EVOLUTION ET COMPLICATIONS
Ainsi constitué, le lymphosarcome va évoluer rapidement, sans périodes de rémission.
Cette évolution se traduit par l’aggravation des signes fonctionnels, — surtout la douleur, — de l’anémie, et de la cachexie, celle-ci plus précoce que dans l’épithélioma.
La tumeur augmente de volume, se fixe aux organes voisins.
Mais des complications ne tarderont pas à apparaître, et c’est à leur occasion que l’on peut être appelé à voir les malades.
Elles sont d’ordre infectieux, et d’ordre mécanique. L'infection périnéoplasique peut se traduire par des poussées fébriles discrètes, elle explique la leucocytose constante. Elle peut déterminer de volumineux abcès péri-néoplasiques.
Les troubles du transit intestinal sont très fréquents : poussées d’obstruction intestinale, cédant à un traitement médicamenteux, d’occlusion vraie, où on est appelé à intervenir.
Cette occlusion est fréquente, bien que le lymphosarcome ne soit qu’exceptionnellement sténosant.
Elle serait due, soit à un refoulement dans la
ni pra
lumière intestinale de la muqueuse saine et souple par une tumeur à développement unilatéral, soit comme le pense Lecène, à une coudure de l'intestin sur une tumeur asymétrique.
Dans d’autres cas, l’intestin grêle viendrait se couder ou s’étrangler sur une adhérence.
L’invagination intestinale que nous n’avons pas retrouvée au cours des sarcomes du cæcum, mais qui se voit au cours des épithéliomas de cet organe, et est très fréquente au cours des sarcomes du grêle, pourrait se rencontrer. Elle serait soit iléocæcale vraie, peut-être cæcocolique.
L’hémorragie intestinale, exceptionnelle, peut cependant être observée, soit que la néoplasie ait fini par infiltrer la muqueuse, soit que celle-ci se fissure par distension progressive, lorsque la tumeur atteint un volume important. Cette hémorragie, généralement peu abondante, spontanée, peut être provoquée par un traitement. médicamenteux (cas de Charleux et Cuny, Société Pédiatrie, Paris, 1934).
La perforation intestinale au niveau de la tumeur, signalée au niveau du grêle, n’a pas été rencontrée au cours du sarcome cæcal. Elle détermine une péritonite septique diffuse.
De même, seraient possibles des fistules diverses cæco-vésicales, cæco-sigmoïdes, ou fistule à la peau, comme cela s’observe sur le grêle.
L’envahissement ganglionnaire déjà mentionné à PAnatomie Pathologique, est mixte, néoplasique et inflammatoire.
re
Les métastases sont possibles, in situ, comme dans le cas que nous avons observé, soit en un autre point de l'intestin, comme dans le curieux cas de Hortolomei.
La métastase péritonéale, fréquente dans les sarcomes du grêle, se traduit par la sarcomatose du petit bassin, dans une forme localisée, soit le plus souvent par une ascite hémorragique dans la forme nodulaire diffuse. Capecchi signale un cas compliqué d’ascite chyliforme.
Les métastases hépatiques, pulmonaires, sont plus rares.
Signalons les tumeurs secondaires de l’ovaire, du type Krukenberg, dont un cas est signalé par Leveuf et Godard, au cours d’un sarcome iléal.
La généralisation a pu être rencontrée.