‹ Contribution à l'étude du lymphadénome du testiculeChapitre 8 sur 10 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic différentiel de l’affection est des plus délicats surtout au début de l’affection.

Une tumeur apparaît insidieusement distendant lentement le scrotum sans occasionner le moindre phénomène douloureux et sans porter atteinte à l’état général ; la tumeur est rénitente, quelquefois dure, sa surface est régulière. Il est impossible de sentir l’épididyme qui semble perdu dans la masse néoplasique ; le cordon est sain ou légèrement augmenté de volume et le toucher rectal ne donne que des renseignements négatifs.

En présence de cet ensemble de symptômes, plusieurs hypothèses se présentent à l’esprit du clinicien : ou bien la tumeur s’est développée aux dépens de la vaginale, ou bien c’est aux dépens de la glande elle-même qu’elle s’est constituée.

Dans le premier cas, c’est surtout avec l’hématocèle que la confusion est possible. Lorsqu’une hématocèle se présente avec ses caractères classiques, tumeur de moyen volume, piriforme, lisse, sans bosselures, élastique, avec la glande refoulée en arrière, lorsque, par surcroît, ses parois rigides crépitent comme du cuir neuf, on ne saurait avoir de doutes sur l’existence d’une pachyvaginalite, Gauthier ' 3

surtout lorsque la tumeur s’est accrue par à coups subits sans altérer l’état général. Mais chacun de ces signes peuvent manquer et la tumeur peut se présenter comme une énigme à résoudre, et le diagnostic presque impossible.

Toutefois, avec Nélaton, nous croyons que dans le doute il vaut mieux penser à la tumeur maligne : nous nous rappelons avoir vu Tan dernier dans le service deM. le Prof. Duplay deux jeunes malades, l’un de 28 ans, l’autre de 24 ans chez lesquels on porta le diagnostic d’hématocèle. L’intervention démontra qu’il s’agissait en réalité dans les deux cas d’un cancer du testicule.

La tumeur s’est-elle développée aux dépens de la glande séminale elle-même, on devra songer en premier lieu à la syphilis du testicule. Onn’ oubliera pas qu’en général le sarcocèle syphilitique a une consistance plus ferme, qu’il est moins douloureux à la pression, que sa surface est semée de petites saillies arrondis et dures à albuginite ; le testicule est aplati d’un côté à l’autre, de forme justement composée à celle d’un galet ; d’autre part on devra s’enquérir des antécédents du malade, rechercher s’il n’y à pas de manifestations syphilitiques sur le corps ou des vestiges d’accidents spécifiques anciens. En tout cas, il est indiqué de prescrire le traitement antisyphilitique et de tenter l’exploration par le mercure et l’iodure de potassium.

Quant à la confusion avec les autres tumeurs du testicule elle est encore plus facile ; il est bien malaisé en effet de faire un choix dans la grande catégorie des tumeurs et de différencier cliniquement un lymphadénôme

d’un sarcome, d’un carcinôme, d’un enchondrôme, d’un tératôme, etc... Toutefois en indiquant les principaux caractères du lymphadénôme nous avons insisté tout particulièrement sur la valeur séméiologique de quatre symptômes dont la réunion permettait d’affirmer le diagnostic, nous voulons parler de la bilatéralité des lésions, de la généralisation rapide du néoplasme dans les divers points du corps, et de l’augmentation très lente de la tumeur avec intégrité de l’état général.

A ce sujet Trélat insiste sur l’importance delà présence de noyaux métastatiques dans les divers points du corps, dans le diagnostic du lymphadénôme : « Vous êtes en présence d’un malade vigoureux qui vous consulte pour une tumeur bien circonscrite et si par hasard vous lui trouvez sur un autre point du corps quelque autre petite grosseur, vous apprenez qu’elle n’a ni histoire, ni manifestation; le malade ne s’en doute pas; elle ne lui fait ni mal, ni gêne, et elle est si petite ! Quelque obscur petit lipome sans doute ! Vous passez outre et votre diagnostic est perdu. »

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