‹ Contribution à l'étude du lupus primitif des gencivesChapitre 17 sur 36 · ER · texte numérisé non relu

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degrés. Dans une communication de Raynaz ce déplacement atteignait un centimètre. Au stade ultime, après dénudation radiculaire et destruction ligamentaire la chute de la dent se produit ; c’est sans douleur, sans hémorragie qu'à l'occasion d’un effort minime le malade cueille la dent depuis fort longtemps lésée. Les complications osseuses, exceptionnelles, lorsque le point de départ est fibro-muqueux, sont fréquentes lorsqu'il a lieu au niveau des collets ; le maxillaire supérieur semble plus souvent touché que la mandibule : cela tient d’abord au fait que le lupus est plus fréquent à son niveau, mais dépend peut-être aussi de sa structure osseuse moins dense ; l'os reste longtemps intact, sain, malgré qu'il ne soit plus recouvert de muqueuse ; puis apparaissent successivement son atrophie et sa nécrose ; c’est au niveau des groupes incisif et canin que ce processus s’observe le plus souvent, car dans cette région, l'épaisseur de la table externe recouvrant les racines est réduite au minimum ; des séquestres toujours très petits s’éliminent, parfois il y a plutôt résorption que séquestration et insensiblement se poursuit la dénudation.

Si, au contraire, le lupus gingival a débuté sur la fibro-muqueuse, los apparaît uni, il demeure sain, non errodé, beaucoup plus longtemps ; le stylet ne décèle aucune modification pathologique : la radiographie est négative, les observations de Roy et HEn- NION, une des nôtres sont témoins de l'intégrité osseuse dans ces cas.

Lorsqu'elle existe, quel est le processus qui préside

se

à cette alteinte osseuse ; est-ce une atteinte tuberculeuse de l'os ou doit-on en incriminer l'infection secondaire si fréquente ?

Cette question souvent posée a trouvé des solutions différentes suivant les auteurs : dans ses leçons « Tuberculose et cavité buccale », RoussEau-DEGELLE écrit la tuberculose du maxillaire est secondaire dans soixante-quinze pour cent des cas, c'est-à-dire qu’elle survient chez des malades présentant ou ayant présenté des accidents tuberculeux. L’infection se fait alors au niveau des maxillaires, soit par voie sanguine, soit par voie lymphatique, soit par voie de continuité, la tuberculose osseuse succédant à une tuberculose de la muqueuse ; c’est cette modalité qui semble la plus fréquente aans les formes alvéolaires » et ailleurs, il s’agit d'une véritable ostéo-arthrite d'abord purement inflammatoire et qui chez des individus prédisposés se tuberculise secondairement ».

Pour les auteurs anglais, l'infection secondaire aurait le rôle principal sur un terrain chroniquement infecté et préparé par le B. K.

Il semble donc qu'il faille être particulièrement éclectique sur la pathogénie de ces accidents ; il faut admettre le rôle du B. K., mais accorder aussi une cerlaine importance à l'infection secondaire ; celle-ci existe, en effet à un degré plus ou moins marqué d’une façon à peu près constante ; en conclusion, nous pouvons penser qu'elle fait le lit à l'atteinte tuberculeuse ; qu'elle prépare et que le B. K. déclanche les accidents.

Deux observations signalent enfin comme compli-

cation l’épithélioma. La première est rapportée par Aupry et IVERSENE, la seconde par Cnomprer et DecHauMe. Cette complication, semble cependant beaucoup plus exceptionnelle au niveau des muqueuses qu'au niveau de la peau. Le diagnostic clinique est très difficile ; la lésion est plus proliférante, plus végétante, ladénopathie importante, devient la règle ; c’est la biopsie qui affirmera le diagnostic en montrant à côté de lésions typiques du lupus, l'existence en superficie d'un processus de dégénérescence épithéliale et épithéliomateuse.

Complicalions générales, — La possibilité d’une généralisation tuberculeuse est le: gros danger que présente Le lupus ; c'est ainsi que d'OUrRELEPONT à pu rapporter un câs de méningite tuberculeuse survenue chez un lupique ; cette éventualité est du reste exceptionnelle ; beaucoup plus souvent la défaillance de l'état général sera causée par une tuberculose viscérale concommittante provoquée chez un lupique par une maladie intercurrente ou tout autre cause de déficience or-

ganique.

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i5É ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

La cause déterminante du lupus est connue depuis la découverte de Kocn en 1882 ; c'est à lui que l’on doit d’avoir pu rattacher le lupus à sa cause essentielle : linoculation de la muqueuse par le bacille tuberculeux. Kocu le premier, Cornir, Leroir et d’autres auteurs ensuite, mirent en évidence le bacille dans les Iésions lupiques. Dans un follicule tuberculeux Fabondance des bacilles est plus variable :: très nombreux au niveau du poumon par exemple, les BK. sont au contraire extrêmement rares au niveau des follicules lupiques : Kocw ne les trouve dans un cas qu'à la dix-septième coupe, CorniL sur une série de dix lupus ne le trouve-qu’une fois. Chez nos malades, il ne fut pas signalé dans les résultats que nous fit parvenir le laboratoire, Cette rareté du bacille est en opposition, nous l'avons signalé, avec l'intensité des lésions locales et du processus destructif.

Kocx parvint à réaliser leur culture par ensemencement: direct sur sérum : preuve irréductible de Ta nature tuberculeuse de l'infection.

Ces bacilles sont de virulence particulièrement atténuée. Pour Darier, l’inoculation au cobaye échoue souvent. CorniL et LELOIR ont pu apporter cependant

une nouvelle preuve définitive de la présence du BK.

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dans ces lésions : en partant du lupus ils parvinrent à inoculer dans certains cas des animaux.

En présence de cette rareté du bacille et de son action pathogène atténuée, LeLorr fut amené à rechercher un bacille spécifique à virulence amoindrie. Mais les résultats ne sont pas probants et à l’encontre de leurs recherches viennent s'inscrire le cas ou des bacilles virulents ont pu provoquer des lupus torpides.

Il semble donc qu'il vaille mieux admettre que les causes de moindre virulence microbienne sont fonction d'éléments locaux et chercher dans ce sens. C’est ce que nous allons tenter de faire en passant en revue les différents moyens de défense que l'organisme oppose à l’inoculation locale du B. K. sur les régions qui nous occupent.

D'après le Professeur Correr le lupus des muqueuses comprend 6,64 % des cas de lupus. Le nombre des observations que nous avons recueillies ne nous permet pas d'affirmer la place qui revient au lupus gingival dans ce pourcentage.

Il apparaît seulement que la proportion est très faible par rapport aux autres lupus. La localisation de la: tuberculose est fort rare à la bouche, même au stade terminal ; à cette période cependant de la tuberculose pulmonaire, la résistance du malade est réduite au minimum et des quantités importantes de bacilles sont expectorées. La muqueuse buccale est ainsi « en opposition marquée avec la muqueuse trachéale, laryngée ; amygdalienne ; qui, lors des infections pulmonaires

graves sont secondairement atteintes dans la moitié des

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