CHAPITRE PREMIER
L'EXCITATION GÉOTROPIQUE
Section I.
Particularités fondamentales du géotropisme.
$ 1. LOCALISATION DE LA SENSIBILITÉ ET DE LA RÉACTION GÉOTROPIQUES. — Lorsqu'une tige ou une racine, déplacée de sa position normale, a tendance à reprendre la position verticale, toutes les portions de l’organe ne se comportent pas de la même façon. La réaction géotropique se manifeste par une courbure qui n’amêne dans la direction verticale que le sommet de la tige, alors vers le haut, ou l'extrémité de la racine, dans ce cas vers le bas. Ce qui semble nécessaire, ce n'est pas que toute la tige ou toute la racine, mais simplement l'extrémité, soit dans la position verticale. Tout se passe comme si les portions terminales seules des tiges et des racines principales étaient sensibles à l’action de la pesanteur.
Dès 1872, Cisielski, puis, en 1881, Ch. Darwin, ont effectivement montré qu'il en est ainsi pour les racines. Si on enlève la pointe d’une racine sur une longueur de 2 millimètres, cette racine perd la faculté de répondre à toute excitation géotropique ; pourtant, la zone qui, dans la racine intacte, réalise ordinairement la courbure géotropique, n’est pas atteinte, puisqu'elle ne commence qu'à 3 millimètres environ de l'extrémité.
Ch. Darwin pouvait donc distinguer une zone sensible à l’action de la pesanteur, localisée à l'extrémité de la racine, et une zone de réaction s'étendant un peu plus haut, dans la région en voie d’allongement.
Ces conclusions ont été confirmées par les belles expériences de Czapek, en 1895 (fig. 1). Il installait, à l'extré-
mité d'une racine, un petit tube de verre, fermé à une extrémité et par suite en forme de capuchon, petit tube coudé à angle droit. Sous l’action de la pesanteur, une courbure convenable de la région subterminale amène l'extrémité dans la position verticale ; ensuite, la croissance se poursuit sans aucune autre courbure, quelle que soit l'orientation
A B de l’ensemble de la racine, pourvu que a a l'extrémité en soit bien verticale et dirivée vers le bas.
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Bien que d’autres auteurs, comme Auguste Piceard (1904), aient montré que la sensibilité géotropique de la
REX racine n'est pas uniquement localisée :