‹ Contribution à l'étude du lipome de la cuisseChapitre 13 sur 21 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Docteur Bailly. — Bulletin de la Société anatomique de Paris 1886).

Lipome pédiculé de la cuisse.

M"° M..., âgée de 33 ans, porte depuis près de deux ans à la région interne de la racine de la cuisse gauche au niveau du pli génito-crural, une tumeur qui à atteint, au jour de l’ablation, le 15 mai 1886, le volume d’un gros œuf de canard. Cette tumeur en battant de cloche pend entre les cuisses ; elle est devenue un objet de gêne tel qu'après un long temps d’hésitation, la malade en réclame impatiemment l’ablation. J'avais reconnu cette tumeur chez ma cliente il y a dix-huit mois, en l’accouchant de

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son quatrième enfant, Elle était alors du volume dune petite noix, retenue à la peau par un pédieule de la grosseur d'un'erayon: elle était de consistance mollasse, ne présentait à sa surface aucune particularité sous le rapport de la coloration ; on sentait sous la pression plusieurs petites nodosités sans adhérence avec les téguments ; elle était absolument indolente. Ses caractères, son lieu d'élection, m'avaientfait porter le diagnostic de molluscum pendulum.

Mais dix-huit mois après, l'aspect s'était singulièrement modifié ; le volume s'était presque décuplé. La peau lisse, luisante à la partie inférieure, une sorte de transparence, de fausse fluctuaction, donnait à la grosseur l'aspect d’une hydrocèle de volume moyen.

La base d'implantation s'était considérablement élargie et atteignait presque en circonférence les dimensions de la tumeur elle-même. Les vaisseaux sous-cutanés avaient pris à ce niveau un aspect variqueux. Bref les conditions actuelles faisaient rejeter le diagnostic de molluseum etramenaient à l’idée d’un lipome vulgaire. C’est ce que l'examen de la tumeur pratiqué par Charrin à pleinement confirmé.

Je n'ai pas à parler de l'ablation : l'anesthésie locale, deux incisions courbes à deux centimètres de la cuisse, quelques ligatures de petits vaisseaux, une réunion des lèvres de la plaie par T points de suture au crin de Florence en ont fait tous les frais.

Un pansement à la gaze phéniquée maintenu par un spica de l’aine a donné une réunion par première intention.

OBSERVATION IV (Résumé)

(Panas — Société de Chirurgie de Paris 1871)

Lipome pédiculé de la partie supérieure de la face interne de la cuisse.

M. Panas présente un lipome pédiculé enlevé à la face interne de la cuisse d’un malade, et qui présentait deux parti-

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4 PEER cularités remarquables : une ulcération sur la partie centrale de la tumeur, et une absence totale de la sensibilité sur la moitié inférieure du lipome. Le présentateur attribue luleération et l'absence de sensibilité à la destruction des nerfs pendant l'accroissement de la tumeur. M. Panas fait remarquer, en outre, que des lipomes très gros ne sont pas pédiculés aussi nettement que la tumeur relativement petite qu'il présente. Cela tient, suivant lui, à ce que ce lipome s’est développé dans l'épaisseur même de la peau.

OBSERVATION V (traduite de l'allemand).

(Zwick, in Charité-Analen 1883)

Gros Lipome « pendulum » de la face supérieure et interne de la cuisse. — Ulcération. — Suppuration. — Extirpation.

La tumeur était plus grosse que deux poings, finement pédiculéc et siégeait au côté interne de la cuisse droite, environ à un travers de main du pli de l’aine. Au dire du malade, garçon d'hôtel puissamment bâti, agé de 24 ans et dont l’'embonpoint était peu développé, le lipome commença à apparaître il y a quatre ans. Pendant la dernière année il s'était accru très vite tandis que jusque là il n'avait augmenté que très lentement. Au cours de la dernière semaine, par le frottement du vêtement, apparut une ulcération à la partie supérieure de la tumeur. Le malade éprouva une vive douleur dans la tumeur. À son entrée à l'hôpital l’ulcération avait l'étendue d’une pièce de 1 mark, et les bords étaient sphacélés. Le malade souffrait d'une céphalée violente — Température 39°2. Pendant les dernières 24 heures la gangrène faisait de rapides progrès.

Extirpation dela tumeur par uneincision ovalaire circonscrivant le pédicule. Les vaisseaux ne furent pas nombreux. En tout 6 ligatures. Trois jours après l'opération (c'était au millieu de juin, époque où l’érysipèle est fréquent) sous un pansement au chlorure

de zine l’érysipèle envahit tout le pourtour de la plaie. Au bout de huit jours, il s’étendait de la fesse aux malléoles. Température 39°8.

Guérison par suppuration dans l’espace de quatre semaines. Dès le commencement de l’érysipèle tombèrent les sutures et

les bords de la plaie s’entrouvrirent.

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