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18-19 mars. — Cathétérisme évacuateur plusieurs fois par jour. Pas de selles. |
Peu à peu la sensibilité revient aux membres inférieurs, ainsi qu’une plus grande facilité à les mouvoir. Après un purgatif (huile de ricin), le malade est trouvé inondé de matières fécales diarrhéiformes absolument rendues à son insu.
20 mars. — On essaie de faire lever le malade, il titube et ne peut rester longtemps sur ses jambes; il ne peut marcher sans faucher.
22 mars. — Constipation opiniâtre; un purgatif huileux amène encore des selles inconscientes. Paralysie du rectum persiste. Rétention complète d'urine.
Rien de cérébral, quelques fourmillements sous la plante des pieds. Pas d'épilepsie spinale. Dans son lit, le malade remue assez facilement les cuisses et les jambes, mais il ne peut faire mouvoir les pieds sur les jambes ou le fait très faiblement. Si l’on fait lever le malade, il s’appuie très fortement sur un plan résistant et s’y attache énergiquement pour ne pas tomber- Lui dit-on de lever la jambe, il le fait, mais lentement, après quelques hésitations, comme si l’ordre d’exécuter le mouvement commandé n’arrivait que tardivement du cerveau aux muscles des jambes.
Les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne sont impossibles ; le malade ne peut ni fléchir, ni étendre le pied sur la jambe. Nulle douleur provoquée par la percussion ou la pression du rachis. Réflexe rotulien entièrement aboli.
28 mars. — Légère incontinence d'urine surajoutée à la rétention. L’extrémité de la verge est toujours humide, même après le catéthérisme évacuateur. |
24 mars. — Miction volontaire, mais peu abondante.
25 mars. — Le malade éprouve le besoin d’aller à la selle, mais ne peut le satisfaire sans un purgatif. .
28 mars. — Plus solide sur ses jambes, sonde à demeure.
8 avril. — Le malade urine et va à la selle volontairement. Il marche assez facilement en s’aidant d’une canne.
24 avril. — Marche facile pendant plusieurs heures de la journée, Miction
normale, mais constipation opiniâtre, Rien à noter aux pieds, où la sensibilité
= in = est normale. Cependant, les orteils offrent peu de résistance quand le malade les applique fortement sur un plan dur ; faiblesse manifeste des fléchisseurs. 4er mai. — Sensation constante de froid aux pieds, Défécation plus facile. Le malade n’est jamais sûr d’avoir des matières fécales dans le rectum; il est obligé de s'assurer avec le doigt de leur présence ou de leur absence. 6 mai. — Douleur pénétrante et très pénible dans la région lombo-sacrée,
13 mai. — Pointe de feu sur la région vertébrale.
8 juin. — Froid aux pieds persistant, insensibilité à la piqûre de la peau des fesses et des cuisses, La sensibilité de la muqueuse rectale est toujours très obtuse.
9 juin. — Électrisation avec courants continus pendant six à dix minutes
chaque jour un pôle (N) dans le rectum ; l’autre (P) sur l’hypogastre.
23 juillet 1883. — Le malade quitte l'hôpital.
Chez lui, ce malade marchant avec la plus grande difficulté, garde presque constamment le lit; à la partie externe et latérale du talon se produit une
ulcération longue de quatre centimètres et large de un centimètre et demi. Cette ulcération, formée spontanément en septembre, guérit de même trois
mois après ; les doigts de pieds prennent une conformation spéciale. La première phalange se place en extension forcée, les autres en flexion. Le gros orteil a la forme d’un Z.
La sensibilité est assez bien conservée dans les membres inférieurs; la motilité est très affaiblie, Le malade ressent dans la région lombaire des crampes assez douloureuses. Les réflexes plantaires existent, les réflexes rotuliens sont normaux.
La circonférence du mollet droit est de vingt-six centimètres, celle de la jambe gauche est de trente et un centimètres et demi; au-dessus de la malléole droite, la mensuration donne dix-huit centimètres ; à gauche, vingt.
L'état général est bon, l'appétit bien conservé ; les sphincters sont toujours parésiés, le malade est obligé d’obéir aussitôt à ses besoins. Tous les viscères sont intacts. Le malade est électrisé et soumis à l’hydrothérapie ; au bout de trois semaines, les ulcérations, pansées à l’iodoforme, sont complètement guéries. Les forces sont en grande partie revenues.
Dans le courant du mois d’avril, il quitte l'hôpital complètement guéri de
ER es , U , .
ses ulcérations et presque complètement débarrassé de ses accidents mé-
dullaires.