de manœuvres mânuelles, mais nv arrivérent pas.
Cela prouve simplement, comme le dit Delanglade, que « les déplacements congénitaux ne relèvent pas au point de vue pathogénique d'une action forte et brève sur les extrémités articulaires ».
D'après les expériences de Guéniot, il résulte donc que la luxation put se reproduire une fois grâce à la section des ligaments postérieurs de l'articulation; le relâchement ligamentaire paraît donc nécessaire à la production d'une luxation du genou. C'est ce que Potel signale dans ses observations de luxation congénitale et il note dans ses cas de genu recurvatum , au econtraire, une tension exagérée de ces ligaments.
3°, — Preéures anatomo-pathologiques
Ces’ preuves sont basées sur des rapports d'autopsie et sur des radiographies. D'après ceux ci, les cavités glénoïdes du tibia s'articulent avec la trochlée élargie ; il n'y a pas abandon complet des surfaces articulaires comme dans la luxation congénitale du genou.
Ces derniers faits surtout, ainsi que les preuves cli-
niques nous permettent donc de conclure à la distinction du genu recurvatum et de la luxation congénitale du genou en avant.
Toutefois l'on peut admettre qu'il y a subluxation et à ce sujet nous sommes de l'avis de Guermonprez. En effet, dans le cas de subluxation il y a déplacement des surfaces articulaires, mais il n°v a pas perte de contact complète comme dans la luxation. Subluxation du genou en avant et genu recurvatum ne sont done qu'une seule et même chose.
ÉPrEUTES
Palhogénie
De nombreuses théories pathogéniques ont été émises au sujet du genu recurvatum congénital, toutes très diverses, ce qui. prouve Ja difficulté de résoudre lu question. Elles reposent sur des constatations anatomopathologiques, déformations siegeant soif sur les os, les muscles, leurs nerfs et leurs tendons. Nous ne citerons que pour mémoire les théories abandonnées aujourd'hui : altération primitive du germe, aberration de la force formatrice, du nisus formativus.
On avait d'abord attribué l'origine du genu recurvatum à un traumatisme au cours de la vie intra-utérine (Châtelain, Kleeberg.: Motte, Phocas) ou obstétrical,: mais cette opinion ne semble pas prévaloir puisque parmi les autopsies on constate toujours l'intégrité des éléments de l'articulation et parmi les examens radiographiques publiés jusqu'alors, on ne parle ni de consolidation vicieuse de Ja ligne juxta-épiphysaire, ;ni d'aucun trouble de l’ossification inférieure du fémur, sauf dans le cas de Delanglade. Ü est vrai qu'il pourrait s'agir non pas d'un décollement, maïs d'une lésion d'or-
RP re
dre plus ‘minime, d'ordre histologique, d’un simple désordre de croissance au niveau du cartilage de conjugaison, ce qui rapprocherait la pathogénie du genu recurvatum de celle du genu valgum.
Parmi les causes d'origine neuro-musculaire, Ferneuil pensait que la contracture du quadriceps fémoral était due à une paralysie des fléchisseurs, mais à la naissance, on n'a jamais constaté cette paralysie et d'autre part la guérison a souvent été observée en 8 ou 15 jours et si les fléchisseurs avaient été paralysés à la naissance, ils l’auraient encore été 8 jours plus tard.
Jules Guérin était d'avis qu'il s'agissait d’une lésion du système nerveux produisant dans certains groupes musculaires des altérations dont les phases successives étaient : 1° la contracture, 2° la contracture paralytique, 3° la résolution paralvtique.
Hibon attribuait à des violences extérieures survenues au cours de la grossesse, l'irritation et par suite la contracture du quadriceps.
Brodhurst expliquait la contracture du quadriceps par des convulsions musculaires sous l'influence d’une irritation centrale: le spasme durant un certain temps et la croissance étant rapide, les muscles affectés restent contracturés, les antagonistes s'allongent.
Potel dans sa thèse est du même avis que Brodhurst et pense que cette rétraction primitive du quadriceps se produit du troisième au cinquième mois de la vie intra-utérine, Quant à l'origne de ce trouble de développement du muscle : est-elle dans le muscle, dans le système nerveux périphérique "ou central ? Potel ,ne précise pas. D'ailleurs il est difficile d'expliquer la contrac-