CHAPITRE V
Diagnostic
Nous trailerons ce chapitre surtout au point de vue des particularités que peuvent présenter les lipomes de la cuisse. Notre sujet sera ainsi très limité. D’intéressantes questions de diagnostic peuvent être posées à propos des tumeurs de ce genre el surtout de ce siège. Leur indolence, leur peu de mobilité peuvent laisser longtemps le chirurgien en suspens, et comme, à priori celle région parait peu disposée au lipome en raison du peu d’abondance du tissu graisseux normal, on est disposé à commeltre des erreurs de diagnostic. « Des tumeurs fibro-plastiques, des abcès froids peuvent se développer dans celte région et être confondues au début avec des masses adipeuses. Nous verrons en outre la possibilité de confusion avec une hernie crurale, un anévrysme sacciforme en voie de guérison, certaines adénopathies des pays chauds.
Le lipome se distinguera assez facilement des tumeurs fibroplastiques. Néammoins quand on aura affaire à la (umeur fibreuse de Cruveilher, ou à certains sarcomes dégénérés, le diagnostic, même pièces en mains, sera très difficile et le microscope seul pourra trancher la question. À fortiori ne pourra-l-on en rien présumer de la nature de la lumeur avant toute intervention.
Les abcès froids qui peuvent êlre confondus avec un lipome de la cuisse, sont ceux du triangle de Scarpa d’origine verté-
brale. À ce sujet nous citerons un cas qui nous à paru typique. En septembre 1826, nous voyions un malade qui souffrait de temps à autre de la région lombaire. Incidemment il atüira notre attention sur une tumeur qu'il portait depuis six mois, à la partie supérieure du triangle de Scarpa. Cette tumeur indolore, de consistance molle, sans adhérence à la peau, paraissaient se continuer par un pédicule sortant du voisinage de l'anneau crural, quoique paraissant plus profondément situé que ce dernier. Elle était irréductible. Un très distingué médecin de la région à qui le malade fut présenté porta, sous toutes réserves, le dignostic de lipome. À quelques temps de là, les douleurs lombaires s'accrurenten même temps que grossissait la tumeur. Celle-ci devint bientôt .fluctuante. Entré dans le service da docteur Reboul à Nimes et opéré, le malade fut reconnu alleint de mal de Polt avec abcès par congestion. De tels exemples sont loin d’être rares et 1l suflit de parcourir les observaüons X et XIE pour voir des chirurgiens tels que Ollier et Velpeau se croire obligés à une ponction exploratrice pour asseoir d’une façon ferme leur diagnostic.
Dans le triangle de Scarpa on peut encore mettre en balance une hernie crurale et un lipome ; mais généralement dans la première hypothèse la tumeur sera réductible et, si elle nel’est pas au moment de l'examen, le malade racontera qu’elle l'était à sor début. Le cas serait plus embarassant si c’étaitun épiplocèle volumineux [le cas est excessivement rare dans la hernie crurale) qui présentät le signe de la « collision crépitante » indiqué plus haut comme caractéristique d’une masse lipomateuse en grappe.
Un anévrysme saccilorme en voie de guérison spontanée pourra,lui aussi, en imposer pour un lipome. Dans ce cas le siège exact, les adhérences avec l'artère fémorale, surtout les commémoralfs du début de l'affection rapportés par le malade, suffiront à lever tous les doutes. D’aillleurs, les anévrysmes en