‹ Contribution à l'étude du goître exophthalmiqueChapitre 6 sur 15 · GoiTRlif · texte numérisé non relu

GoiTRlif

Situation de la tumeur, — La tumeur n’occupe pas rigoureusement la ligne médiane; sa plus grande partie est développée sur les faces antérieure et latérale gauche du cou. Cependant elle envoie également un prolongement du côté droit, mais beaucoup moins volumineux qu’à gauche, et paraissant asso^î nettement séparé de la tumeur, au point de vue de l’apparence extérieure, par le sterno- • masto'idien droit. Les parties antérieure et gauche sont au contraire confondues et représentent, dans leur ensemble, une tumeur régu-^ n lièroment arrondie et formant sur les parties voisines un l’elicf très m niarqiié. • fl

lit* hord inférieur recouvre complètement le« articulations steruoclaviculairos et un peu la fourchette sternale, en formant une ligne convexe assez régulière. Le hord supérieur, moins régulièrement dessiné, se dirige obliquement de bas en haut, et de droite à gauche, de telle sorte que, passant en avant à 1 centimètre au-dessous de la saillie de la pomme d’Adam, il atteint presque, à son extrémité gauche, l’auglo de la mâchoire et se trouve ainsi de 4 centimètres environ plus élevé ([u’en avant sur la ligne médiane. Le bord f/auche s’avance jusqu’au trapèze,' et forme une saillie arrondie et assez épaisse. 11 ne présente, dans son voisinage, aucune dépression correspondant au sterno-mastoïdien. Lorsque ce muscle se con-

tracte, il forme une courbe dont la convexité regarde à gauche et vient passer près de ce bord, mais cette contraction ne détermine ]>as à la surface de la tumeur de sillon, ni de relief plus marqué i[u à 1 état de repos. Le bo7'd droit s’avance moins loin que le gauche sur la face latérale du cou. Il s’arrête au-dessous même du sternomastoïdien. On peut toutefois constater l’existence d’un gonflement (lobe droit du corps thyroïde probablement) qui continue pour ainsi dire la tumeur et s’avance égalenjent jusqu’au bord antérieur du trapèze. Mais cette partie qui répond au sterno-mastoïdien droit et le dépasse eu arrière, contraste, par sa consistance un peu molle, :i.vcc la fermeté du reste de la tumeur.

Mensuration, — Le goitre mesure ainsi, de haut en bas, 12 cenf.imétrcs on avant, 14 près du bord gauche et 28 dans le sens transversal. La circonférence du cou qui était, il y a quelques années, de .39 centimètres, en compte aujourd’hui 47.

Rapports. — La peau qui recouvre la tumeur n’a' subi aucune al-

tération, elle glisse facilement, l)ien qu’elle soit un peu tendue par l’énonne volume du goitre. Elle ne présente pas de vascularisation ;i normale. On n’y constate pas de dilatations veineuses.

Les muscles qui passent au devant de la tumeur sont étalés sur elle. On ne ]jout sentir aucun relief à leur niveau, même pendant leur contraction; seul, le sterno-mastoïdien droit marque un sillon et forme, en se contractant, une corde facile à sentir, mais il est déjà en dehors de la portion principale de la tumeur.

Sur les partâcs lalérales du cou on sent les battements dos carotides, mais avec une intensité difTérento, faiblement à droite, comme si l'artère était à une certaine distance, fortement à gauche où le

düigl^qui explore éprouve Ja sensation d’un véritable fréniiss.nnent, en même temps qu il est très évidemment soulevé par le vaisseau immédiatement sous-jacent.

lorsqu’on exerce, en faisant ces explorations, une pression un peu forte sur le niveau du sterno-mastoïdien droit, on ])rovoque immédiatement des accès d’une toux rauque avec sensation de picotement dans le larynx.

Il est plus difficile de savoir ce que sont devenus les ortja.ne^ .sous-jacents. Cependant la saillie du cartilage thyroïde a été reloulée à droite de la ligne médiane, à prés de 3 centimètres.

Lorsqu’on cherche à imprimer à la tumeur dos mouvements de glissement, on parvient a la faire monter et descendre légèrement sans entraîner le cartilage thyroïde. Elle n'est donc pas très adhéicnte, mais elle semble assez solidement fixée par les organes qui l’entourent, muscles et aponévroses, pour que sa mobilité ait besoin d’être attentivement recherchée.

Considérée en clle-môme, la tumeur oflre une surface assez régulièrement arrojulie, et ne porte en aucun point de bosselure saillante. Elle est d’une consistance ferme, à peu près égale dans tous les points ; cependant en bas et en avant il existe une zone un peu plus molle, mais nulle part on ne trouve de fiuctuation véritable. A la vue, elle ne présente pas de soulèvement; la palpation ne permet de sentir à son niveau aucun mouvement d’expansion ; on rencontre seulement, près de l’angle supérieur gauche, les battements d’une artère superficielle assez développée. En outre, lorsqu’on a lait marcher le malade, on perçoit dans toute la tumeur des battements dus aux pulsations exagérées de la carotide gauche qui, reposant immédiatement derrière la tumeur, la soulève en masse.

L’auscultation ne révèle non plus aucun bruit de souffle vasculaire propre à la tumeur. Tout au plus les battements des carotides sont-ils perçus dans toute son étendue.

Comme 'phénomènes physiologiques., liés au voisinage tlu goitre, il existe des accès de sufl'ocation, dus en partie à la compression de la trachée, en partie à celle des récurrents. La raucité de la voix, survenue depuis un mois environ, révèle manifestement cette dei‘niere. La compression de l'œsojthage, par refoulement (hï tous les organes situés en arrière d(' la tumeur, amène également une dysphagie assez prononcée, pour ipie le malade soit obligé de boire

pour ainsi (lire à clmqiio bonchoo. afin de faciliter la progression des aliments.

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