‹ Contribution à l'étude du Mal perforant: Étiologie multipleChapitre 12 sur 28 · ESQ TES · texte numérisé non relu

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produit, son mode de début, sa marche, les troubles qui l'ont précédé ou suivi. Car, primitive ou consécutive, la névrite ascendante institue chez le malade les mêmes lésions anatomiques et les mêmes troubles de nutrition.

Prenons pour exemple clinique le malade de notre première Observation. Si nous suivons l’évolution de son mal, nous constatons qu’il y à chez ce malade une cause permanente de compression en un point fixe, compression qui s’exagère encore par l'exercice de sa profession. En outre, pendant seize ans environ, il n'existe chez lui comme manifestation de son mal que le durillon et l’ulcération. Ce n’est qu’au bout de ce temps que l’on peut observer les premiers symptômes d’une névrite à évolution ascendante. Or, remarquons la façon dont cette névrite se comporte. Elle prend de l’extension à mesure que le malade marche; elle rétrograde par le repos. Quand l’ulcération reparaît ou Ss’aggrave, la névrite reparaît; quand l’ulcération guérit, les nerfs reprennent leurs fonctions. Actuellement, le nerf est évidemment en train de se régénérer ; et nous sommes intimement convaincu que le réflexe rotulien, le seul phénomène de lésion de fonction qui persiste chez notre malade, reparaîtrait si les causes de compression étaient supprimées. Cette observation clinique reste donc avec toute la force d’une expérience de physiologie; et, dès lors, il n’est pas douteux que nous ayons affaire avec une névrite ascendante consécutive à l’ulcération.

« En présence de ce cas, disent Boursier et Lagrange, on doit s'arrêter à la possibilité d’une lésion nerveuse. Deux raisons pourraient être invoquées à l'appui de cette manière de voir. En effet, dans son enfance, à l’âge de 10 ans environ, ce malade a subi un traumatisme assez grave pour nécessiter l’ablation du cinquième orteil; une névrite traumatique chronique a pu

en résulter, En second lieu, il est pied-bot, et l'origine de cetté difformité est mal élucidée. On peut en accuser le système nerveux si l'affection est congénitale, etle mettre également en cause si elle a succédé à une paralysie infantile. Mais ce sont là des hypothèses. » Ce sont là, en effet, des hypothèses qui wont rien de fondé; car, pour ce qui est du pied-bot, il n’est rien de moins prouvé que son origine nerveuse. Et comment pourrions-nous admettre qu’une lésion nerveuse datant de la naissance se soit bornée pendant plus de quinze ans à une ulcération du pied ? Une semblable question se pose pour ce qui est du traumatisme, et on y répond de mème façon.

Au moment où Boursier et Lagrange ont publié leur Mémoire, la névrite n’était pas apparue avec tous ses caractères et n'avait pas révélé son mode d'évolution. Ils l’avaient prévue seulement avec ce sens clinique dont le secret consiste dans Part de concentrer son attention sur ie caractère essentiel, qui domine une affection et établit le diagnostic. Ici, le caractère essentiel du mal perforant résidait tout entier dans l’ulcération produite par la compression, et la névrite n’a été qu’une conséquence, une complication de l’ulcère.

Pour en finir avec la discussion de la théorie nerveuse, nous devons ajouter que dans certains cas de maux perforants, il n’a pas été trouvé de lésion nerveuse. Témoin cette observation de Butruille, où il relate l'examen histologique des nerfs du pied à la suite d’une désarticulation de Lisfranc, nécessitée par la présence d’un mal perforant : « Examiné à frais, le tronc nerveux ne présente aucune altération ; le nombre des lubes n’est pas diminué. Si l’on examine les nerfs après macéralion dans l'acide osmique au l/a000, O7 voit que les filets nerveux de la peau sont intacts : on peut les suivre Jusque dans les papilles. » Témoin encore trois cas de Michaud, où il

ee. c'es a constaté l'intégrité de la moelle et de tous les nerfs, sauf l’altération des collatéraux, altération dont il a fait, croyonsnous, justice, en démontrant que la majorité des adultes possèdent des nerfs collatéraux qui présentent les mêmes particularités.

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