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CHAPITRE III

Discussion des théories.

Nous allons reprendre pour étudier les théories émises sur la nature du goitre exophthalmique l’ordre que nous avons indiqué plus haut, lorsque nous avons énuméré les opinions des différents auteurs et leurs théories.

A. THÉORIES BASÉES SUR l’aLTÉRATION DU CŒUR

OU u’altération du sang.

La théorie, à laquelle nous croyons pouvoir réserver le nom de cardio-vasculaire, est soutenue, comme nous 1 avons vu plus haut, en faisant l’historique de la question, par un certain nombre d’auteurs éminents. Cette théorie peut-elle expliquer tous les faits observés dans le goitre exophthalmique ? Toutes les observations citées aboutissent-elles à un seul et même résultat? Démontrent-elles l’existence d’une lésion unique et constante, et peuventelles s’accorder avec nos faits et les expliquer? C est ce que nous allons rechercher.

Ce que nous savons de l’anatomie pathologique désaffections cardiaques décrites dans le goitre exophthalmique, repose en grande partie sur le mémoire de Withuisen, signalé par Trousseau ; dans chacune des sept observations relevées par cet auteur, il est noté une lésion organique du

cœur ou des gros vaisseaux ; nous rapporterons ici seulement le résumé de ces altérations.

Dans la première observation on signala une hypertrophie du ventricule gauche avec athérome de l’aorte. Dans 1 a seconde, une dilatation et une hypertrophie du cœur gauche; dans l’endocarde et toute la crosse de l’aorte de nombreux dépôts athéromateux avec rétrécissement et insuffisance aortique (Praël). La troisième observation note une double lésion des orifices tricuspide et mitral (Henry Marsh). Le quatrième cas dû à Smith présenta une hypertrophie du cœur gauche avec lésion de l’aorte. Basedow signale de l’insuffisance aortique chez un homme qui succomba subitement aux progrès d une affection cardiaque, après avoir présenté pendant dix ans les signes du goitre exophthalmique. On indiqua la même altération dans le cas de Keusinger. Enfin, la septième observation due à Kæben constate une lésion cardiaque sans lésion valvulaire.

Après avoir ainsi rapporté le résultat de ces autopsies, Trousseau (1) dit : « bien que toutes ces relations établissent l’existence d’une affection cardiaque organique, je crois qu’on exagérerait l’importance de ces lésions si l’on voulait leur accorder une trop grande part dans le goitre exophthalmique. »

Trousseau admet que dans cette affection le cœur peut présenter des altérations variables, mais que ces altérations ne sont pas la cause de la maladie.

Dans la discussion de l’Académie, Beau (2), reconnaissant, ainsi que nous l’avons dit, l’anémie comme cause pre-

(1; Trousseau. Clin. med. de l’Hôtel-Dieu, 4« éd., t II, p 479.

(2) Beau. Bull. Acad, de inéd., août 1862.

mière de cette aiïection admet que l’on rencontre constam ment dans le goitre exophthalmique, des signes physiques du côté du cœur et des vaisseaux, comme le disent tous les observateurs ; mais pour faire accepter sa théorie, il ajoute que ces S3'^mptômes cardiaques et artériels sont tout aussi intenses dans la cachexie (il appelle, comme on sait, le goitre exophthalmique, cachexie exophthalmique), dans la chlorose, dans l’anémie. Il se demande ensuite, si cette exao-ération, dans le nombre etlaforcedes battements du cœur et des artères dépend d’un état purement nerveux du cœur ou d’une affection matérielle de cet organe. Il conclut que c’est une affection du cœur, mais une affection parfaitement curable, comme celle qui existe dans la grossesse.

Il appuie cette opinion sur des expériences: en saignant des animaux, il a constaté une dilatation des quatre cavités du cœur avec hypertrophie des parois; il ajoute, du reste, c[u'e cette dilatation avec hyperthrophie disparaît avec l’anémie.

Ainsi donc, dans cette discussion de l’Académie de médecine. Beau et Trousseau se réunirent pour soutenir la même théorie touchant la corrélation qui existe entre les rnodihcations anatomiques et fonctionnelles du cœur et les autres symptômes que l’on observe dans le goitre exophthalmique. Pour ces deux auteurs la dilatation des cavités et l’hypertrophie des parois du cœur devraient plutôt être considéréescommedes complicationsconstantesdu goitre exophthalmique. De même que pendant la grossesse, ainsi qui Larcher, le premier, et après lui Ducrest et tous les accoucheurs l’ont démontré, on voit survenir dès les premiers temps une hypertrophie du cœur gauche, hypertrophie que augmente avec l’âge de la grossesse, qui disparaît après l’accouchement; de même dans le goitre exophthalmique on

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