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jeune fille laissa évoluer son mal sans y prendre garde.
Cependant, celui-ci s’étendait de plus en plus, len-tement, mais sans rémission, dépassant de chaque côté l’espace interdentaire pour gagner progressivement, en fer à cheval, la région vestibulaire d’un côté et te plancher buccal de l’autre. L'apparition d’un abcès, par infection secondaire probable, développé au niveau de cette région, amena la malade à aller consulter un dentiste en ville. Celui-ci incisa la poche, prescrivit de grands lavages de bouche, des attouchements à la teinture d’iode, mais, frappé par l'aspect de l’ulcération buccale, l'engagea à aller se faire examiner à Saint-Louis.
Quand cette malade vint nous voir à l'hôpital, en mai dernier, on constata, en effet, au niveau du plancher de la bouche, à droite, immédiatement en regard de la région alvéolaire correspondant aux molaires, prémolaires et canine, une plage oblongue, ulcérée, d'une jongueur de trois à quatre centimètres. Elle est recouverte d’un enduit grisâtre que l’on détache facilement avec un tampon d’ouate, et on aperçoit alors sa coloration pâle, tranchant avec celle plus rouge, de la muqueuse avoisinante. .
Presque linéaire au premier abord, elle présente du côté lingual des bords décollés, non déchiquetés, rosés, recouverts de petits bourgeons minuscules mollasses, et débordés par l’espace interdentaire sur le rebord vestibulaire correspondant. Du côté vestibulaire, la région est parsemée de tout petits bourgeons charnus, rouges et mous.
Avec un abaisse-langue, on déplisse, sans provoquer aucune douleur, les contours de l’ulcération, et l'on tombe, assez profondément, sur un fond rougeâtre, inégal et granuleux. 2