‹ Contribution à l'étude du Mal perforant: Étiologie multipleChapitre 20 sur 28 · GELURE DES PIEDS. — MAL PERFORANT AU NIVEAU DE LA FACE · texte numérisé non relu

GELURE DES PIEDS. — MAL PERFORANT AU NIVEAU DE LA FACE

PLANTAIRE DU GROS ORTEIL. — FRACTURE DE LA DEUXIÈME PHALANGE. — AMPUTATION DE L'ORTEIL. — MORT DANS LE COMA.

Pierre L..., né à Beauvais (Oise), 66 ans, liquoriste, entre le 21 septembre 1885 dans le service de M. le professeur Denucé, suppléé par M. Demons.

Un de ses frères est mort à table d’un coup de sang /sic) à l’âge de 49 ans. À part cela, pas d’antécédents héréditaires.

Pierre L..., a fait sept ans de service. Il a toujours été bon buveur. Jusqu’à 50 ans, il était entrepreneur de travaux de construction. À ce moment, il a eu une fluxion de poitrine, qui l’a beaucoup fatigué. À la suite, il est devenu liquoriste.

Il y a quatre ans, il'a souffert du froid pendant la nuit et s’est réveillé avee les pieds gelés : il avait les pieds complètement insensibles. Puis, sont survenues des crampes très violentes qui lui prenaient dans les pieds et les jambes et l’obligeaient à se lever. Marchant, ilne souffrait pas; aussi passait-il quelquefois une partie de la nuit; à se promener dans. sa chambre. Le malade avait

remarqué depuis sa gelure qu’il ne transpirait plus des pieds comme au-

PEN 1e Pen paravant. Il y a six mois environ, ses crampes ont disparu. Il y a trois mois, Pierre L... coupa un durillon qui était placé sous son gros orteil droit. Il s’en est écoulé un peu de sang; mais le malade n’a éprouvé aucune douleur de cette opération. Il a continué à marcher comme de coutume. Au bout de quinze jours, le durillon a donné un pus crémeux, Depuis, il y a une ulcération persistante à la place du durillon.

Pierre L... a un cercle sénile des plus prononcés; ses artères sont athéromateuses; l’auscultation de son cœur ne révèle aucune lésion organique.

La sensibilité est diminuée à la face plantaire des deux pieds, surtout la sensibilité à la température. La piqûre est perçue sur toute la surface du pied gauche. Du côté droit, elle est très affaiblie sur toute la face plantaire, la face dorsale des orteils et le bord interne de la jambe, jusqu’au-dessus de la malléole. Du même côté, on aperçoit une dystrophie très marquée de l’ongle du gros orteil. Celui-ci s'incline en formant un angle obtus au-dessous des autres doigts. Sous cet orteil, et à sa partie moyenne, on aperçoit une ulcération grisâtre, en forme de cratère arrondi, à rebords saillants, formés par des masses épidermiques fort épaisses, brunâtres. L’ulcère mesure environ deux centimètres carrés. On enfonce dans la plaie une épingle à deux centimètres de profondeur, sans que le malade éprouve de la douleur. Le stylet rencontre dans le fond une résistance osseuse : on ne perçoit pas de crépitation. Au niveau des bourrelets épidermiques, la piqûre est perçue au delà de trois millimètres. Le réflexe au chatouillement de la plante du pied est conservé. IL n’y a pas de crépitation épileptoïde. Les réflexes rotuliens et testiculaires sont abolis. Le malade éprouve des tournements de tête quand il marche. 11 urine beaucoup depuis une huitaine de jours : l'examen de ses urines est négatif.

Le 26 septembre, M. Demons lui ampute le gros orteil, amputation qui révèle la présence d’une fracture de la deuxième phalange du gros orteil, Deux jours après l'opération, le malade est pris de cauchemars; il rêve à son métier. On attire difficilement son attention en l’appelant par son nom. Dans la nuit

du troisième soir après l’opération, Pierre L... meurt dans le coma.

pus

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