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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Hébra, Kaposi, Neumann (1), Balzer ont décrit l’anatomie pathologique du lichen plan. Plus récemment, MM. Vidal et Leloir, dans une communication faite à la Société de biologie (2), ont étudié pour la première fois l'anatomie pathologique du lichen plan corné. Ce chapitre de notre travail sera un résumé de ce qui a été écrit par ces derniers auteurs.

A. Dans le lichen plan simple, toutes les parties constitutives du tégument externe sont affectées.

La couche cornée, ainsi que l’a montré Neumann, est épaissie; les cellules épidermiques sontentessées, granuleuses.

La couche granuleuse est riche en éléidine (Vidal et Leloir.) .

La couche de Malpighi forme des prolongements, parfois ramifiés, dans l’intervalle des papilles. On y trouve, d'après Balzer, des cellules ayant subi la dégénérescence granuleuse ou colloïde, dépourvues de noyau. Certaines, d’après Vidal et Leloir, ont subi l’atrophie du noyau par dilatation des nucléoles, décrite par Ranvier.

(1) Maladies de la peau. Paris, 1880, (2) Vidal et Leloir, Gompte rendu de la Soc, de biol., 28 avril 1883.

La couche des cellules perpendiculaires est intacte. Les lésions du follicule sont très importantes à connaître, et elles ont été signalées par tous les auteurs. Elles consistent essentiellement en une folliculite. Tout d’abord, il! y a hyperplasie des cellules de la gaine radiculaire externe. Cette prolifération débute ‘par la base même du follicule. Elle distend cette base et donne lieu à la formation de plusieurs diverticules ou prolongements. Le follicule prend l’aspect d'une « véritable glande acineuse » (Neumann). L’hyperplasie épidermique progresse de bas en haut, en dilatant ‘parallèlement le follicule qui finit par être transformé, suivant l'expression de Kaposi, « en un véritable entonnoïr dont la pointe regarde en bas, et qui semble composé de plusieurs cônes creux unis lâchement entre eux. » C’est alors qu’apparaissent les godets épidermiques, à l’orifice des follicuies et l’abondante prolifération épidermique qui aboutit à la formation d’écailles. Le poil, parfois retiré au milieu, est le plus souvent absent; sa racine coupée à la base, est ramollie «en pinceau » (Neumann). ) Les papilles sont hypertrophiées, infiltrées de cellules qui, suivant Balzer, sont ou colloïdes ou granuleuses. Kaposi dit que le corps papillaire, au point d’ombilication de la papule, est atrophié, mais pour Biesadecki « le point d’ombilication correspond à l’insertion du muscle redresseur du poil, lequel se trouve ‘dans un état de tétanos persistant >:

La moitié superficielle du derme est infiltrée de cel- ‘lules embryonnaires, arrondies ou furiformes, à contours nets, assez nombreuses et assez compactes, pour produire l’atrophie des faisceaux conjonctifs, parfois

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même pour les détruire complètement. Elles s’insinuent jusque dans la profondeur du derme, en suivant le canal excréteur des glandes sudoripares,et arrivent ainsi jusqu'aux glomérules. Balzer, le premier, a décrit avec soin les altérations du glomérule entouré par des cellules semblables, qui compriment, rétrécissent, oblitèrent le canal excréteur, et dont la paroi propre est épaissie. L'épithélium est devenu cubique à noyaux apparents. D... |

Le long des vaisseaux, on retrouve les mêmes élémentsembryonnaires, disposés tout autour. Par suite, l'espace interfasciculaire est distendu; le vaisseau luimême comprimé. Comme conséquence, on observe les dégénérescences colloïdes et granuleuses dont nous avons parlé.

Neumann pense que les glandes sébacées doivent être détruites,

B. Dans les cas de lichen plan corné, la couche de ce nom est quadruplée, parfois décuplée d'épaisseur. Elle est formée de deux zones: l’une, occupant environ Je tiers supérieur, est à un état complet de kératinisation ; l’autre, comprenant les deux tiers inférieurs, est riche en éléidine diffusée. Ellerenferme une grande quantité de cellules vivaces.

La couche granuleuse est « constituée par quatre à six plans de cellules au niveau des invaginations de l’'épiderme dans le derme; et, au contraire, amincie et formée uniquement par une ou deux rangées de cellules au niveau des régions épidermiques correspondant au sommet des papilles du derme. Elle est fortement chargée d’éléidine (1). »

(1) Vidal et Leloir. Loc, cit.

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Le corps muqueux est hypertrophié et envoie dans le derme de gros prolongements interpapillaires. Certaines cellules sont granuleuses.

La couche des cellules perpendiculaires est intacte.

Les papilles sont hypertrophiées, leurs vaisseaux sont dilatés,

Il n'existe plus trace de follicule pileux : les glandes sébacées ont presque complètement disparu. Les glandes sudoripares sont souvent en voie d’atrophie et de dégénérescence granulo-graisseuse avancée.

En somme, ce sont les lésions observées dans le !ichen plan simple, poussées à un plus haut degré.

Lavergne,

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