‹ Contribution à l'étude du lymphosarcome primitif du cæcumChapitre 18 sur 20 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Inédite)

Le malade, G.. Joseph, âgé de 16 ans, exerçant la profession de cultivateur, entre le 3 janvier 1938 à l’Hôtel- Dieu, parce qu’il présente depuis un mois une tumeur du flanc, accompagnée de douleurs.

Il est d’abord hospitalisé dans le service d’urologie ; pensant qu’il s’agit d’une affection rénale, on pratique une pyélographie. Elle se révèle normale, ainsi que les diverses épreuves fonctionnelles du rein.

Un examen radioscopique du transit intestinal montre après repas opaque, qu’il n’y a pas de stase iléale, après lavement baryté, que le cæcum se remplit et se vide normalement, qu’il est de calibre régulier, et qu’il n’existe aucune image suspecte.

Le 10 janvier, le malade est passé dans le service de chirurgie générale du Professeur Favreul.

L’interrogatoire révèle que depuis six mois le malade a présenté plusieurs crises douloureuses abdominales. Ces douleurs siégeaient dans la fosse iliaque droite, sans irradiations particulières. Elles ne s’accompagnaient pas de vomissements ; ni d’atteinte du transit intestinal. On avait porté le diagnostic d’appendicite chronique. Enfin, il y a un mois, une tumeur était brusquement apparue.

A l’examen, l’abdomen est souple. On sent en pleine

fosse iliaque droite une tumeur, de la grosseur d’un poing, de consistance dure. Cette tumeur est facile à délimiter, elle est mobile, mais ne présente pas le contact lombaire.

Elle est indolore à la pression. Par contre il existe une douleur provoquée au point de Mac Burney.

Le malade n'accuse aucun trouble fonctionnel, et son état général est satisfaisant.

On décide alors une intervention chirurgicale, qui à lieu le 12 janvier (Professeur Favreul).

Sous anesthésie générale au mélange de Schleich, laparotomie latérale au bord externe du droit. On extériorise facilement une volumineuse tumeur du cæcum. Il existe dans le méso de nombreux petits noyaux néoplasiques. On fait alors une large résection iléo-colique, l'iléon étant sectionné à 7-8 cm. du cæcum, et le côlon transverse au niveau de son tiers externe. Anastomose termino-terminale. Drainage postérieur.

Le malade est fortement shocké après l'intervention, mais les suites opératoires sont simples, le drainage retiré le 1* février et la cicatrisation de la plaie opéraloire est parfaite.

L'examen macroscopique de la pièce opératoire, montre une tumeur en grande partie extra-cæcale, siégant sur la face antérieure du cæcum, respectant l’appendice et l'angle iléo-cæcal.

Les tuniques intestinales sont épaissies, la muqueuse intacte, non ulcérée, mais d'aspect blanchâtre.

Un fragment de la tumeur, examiné au laboratoire d'histologie (Docteur Castagnary) montre qu'il s’agit :

D'un < sarcome lymphoïde (Lymphocytome) développé aux dépens des organes lymphoïdes du cæcum. La muqueuse est intacte ».

Le 4 février, on décide alors de mettre en œuvre, un traitement radiothérapique.

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Après 4 séances, représentant en tout 1.200 r. internationaux, on se voit obligé de suspendre ce traitement le 16 février, du fait de la fatigue du malade et de l’hyperthermie qu’il présente.

Il est pâle, très affaibli, et s’est amaigri. Par contre, sa fosse iliaque est vide et indolore.

Un examen de sang est fait le 18 février (Professeur Ballet). Il montre :

Hémoglobine : 95 %.

Globules rouges : 4.340.000 par mmic.

Globules blancs : 11.900 par mme.

dont :

Lymphocytes : 6 %.

Monocytes : 20 %.

Polynucléaires neutrophiles : 61 %.

Polynucléaires éosinophiles : 3 %.

Cellules mononucléées, à noyau spongieux, à fine ser-

tissure protoplasmique, ne répondant pas à un type précis ti 9.

À partir du 18 février, le malade fait chaque jour des épitaxis. Il est pâle et abattu. On ne note pas de syndrome adénique ni de splénomégalie.

Le 3 mars, à l’examen de l’abdomen, on constate qu’une masse considérable occupe toute la fosse iliaque droite, gagnant en haut vers le foie, atteignant en dedans l’ombilic.

L'état général est si précaire que la famille craignant une issue fatale imminente, demande le 4 mars la sortie du malade.

Il devait décéder une semaine après, soit deux mois après l'intervention chirurgicale.

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OBSERVATION II (MIROTWORZEW et SACHAROW, 1924)

Un homme de 36 ans vient consulter en 1923 pour une tumeur du flanc droit. Le malade s’en est aperçu pour la première fois il y a deux mois. Depuis, il maigrit, s’affaiblit et perd l’appétit.

Il va régulièrement à la selle; il n’y a ni glaires ni sang dans ses selles.

L'examen physique permet de localiser la tumeur comme formée aux dépens du cæcum et de son mésentère.

A l'intervention, dès l’ouverture de la cavité péritonéale, on constate qu'il s’agit d’une tumeur cæcale ayant les dimensions de la tête d’un nouveau-né, adhérente en certains points à l’épiploon. La tumeur entoure complètement le cæcum. Résection de celui-ci avec une partie du grêle et du gros intestin. Anastomose terminoterminale. Fermeture sans drainage.

Vers le septième jour, apparition d’un épanchement séro-purulent qui nécessite un drainage de la plaie opératoire. La troisième semaine, le malade quitte la clinique complètement guéri. Neuf mois après, son état était toujours excellent.

L'examen macroscopique de la tumeur, dont le poids était de 900 grammes, et la circonférence de 36 cm. au point maximum, montra une muqueuse normale, une cavité cæcale distendue et à parois épaissies, donnant l'impression d’un cylindre rigide.

À l'examen microscopique, il s’agissait d’un lymphosarcome.

OBSERVATION III (A. PINTo, 1930)

Il s’agit d’un garçon de 6 ans qui entre à l’hôpital pour une occlusion intestinale par tumeur du cæcum. Il a présenté dans les mois qui précédaient des phénomènes de sub-occlusion avec amaigrissement.

L’abdomen est douloureux, tympanique dans son ensemble, excepté au niveau de la fosse iliaque droite où “il existe une zone de submatité et une grosse tumeur facilement palpable. Cette tumeur est douloureuse, bosselée et légèrement mobile avec les mouvements respiratoires.

Entre la tumeur et le rebord costal droit, il existe une zone de sonorité normale. Le toucher rectal révèle le pôle inférieur de la tumeur que l’on perçoit facilement.

Sous anesthésie générale au balsoforme, on fait une laparotomie médiane inférieure. On extériorise alors la grosse tumeur bosselée qui occupe toute la fosse iliaque et qui est du volume d’une tête de fœtus à terme. Dans la tumeur est comprise la portion terminale de l’iléon, ainsi que l’appendice et une partie du côlon ascendant.

En décollant le péritoine pariétal postérieur, on arrive à extérioriser complètement la tumeur hors du ventre. Puis, on extirpe celle-ci et l’on rétablit la continuité du tube digestif par une implantation termino-terminale de l’iléon et du côlon transverse.

Etat de choc intense, puis peu à peu le malade se rétablit. Il se produit vers le quinzième jour un abcès à la partie inférieure de la cicatrice que l’on ouvre, et par lequel on retire un ascaris.

Peu à peu, l’état général du malade s’altère et la mort survient deux mois après.

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L'examen histologique a montré qu’il s’agissait d’un lymphocytome malin.

OBSERVATION IV (LAMBRET, GRANDCLAUDE et DRIESSENS, 1933)

Il s’agissait d’un enfant de 4 ans 1/2 qui présentait une volumineuse tumeur dans la partie droite de labdomen.

Cette tumeur, apparue assez brusquement chez ce jeune garçon jusque-là en bonne santé, se présenta lors d’un premier examen sous la forme d’une tuméfaction profonde du volume d’une orange. On nota en même temps un amaigrissement progressif qui atteignit finalement plusieurs kilos. L’état général déclina rapidement. L'enfant qui était constipé depuis fort longtemps n’avait présenté aucun autre signe fonctionnel digestif, quand brusquement il fit une entérorragie, avec présence dans les selles de sang rouge noir, à moitié digéré, mêlé aux matières. Cette hémorragie resta unique. C’est à ce moment que l’enfant fut examiné dans la clinique du Professeur Lambret.

L'examen général mettait en présence d’un garçon amaigri, assez anémié, porteur d’une volumineuse tumeur abdominale droite.

L'examen local permit alors de percevoir une tumeur du volume d’une tête d’enfant, assez profondément située, mal limitée, surtout en haut et en dedans.

La palpation de la tumeur est légèrement douloureuse, de même que toute tentative de mobilisation. Elle est mate sur toute son étendue. Malgré une exploration profonde, soigneuse, et dans diverses positions, on ne peut arriver à définir nettement ses rapports avec les organes intra-abdominaux. Le toucher rectal est négatif.

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