moniaque (G
(1) H. de Vries, Ueber die Aggregation im Protoplasma von Drosera rotundifolia (Bat. Zeitg, n° 1, 2, 3, 4, 1886).
(2) Cf. Ch. Darwin, The Action of Carbonate of Ammoniac on the Roots of certain Plants (Journal Linn. Soc., vol. XIX, p. 239, 1882).
mineux amas de gelée aux extrémités des tubes par l’action de l’alcool :
Cucurbita Pepo. Tilia platyphylla.
Cucurbita maxima. Rhamnus catharticus.
Cucurbita melanosperma. Humulus Lupulus.
Cucurbita moschata. Cissus quinquefolia, etc. Impatiens japonica.
Impatiens Royleana.
2° Contenu un peu moins épais, formant encore des amas de gelée appréciables :
Vitis vinifera. Lycium.
Vitis canescens. Rubus idæus.
Quercus canescens. Rosa.
Quercus castaneifolia. Clematis.
Quercus vircus. Lappa major.
Piper betel. Lappa tomentosa.
Betula papyracea. Atragene alpina.
Carya porcina. Acer.
Tecoma radicans. Ricinus communis, etc.
Macropiper excelsum.
3° Contenu fortement aqueux, ne fournissant que des amas de gelée très petits après l’action de l'alcool :
Quamoclit coccinea. Monotropa.
Solanées (la plupart). Populus.
Asclepias Cornuti. Prunus.
Aconîitum Napellus. Evonymus.
Cuscuta. Pomacées, etc.
Cette dernière catégorie est bien certainement celle qui comprend le plus de genres, surtout chez les plantes herbacées annuelles. La consistance des contenus peut, d’ailleurs, varier suivant les époques de l’année, et nous ne donnons le tableau ci-dessus que sous toutes réserves. Des recherches nouvelles, entreprises à une autre période de la végétation, peuvent fournir des résultats quelque peu différents.
Les tubes criblés sont habituellement considérés comme
des éléments morts (M. Van Tieghem) ; M. Vuillemin (1) s’exprime de la façon suivante : « Les cellules criblées sont de ces éléments dont le rôle physiologique est lié à la cessation de leur activité propre, véritables machines formées aux dépens d'éléments vivants et fonctionnant au profit d'éléments vivants, ayant un rôle essentiel dans la vie de l'être, mais un rôle essentiellement passif. » Dans un travail ultérieur (2), le même auteur dit que les tubes criblés sont des éléments morts ou au moins doués d’une vitalilé très faible.
Cette affirmation concernant le rôle passif des tubes criblés ne repose que sur un seul ordre d'observations concernant l’absence habituelle de noyau dans les tubes en activité. Pour ce qui nous concerne, nous contestons formellement cette manière de voir :
1° L'absence de noyau dans les tubes en activité n’est pas un fait absolument général, puisque nous l’avons retrouvé plusieurs fois chez le Cucurbila maxima , l’'Tmpatiens japonica (fig. #, pl. XXI), le Viris Labrusca, le Macropiper excelsum "etc
2° Le mode de disparition du noyau que nous avons indiqué plus haut, montre bien que si le noyau fait habituellement défaut comme corps figuré dans les tubes criblés, sa substance ne disparaît cependant pas complètement; elle paraît plutôt se disséminer dans le protoplasme ;
3° L'absence même de toute trace de noyau dans les tubes criblés ne prouverait pas que ce sont des éléments morts, car presque toujours le protoplasme pariétal des tubes communique avec le protoplasme des cellules-compagnes par des cribles situés sur les parois longitudinales. Or le protoplasme des cellules-compagnes étant manifestement vivant, il n’est guère admissible que celui des tubes soit mort, puisqu'il communique avec le premier ;
4° Il est évident que, si le protoplasme pariétal était imactif,
(1) Vuillemin, Tige des Composées, p. 102.
(2) Id., Traité de biologie végétale.
ÉTUDE DU LIBER DES ANGIOSPERMES,. 285 il serait impossible d'expliquer le développement des grains d’amidon dans ce protoplasme ;
9° Cette passivité du protoplasme permettrait de comprendre le transport des matériaux par simple endosmose à travers les plaques calleuses développées, mais elle n’expliquerait en aucune façon la pénétration du protoplasme dans les stries des plaques calleuses sous la forme de filaments terminés par des renflements en bouton (fig. 2 et 7, pl. XXI et fig. 20, pl. XXID) ;
6° M. Velten a signalé autrefois des mouvements dans le protoplasme pariétal; ces mouvements seraient inexplicables si on admet que le revêtement pariétal est constitué par un protoplasme mort;
7° Nous avons eu nous-même l’occasion d’observer de ces mouvements du protoplasme dans les tubes criblés des Viris vinifera, Vitis amurensis, Tilia, Rubus, Cucurbita, etc., étudiés à l’état frais. Nous avons cu soin de nous prémunir contre toute confusion avec des mouvements browniens en suivant attentivement la marche d’une même granulation protoplasmique pendant un certain temps. Nous avons trouvé que le protoplasme circule continuellement d’une extrémité à l’autre des tubes criblés et forme ainsi deux courants parallèles de sens contraire.
Toutes ces raisons réunies nous paraissent justifier amplement notre opinion. Le protoplasme des tubes ceriblés est vivant ; les tubes criblés ne sont pas, comme on le croit généralement, des éléments morts. Nous admettrions volontiers, avec M. H. de Vries, que le protoplasme circule toujours autour des vacuoles. Celles-ci devraient être considérées comme le pivot autour duquel s’exécutent les déplacements protoplasmiques. Et nous nous permettrons d'émettre ici une opinion dans laquelle les observations que nous avons faites sur le liber nous ont fortifié de jour en jour davantage. Il nous semble que l’activité d’une cellule végétale se manifeste ordinairement de deux façons distinctes, auxquelles correspondent des caractères histologiques très nets : l’activité reproductrice se mani-
feste chez les cellules à protoplasme abondant, presque dépourvues de vacuoles, mais possédant un noyau bien nettement caractérisé, Une autre activité que nous désignerons sous Île nom d'activité fonctionnelle et qui fait de la cellule un organe essentiellement chargé des fonctions de nutrition (assimilation et circulation), se manifeste histologiquement par la présence de grandes vacuoles autour desquelles le protoplasme toujours en mouvement se transforme en véhicule des substances nu- Lritives.
Est-ce qu’il pourrait venir à l’idée de considérer les globules du sang des Mammifères, comme des éléments morts, parce qu’ils ne présentent pas manifestement de noyau chez l’adulte? Et cependant, malgré cette absence de noyau, ils conservent leur composition propre, ce qui est un caractère incontestable de vitalité, en même temps qu’ils sont les véhicules éminemment actifs de l’oxygène. Pour nous, le protoplasme des tubes criblés est à la plante ce que le globule sanguin est à l’animal et la substance des vacuoles correspond au plasma. La seule différence, c’est que chaque élément étant emprisonné dans une membrane ne peut ici manifester son activité que dans une sphère excessivement restreinte.