‹ Contribution à l'étude du lipome de la cuisseChapitre 14 sur 21 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Observation recueillie par M. d'Astros, interne dans le service de M. Flavard à la Conception. (Roux — Marseille médical.)

Lipome de la cuisse largement pédiculé augmentant de volume pendant les maladies.

Jean Jouffroy, âgé de 66 ans, liquoriste, est entré le 1 août 1878 dans le service du docteur Flavard, salle Sainte-Eugénie, pensionnaire.

Historique. — A l'âge de 31 ans, il a commencé a s’aperce- :

voir d'une petite tumeur, siégeant a la partie supérieure du triangle de Scarpa, du volume d’une noisette, nullementdouloureuse. Elle grossit très lentement, de sorte que, dix-huit ans après, elle ne dépassait pas le volume d'un œuf de pigeon. Une particularité à noter c’est que son volume croissait rapidement pendant les maladies. C’est pendant ces dernières années que cet accroissement a fait de plus rapides progrès et, en particulier, il y a un an, époque à laquelle le malade eut, dit-il, un rhumatisme. Cette affection le tint pendant sept semaines malade. Durant ce temps, il avait perdu l'appétit et souffrait de tout le côté droit, en particulier dans le membre inférieur où la douleur revêtait le caractère de la sciatique, il ne pouvait, dit-il, remuer les doigts du pied. C’est depuis cette époque, nous avons dit, que la tumeur à augmenté davantage. Depuis lors aussi il.y avait quelques douleurs rhumatismales dans les membres.

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Etal actuel, — Cet homme est assez lort; adiposité prononcée, À la partie supérieure de la cuisse, au dessous du pli inguinal, se trouve une tumeur du volume d’une petite tête de fœtus. Elle est parfaitement circonscrite, n'adhérant pas aux parties sousjacentes, nullement diffuse, presque pédiculée. Par la palpation, on éprouve une sensation de mollesse. Cette sensation de mollesse se perçoit aussi lorsque l’on presse entre les doigts les parties périphériques; mais si l’on saisit la tumeur à pleines mains, on constate que son centre est dur, bosselé en certains points. Les ganglions voisins sont sains. Le diagnostie porté est : Lipome.

Opération. — Elle est faite le 3 août, sans chloroforme parceque le sujet présente des signes d’artérite chronique. Il l’a très bien supportée. Une double ineision elliptique comprenant une partie de la peau, oblique de haut en bas et de dehors en dedans est pratiquée.

La tumeur s’énuclée facilement, il n'y a pas de pédicule vasculaire. Deux ligatures sont seuleument placées. Point de suture excepté en dedans. Pansement simple, potion à l’alcoolature d'aconit, bouillons. Le soir état satisfaisant, pas de fièvre.

Description de la tumeur. — Aspect gélatineux de la périphérie, au centre tissu dur, présentant des tractus fibreux. En certains points, foyer de ramollissement. Poids : de 640 grammes. Examen histologique : cellules adipeuses, comprises dans un réseau de tissu fibreux, dont les travées très fines à la périphérie sont au centre beaucoup plus épaisses. Nous avons doncaffaire à un fibro-lipome.

Le 4 Août. — Matin avant la visite, vomissements, frisson peu sérieux, céphalagie intense, fièvre. C'est la fièvre traumatique qui commence. — Bouillons. — Soir, même état.

5. Août. — Toujours l’aconit. En outre apparait une douleur dans le bras gauche, dont il avait souffert autrefois de temps en temps, en particulier lors de sa sciastique. Cette douleur est assez forte, surtout à l'épaule et au poignet. Mouvements spontanés impossibles. Mouvements provoqués douloureux. Ainsi, deux jours après l'opération, se montrent des douleurs rhumatis-

males, réveil de la diathèse sons l'influence du traumastime.

Le lendemain 6 Août. Levée du pansement, les points de suture n'ont pas tenu. Bords indurés et relevés. Noyau plus maigre d'induration à la partie externe du bord supérieur de la plaie.

La suppuration n’est pas encore franchement établie, presque plus de fièvre. Bouillons et soupe.

7. — Etat satisfaisant, plus de fièvre. — Pouletle matin, côtelette d'agneau le soir.

8. — La suppuration est complètement établie. Pansement simple renouvelé tous les jours.

10. — Auniveau du point induré signalé plus haut, il se produit un peu de sphacèle du bord de la plaie. A part cela, état local et général excellent. Le malade mange les 3/4.

12. — Les douleursdu bras gauche, intenses les trois premiers jours, ont presque entièrement passé. — Les jours suivants, toujours pansementsimple précédé d'un lavage à l’eau alcoolisée. Le point de sphacèle a été limité, cicatrisation complètement

terminée. Le malade sort.

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