PRINCIPAUX ÉLÉMENTS DU LIBER ; LEURS CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Le liber est un üssu dont les éléments principaux sont groupés en faisceaux comme ceux du bois et habituellement
allongés suivant l'axe de l'organe auquel ils appartiennent. Son caractère principal est de contenir des cellules allongées en tubes et réunies bout à bout par des cloisons dont la structure spéciale permet le passage du contenu d’un tube à un autre. Le liber peut être d’origine procambiale (liber primaire) où cambiale (liber secondaire). Dans l’un et dans l’autre cas nous rencontrerons les mêmes éléments, mais avec des dispositions différentes.
Qu'il soit d’origine primaire ou secondaire, le liber comprend :
1° Des cellules plus ou moins allongées, en forme de tubes parallèles à l’axe du faisceau ; ces tubes, superposés en files longitudinales, sont réunis bout à bout par des cloisons perméables (1) de direction transversale ou oblique par rapport à l’axe des tubes. Ces éléments caractéristiques du tissu que nous étudions sont habituellement connus sous le nom de tubes criblés (2);
2 Des cellules de nature parenchymatique accolées aux tubes criblés et procédant de la même cellule mère par un cloisonnement longitudinal. Cette communauté d’origine
(1) Nous employons à dessein le mot perméable au lieu de dire des cloisons perforées, car nous aurons l’occasion de montrer dans le cours de ce travail que la complète perforation des cloisons n’est pas nécessaire pour assurer le fonctionnement spécial du liber. Chez les Gymnospermes, la perforation complète n’a même jamais été observée.
(2) Nous avons adopté l’expression de tubes criblés, mais nous devons reconnaître qu’il existe à ce sujet une fàcheuse divergence entre les botanistes. MM. de Janczewski (Loc. cit.), Russow (loc. cit.) et Duchartre (Traité de botanique) appellent ces éléments des tubes cribreux; M. Van Tieghem (Traité de botanique, p. 661) les désigne sous le nom de tubes criblés ; nous croyons devoir employer cette dernière appellation, qui a l’avantage de traduire assez fidèlement le mot Siebrôhren employé par les auteurs allemands et qui, de plus, rappelle la forme de cribles sous laquelle se présentent habituellement les cloisons perméables des tubes. La désignation de cellules grillagées, employée dans quelques travaux de date assez ancienne, nous paraît devoir être réservée tout au plus à certaines formes très courtes de tubes criblés, comme les cellules criblées qui réunissent deux îlots libériens voisins à travers les cellules de parenchyme ou bien encore à travers les rayons médullaires chez la Vigne, les divers Rubus, etc.; pour l’uniformité de la nomenclature, nous emploierons pour désigner des éléments de cette nature l’expression de cellules criblées.