‹ Contribution à l'étude du lupus primitif des gencivesChapitre 21 sur 36 · CE 4 EE · texte numérisé non relu

CE 4 EE

en trouve plusieurs autres en France et à l'étranger. PAUTRIER et PAGE en 1909 ont étudié l'anatomie pathologique du lupus érythémateux des muqueuses : il est caractérisé en général

a) par une Kératinisation intense des muqueuses qui aboutit à la formation d'une véritable couche cornée très épaisse ;

b) Par une infiltration importante occupant corps

papillaire et derme superficiel, formant une nappe uniforme paraissant constituée par la fusion de gros nodules arrondis. Les éléments cellulaires sont représentés presque uniquement par des Iymphocites et par de petites cellules conjonctives à noyaux clairs parfois des plasmazellens. ;

Ce sont là, somme toute, des lésions d’inflammation banale et chronique avec maximum de néoformation autour des vaisseaux qui sont parfois atteints, présentant un épaississement de la paroi et une dilatation de leur lumière. Rien ne rappelle le follicule tuberculeux avec ses cellules géantes et épithélioïdes, tandis que ce tableau présente un parallélisme remarquable avec celui du lupus érythémateux cutané, ce qui faisait écrire aux auteurs précités : « L’anatomie pathologique du lupus érythémateux paraît « une » quel que soit le point de revêtement cutané où muqueux que touche cette dermatose ».

Cliniquement, l'opposition symptomatologique existe

aussi. Occupant le plus souvent la face inférieure de la lèvre et se propageant de là aux gencives, il fait suite

à un lupus facial. Il se manifeste par une teinte rouge

22 po ue,

ou rose clair, bien limitée, tandis que dans le lupus il s'agit d'une teinte violacée à limites imprécises. L’infiltration est minime, il n'existe ni saillies ni mamelons. Lonrar-Jacos à cependant signalé un cas de lupus à forme infiltrée dont le diagnostic aurait été surtout fait par l'existence d’un lupus typique sur la muqueuse gingivo-jugale opposée. [I n'existe pas d’ulcération, mais uné atrophie cicatricielle assez caractéristique : cicatrice déprimée ou réseau de « strie blanchâtres zébrant toute la surface », écrit M. RoussEAU- DECELLE.

Que conclure ? La question a été soulevée à nouveau en 1926 par Lorrar-Jacos. L'auteur n’a pas pris parti. Pour notre Maître, M. Rousseau-DEGELLE, il faudrait conclure à une dualité de processus.

Sans doute, le diagnostic d’avec toutes ces affections peut parfois être affirmé par la seule clinique. Mais dans certains cas, soit du fait de sa physionomie atypique, soit par suite d'une complication, soit encore qu'un traitement intempestif antérieur en ait modifié les caractères, les examens de laboratoire permettront seuls d'affirmer la nature tuberculeuse de la lésion, On procèdera d’abord à la recherche du B. K. Nous avons vu qu'il était extrêmement rare. Il faudra savoir répéter les examens. Kocx n’en trouve qu’à la vingt-septième coupe et Cornis et LEeLoir rapportent avoir trouvé un seul bacille dans les coupes d’une série de douze lupus. Cet examen lui-même ne nous permettra pas toujours d'assurer un diagnostic hésitant

puisque le B. K. peut manquer.

La réparation rapide et parfaite de la perte de substance nécessaire à une biopsie nous permettra de pratiquer sans hésiter cette petite intervention pour rechercher ce qui est essentiel : un follicule plus ou moins typique.

On doit enfin s'entourer de quelques renseignements complémentaires : une radiographie des maxillaires sera utile et pourra être complétée par celle du thorax ; on devra procéder à un examen clinique complet du malade et plus particulièrement de son état pulmonaire.

Quand on aura établi le bilan de toutes ces recherches on pourra poser un diagnostic qui permettra

d'instituer le traitement d'où découlera le pronostie.

Page 1