DIAGNOSTIC
Nous éliminons le lupus secondaire dont le diagnostic s'impose d'ordinaire pour n'étudier que celui du lupus primitif.
C'est un diagnostic délicat et au début les signes cliniques cardinaux ne suffisent souvent pas à aflirmer la nature de la lésion, le changement de la muqueuse d’abord, une apparence inégale mamelonnée ensuite, l’évolution superficielle, enfin les accidents dentaires qui peuvent l'accompagner sont susceptibles de mettre sur la voie et doivent inciter à faire pratiquer des examens complémentaires qui, même à la période d'état, alors que les signes sont au maximum, autorisent seuls à affirmer le diagnostic.
Sans doute, il peut y avoir des cas où le diagnostic est facile. Si le malade est atteint de tuberculose pulmonaire, que ses crachats contiennent des B. K. et qu'il évoque avec précision un traumatisme gingival ou une irritation situant manifestement le début des lésions, il sera relativement aisé de porter le diagnostic : il aura suffi d'y songer.
Mais dans la majorité des cas, il faut étudier de très près tous les signes et s’entourer de toutes recherches complémentaires utiles pour le différencier avec certitude de lésions gingivales à marche chro-
nique.
L'actinomycose se présente elle aussi avec une évolution lente, mais elle est très rare à ce niveau, ce n'est guère qu'à la période de début, lorsqu'elle est au stade de tuméfaction adhérant aux plans profonds; faisant corps avec l’os que l’hésitation serait permise ; un peu plus tard, la suppuration et les grains jaunes (inconstants, il est vrai), assureraient le diagnostic.
L'épithélioma atteint les gens âgés dont l’état général est rapidement touché, cependant dans certains cas el au maxillaire supérieur, il peut avoir une évolution plus lente, ne provoquer d’adénopathie que tout à fait tardivement et s’extérioriser sous une forme papillomateuse, Le diagnostic est alors plus délicat et le problème devient plus difficile du fait mème que le lupus peut se compliquer d’épithélioma et qu'il importe de dépister dès le début ces modifications lissulaires. Aubry et ÎVERSENE, qui rapportent un cas de cette dégénérescence épithéliomateuse d'un lupus pensent qu'il est impossible d'affirmer un diagnostic sans une biopsie.
La Syphilis. — Nous n'insisterons pas sur les manifestations primaires à évolution rapide, nous nous attacherons simplement à différencier le lupus des syphilides tuberculeuses ou tuberculo-ulcéreuses. Les premières sont des élevures de la grosseur d’une lentille, de couleur jaune brunâtre, très dures au palper et tout à fait indülores. Elles sont disposées en petites grappes formant des placards plus ou moins étendus. Les secondes présentent ces mêmes élevures, mais ul-
cérées au lieu d’être sclérosées. Dans l’ensemble, ces