MAUX PERFORANTS PALMAIRES SUR UN SUJET AFFECTÉ DE TABES SYPHILITIQUE
B..., Louis, âgé de 20 ans, entre le 28 avril 1885 à l'hôpital Saint-Louis... Pas d’antécédents héréditaires.
Dans son enfance, il a eu la rougeole à 18 mois. Pas d’accidents strumeux, sauf quelques glandes au cou qui n’ont pas suppuré,
À 15 ans, il a fait une chute de cheval et est tombé sur l’arcade sourcillière droite; il a perdu connaissance pendant deux ou trois heures, et a mis environ quinze jours à se remettre de cet accident, qui, du reste, n’a pas laissé de suites, et notamment aucun trouble de la vision. A part cela, sa santé a toujours été bonne jusqu’au moment où il a contracté son chancre.
Cest en 1879, étant au service, qu’il a eu à la verge un chancre syphilitique. Pendant un mois environ, le malade prit de la liqueur de Van Swieten et de l’iodure de potassium. À la suite du chancre, éruption roséolique sur la poi-
trine, céphalalgie; mais pas de plaques dans la bouche, pas de chute de
(1) Arnozan et Boursier, Bulletin de la Société d'anatomie et de phys. norm. et path. de Bordeaux. |
(2) Observation publiée dans les Annales de dermatologie et de syphihgraphie. Janvier 1886.
.cheveux. Un peu plus tard, il eut des syphilides palmaires, et six mois environ après le chancre, il eut un iritis syphilitique de l'œil droit; on lui fit prendre de l’iodure de potassium à la dose de 2 grammes par jour. L’affection guérit, mais depuis ce temps, la pupille droite est restée légèrement dilatée, et la vue plus faible à droite qu’à gauche. À peu près à cette époque, il a commencé à éprouver des douleurs dans les membres supérieurs, douleurs en éclair parcourant rapidement toute la longueur du membre sans se localiser en un point. Quelques mois plus tard, des douleurs semblables sont apparues dans les membres inférieurs. Mais, jamais, il n’en a éprouvé au tronc.
Ces douleurs sont restées à peu près les mêmes jusqu’à ces derniers temps ; cependant, maintenant, au lieu d’être toujours rapides et passagères, elles se fixent parfois en un pcint durant un jour ou deux, soit à la cuisse, soit au niveau d’un orteil, etc., etc.
Depuis plus d’une année, il éprouve des étourdissements très légers, n’allant jamais jusqu’à la chute, et survenant surtout dans les mouvements brusques de la tête, principalement quand il la baisse ou la relève brusquement.
En outre, il a lui-même remarqué que ses forces baïissaient sensiblement, aussi bien dans les bras que dans les jambes; et, quoique n’éprouvant aucune gêne de la marche, il reconnaît qu'il serait incapable actuellement de fournir, sous ce rapport, le même travail qu'autrefois. Ses forces viriles aussi ont beaucoup diminué; il désire moins et peut moins; mais il n’a jamais éprouvé d’éjaculations involontaires ou trop précipitées; jamais de pollutions nocturnes inconscientes, Depuis un an environ, il a commencé à observer quelques troubles de la miction, consistant en évacuation involontaire de quelques gouttes d'urine, soit après un apport, soit sans cause, au milieu de la journée. Mais pas de retard de la miction, pas de douleurs en urinant.
Depuis le même temps, constipation habituelle. Il affirme ne pas boire depuis longtemps plus de deux litres de vin par jour. Il a cependant d’habitude un sommeil assez agité et éprouve quelquefois des pituites matinales.
C'est l’an dernier, à peu près à pareille époque, que, pour la première fois, il aperçut de petites crevasses à l'extrémité terminale de la face palmaire des doigts des deux mains. Ces lésions n’ont cessé de s’accroître tant qu’il a continué son
travail (il lavait des voitures), au point de former de petites plaies situées à la