Cicatrisation absolue
La tumeur qui fait l'objet de cette présentation est un lipome pur, lobulé, dont les tractus fibreux, épais, s’implantent sur la paroi externe de la bourse séreuse. A l'examen histologique, après coloration au picro carmin, on voit sur des coupes faites à l'union du lHipome et de la bourse séreuse, et en allant des parties profondes aux superficielles : une couche de cellules aplaties reposant sur une couche Cpaisse de tissu conjonctif dense, homogene ; plus en dehors, les faisceaux de tissu conjonctif s’accusent el deviennent onduleux, ils sont séparés par des cellules conjonctives, enfin dans les couches périphériques ces fais-
ble ceaux forment des mailles dans lesquelles sont contenues les agglomérations de cellules adipeuses.
Les vaisseaux assez nombreux dans les couches avoisinant le lipome, diminuentdenombre et de volume et finissent par disparaitre dans la couche la plus interne formant la partie proprement dite de la séreuse.
C'est là un cas très net de développement d’une tumeur à la suite d'un traumatisme. L'influence du traumatisme (surtout des frottements) sur le développement où la production des lipomes est bien indiquée, comme cause banale pour l’étiologie de ces tumeurs, dans les ouvrages classiques, mais nous n'avons rencontré nulle part, pas plus dans les nombreuses observations de lipome que contiennent les Bulletins de la Société anatomique que dans les travaux sur ces tumeurs, l'influence de la contusion aussi nettement accusée. Il est vrai qu’il nous est impossible de savoir exactement si, avant la contusion, notre malade n'avait pas un lipome en voie de développement dans la région trochantérienne gauche. En tout cas ce n’est que depuis le traumatisme qu'il avait éprouvé de la gène dans cette région et ce n'est que depuis cet accident qu’il avait remarqué cette tumeur dont le volume avait beaucoup augmenté en 7 mois.
OBSERVATION VIII (inédite)
(due à l’obligeance de M. le Docteur Reboul, chirurgien en chef des Hôpitaux de Nimes)
Lipome douloureux de la face postérieure de la cuisse, d'origine traumatique, présentant des rapports avec le nerf sciatique.
Mme X.. de Tarascon, âgée de 41 ans, vient consulter le D" J. Reboul, de Nimes, le 21 mars 1899. Elle est porteuse de trois tumeurs. Une seule nous intéresse, Il y a 15 ans, M°° X.. fait une chute dans une tranchée et $e fait des contusions à la partie gauche du corps en particulier à larégion sus-claviculaire gauche,
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le sein gauche, et la face postérieure de la cuisse gauche. Quatre ans après, en 1887, à apparu à la partie moyenne de la face postérieure de la cuisse une tumeur qui progressivement s'est accrue sans douleur. Depuis quelques mois M"* X... souffre de fortes douleurs névralgiques du sciatique gauche. Rien dans les antécédents de la malade n’explique l'apparition de cette maladie ; reste la compression du nerf par la tumeur. C’est à cette hypothèse qu'on se rangerait si le palper ne faisait sentir la tumeur libre de toute compression mais présentant des rapports très intimes avec le nerf. A part cette douleur la tumeur présente tous les caractères d’un lipome. La malade n’a pas encore été opérée.
OBSERVATION IX {personnelle)
(recueillie dans le’‘service du DrJ. Reboul, chirurgien en chef des hôpitaux de Nimes)
Lipome intramusculaire du lriceps fémoral.
C... Rosalie, âgé de 56 ans, entre à l'Hôtel-Dieu de Nimes, service du D'J. Reboul, salle Fontaines, n°21, le 21 janvier 1897. Antécédents héréditaires nuls. Antécédents personnels : 3 accouchements normaux, fluxion de poitrine à 35 ans, essoufflement et palpitations depuis 8 à 10 ans.
Il y a ? ans, cette femme constata à la cuisse gauche, région externe et moyenne, une tumeur de la grosseur « d'une anchois » Depuis, cettetumeura augmenté lentement sans causer la moindre gêne ni lamoindre douleur. Cependant elle y a quelquefois éprouvé des fourmillements, des tremblements.
A son entrée à l'hôpital on sent à la partie moyenne de la région externe de la cuisse une tumeur ovalaire de 15 cent. de long sur 8 cent. de large. La consistance de cette tumeur est dure, la surface est lisse. Elle est mobile sur les plans profonds dans l'état de flaccidité des muscles, fixe au contraire pendant la contraction musculaire, La peau qui la recouvre est mobile sur elle.
La cuisse gauche mesure 54 em. de circonférence, la cuisse droite 47 seulement.
Diagnostic : Lipome intramuseulaire du triceps.
Opérationle 4 février 1897. Chloroforme. Incision longitudinale de 15 à 17 cent. de long sur la partie culminante de la tumeur, intéressant la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. La tumeur est sous aponévrotique, la masse de la tumeur est régulièrement encapsulée sauf trois ou quatre lobules pédiculés enclavés dans le triceps. La tumeur repose sur un petit pédicule vasculaire. Ligatures Suture de l'aponévrose. Suture de la peau. Pansement. Le 15 février 1897 on enlève les fils. Réunion par première intention. Exeat.