‹ Contribution à l'étude du liber des AngiospermesChapitre 6 sur 33 · B. CELLULES SCLÉREUSES DANS LE LIBER · texte numérisé non relu

B. CELLULES SCLÉREUSES DANS LE LIBER

Les cellules du parenchyme libérien peuvent être le siège d’une selérification plus ou moins prononcée. Quand cette sclérification s'établit dans des cellules non encore cloisonnées transversalement, il se produit des fibres; mais, quand la sclérification n’apparaît que tardivement, alors que les cellules fibreuses primitives sont déjà divisées, les éléments qui proviennent de cette transformation sont des cellules scléreuses à parois très fortement épaissies, lignifiées, et généralement riches en ponctuations.

Cette sclérification, qui se rencontre surtout dans le liber secondaire des arbres, n’atteint que les cellules du parenchyme libérien. Hartig (3) et Chalon (4) pensent que les parois des tubes criblés peuvent elles-mêmes se sclérifier et donner naissance à des fibres libériennes. Schacht (5) émet quelques doutes au sujet de cette transformation en fibres, mais il pense que les tubes criblés peuvent donner naissance à des cellules scléreuses. Cette dernière opinion est accueillie par M. Vesque (6), qui cite même le Bouleau comme présentant ce

(1) 3. Moeller, Loc. cit.

(2) J. Vesque, loc cit., p. 170.

(3) Hartig, Bot. Zeit., 1853 et 1854.

(4) Chalon, Mémoire sur l'anatomie comparée de l'écorce. (5) Schacht, Der Baum, 1860, p. 209.

(6) Vesque, loc. cit.

phénomène avec le plus de netteté. D'accord en cela avec M. Moeller (1), je n’ai pu observer chez aucun arbre une transformation aussi profonde, et je me crois autorisé à affirmer que les cellules du parenchyme libérien peuvent seules devenir des cellules scléreuses. Les tubes criblés peuvent être comprimés par les tissus voisins, devenir méconnaissables, perdre complètement leur cavité en rapprochant leurs parois; mais ils ne se sclérifient pas; du moins je n’ai pu observer aucun exemple d’une telle transformation.

Les cellules scléreuses peuvent rester très petites (Berula alba, Ostrya virginica, etc.), ou bien, surtout quand elles sont isolées, atteindre jusque 100 ou 125 y de diamètre (Euculyptus corymbosa). Quand les cellules scléreuses sont réunies en amas, on leur donne généralement dans les descriptions le nom de cellules pierreuses; ces amas de cellules pierreuses sont très répandus dans le liber du Bouleau et ordinairement de tous les arbres qui doivent vivre un grand nombre d’années.

Bien peu d’arbres ou d’arbustes sont dépourvus d'éléments sclérifiés dans leur liber secondaire; nous citerons de ce nombre les Rîbes, Evonymus, Cornus, Ampelopsis et Aristolochia, qui ne possèdent ni cellules scléreuses, ni fibres libériennes. Chez les Platanus, Faqus, Ligustrum et Vitis, le liber secondaire comprend des cellules sclérifiées et manque de fibres libériennes. Faisons toutefois remarquer en passant que certaines cellules sclérifiées du liber secondaire sont allongées comme les fibres et qu’elles constituent la transition naturelle entre les cellules scléreuses courtes et les fibres libériennes. Les longues cellules scléreuses du Viris vinifera sont précisément dans ce cas.

Dans le liber secondaire d’un assez grand nombre de plantes, on trouve à la fois des cellules scléreuses et des fibres libériennes; c’est le cas des Sambucus, Ulmus, Liriodendron, Berberis, Tilia, Juglans, etc.

(1) J. Moeller, loc, cit,

Enfin, lorsque le liber mou alterne avec des couches concentriques de fibres libériennes, ces fibres sont remplacées au niveau des rayons médullaires internes par des cellules. scléreuses courtes et pourvues de nombreuses ponctuations, surtout sur leurs faces tangentielles; cette disposition assure la conductibilité des rayons dans le sens radial.

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