‹ Contribution à l'étude du mécanisme nerveux de la régulation thermique: régulation chimique et métabolisme de l'eauChapitre 31 sur 43 · DEEP · texte numérisé non relu

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lisme de l’eau et la température est bien établie en clinique, et notamment en clinique infantile. Chez le nourrisson où l'instabilité du métabolisme de l’eau est grande, on constate fréquemment des hyperthermies qui ne sont pas d'origine infectieuse, et qui sont consécutives à des deshydratations marquées, de causes diverses. ISENSCHMID (73) supprime chez le lapin le mécanisme thermorégulateur central, puis constate de l’hyperthermie après la cocaïne, l’adrénaline, la tétrahydronaphthylamine et après inoculation -du bacille du rouget des porcs. Il interprète cette hyperthermie gomme consécutive à une excitation des terminaisons périphériques du sympathique. Mais tous ces poisons touchent le métabolisme de l’eau, et déclanchent chez l’animal une anhydrémie.

RoLLY et CHRISTIANSEN (151} constatèrent des hyperthermies marquées en injectant des solutions salines hypertoniques dans les veines comme l'avait vu ScHaps (156) après injections sous-cutanées. Cette observation fut le point de départ d’un très grand nombre de recherches sur lesquelles nous n'insisterons pas ; HEUBNER (68) ayant soutenu que l’hyperthermie était provoquée par l'emploi d’eau distillée contaminée par certaines bactéries, provoqua par cette observation toute la série des travaux relatifs à ce qu’on appela en Allemagne le « Wasserfehler ». Mais FREUND (46, 49) objecta, avec raison selon nous, à HEUBNER, que si Fimpureté de l’eau distillée employée était la cause des phénomènes. observés, il était alors difficile de comprendre pourquoi l'injection de chlorure de sodium donnait de la fièvre, alors que le liquide de RINGER n’en donnait pas.

Ce sont surtout Bargour (15-20) et ses collaborateurs qui ont abordé l’étude des rapports qui lient le métabolisme de l’eau à celui de la thermorégulation. Par métabolisme de l’eau, il faut entendre ici les échanges d’eau qui se font entre le sang et les tissus, les équilibres d'hydratation.

En se basant soit sur la détermination du poids sec du sang, soit sur les numérations globulaires, Bareour (15) admet que chez un chien normal suivi d'heure en keure, on ne constate pas de variations de plus de 0,5 p. 100 de la teneur en eau ; en six heures, elles atteignent au plus 1 p. 100.

Les variations du nombre des globules rouges provoquées

ci) 9) se

par le fonctionnement de la rate, qui en est le réservoir, ne sont pas assez amples pour que les résultats fournis par les numérations soient sans valeur. L'’extirpation de la rate ne modifie en rien ni le sens, ni même là grandeur, des oscillations de teneur en eau qu’on observe habituellement chez l'animal normal ; enfin, les variations de teneur en eau sont toujours les mêmes, que l’on s'adresse au sang veineux où au sang artériél.

"Il ressort donc de ces recherches sites sur l’animal normal que si-l’on observe d’ importantes variations de teneur en eau du sang en soumettant l’animol à des températures diftérentes, ces conditions expérimentales devront bien être rendues responsables des modifications observées.

Chez l'animal soumis à une température élevée, BAR- Bour (20) observe une dilution du sang; elle n’a pas été retrouvée par tous les auteurs, mais PLAUT et Wii. BRAND (130) fournissent l'explication du désaccord des observations faites à ce sujet. Quand on soumet un homéotherme à des températures plus élevées que celle de la neutralité thermique, on constate bien une dilution du sang, mais au fur et à mesure que s’installe la sudation. le sang se concentre à nouveau quand l’organisme perd de l'eau. Il résulte de ces expériences que la mise en jeu de la régulation physique est liée à une mobilisation de l’eau des tissus, ce à quoi on pouvait bien s'attendre si l’évaporation pulmonaire et cutanée de l’eau est chez l’homéotherme le moyen essentiel de lutte contre l’excès de chaleur. Mais BArBouR (18) montre que la même liaison existe entre la régulation chimique et la mobilisation de l’eau : quand on soumet un homéotherme à des températures basses, le sang se concentre au moment où les échanges augmentent ; l’eau qui disparaît se fixe danse tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles.

BarBour et ses collaborateurs (15-20) ont encore étendu leurs recherches en étudiant d’une part l’action de certains poisons, et en soumettant d'autre part les homéothermes à des conditions extérieures telles que la régulation thermique soit impossible. Les hyperthermies dues à l'infection coli-bacillaire, à l'injection de cocaïne, s’accompagnent toujours de FOSSES tration du sang quand la fièvre s ‘installe ; au contraire les

LUBR =

antipyrétiques provoquent. une dilution du sang. Chez le chien sans hémisphères ou à moelle coupée, dont la température centrale n’est pas maintenue avec une fixité aussi grande que chez l’animal normal, il n’y a plus de variations de ja teneur en eau du sang quand on le met dans des conditions telles, qu’elles devraient normalement déclancher la mise en œuvre des mécanismes thermorégulateurs. E. LasziNSKY (94) a constaté par ailleurs, chez le chien normal, qu’il y a concentration du sang et hyperthermetquand on place l’animal dans une atmosphère humide dont là température atteint 330.

Comme nous l'avons vu plus haut, Rocers (146) a été frappé de la coïncidence qu’on observe chez le pigeon à thalamus cautérisé entre l’apparition de la polyurie et la disparition du pouvoir thermorégulateur. Le pigeon thalamique perd journellement assez d’eau pour épuiser et au delà la totalité de la réserve d’eau (18 p..100 du poids du corps) que possède l’animal normal. Or, dès que l’animal normal ou opéré perd plus que cette quantité d’eau, normalement disponible, la régulationgthermique est compromise : l'animal normal, tout comme le thalamique, soumis à des températures plus élevées que la neutralité thermique, élève sa température centrale. RoGERs (148) accorde une importance particulière à la vitesse avec laquelle se fait la déshydratation ; c’est surtout quand celle-ci est rapide que la température du pigeon s’élève parallèlement à l’élévation thermique de l’ambiance. RoGers (149), en établissant ces concordances singulières, s’est pourtant toujours refusé à établir des relations de cause à effet entre l’état d’hydratation des tissus ou du sang, et la régulation thermique. Il croit également comme BarBour (14) à un mécanisme régulateur de l'équilibre d’hydratation entre les tissus et le sang, mais le synchronisme absolu entre le trouble thermorégulateur et le ‘trouble du métabolisme de l’eau lui fait penser à un simple parallélisme des deux phénomènes et non pes à une liaison de cause à effet.

Comme on a pu le voir d’après la description que nous avons donnée, nos pigeons à thalamus cautérisé ont présenté tous ces phénomènes décrits par RoGers; aussi longtemps qu'ils

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sont restés polyuriques, ils ne pouvaient régler leur température ; la déperdition d’eau cessant, le pouvoir thermorégulateur reparaissait simultanément.

Nous avons poursuivi sur le lapin des recherches pour éclairer la nature des rapports qui associent la thermorégulation au métabolisme de l’eau. Dans une première série d'expériences, nous avons d’abord déterminé par la méthode de HAIDANE, à l’aide du dispositif décrit, la production . calorique du lapin normal à 20° Les chiffres obtenus devsient servir de valeurs standards ; on les trouvera dans le tableau ci-joint.

. Production calorifique des Lapins normaux.

O0? Cu?

= E Date Poids Temp. consommé éliminé ou 5 4 par par DE PAR ea M A kilog. kilog. dE kilog.

Z 2 l'expérience | grammes degrés et heure et heure étiheure en gr. en gr.

2.:.:128-11-27| 2.485 38:5 0.814 0.96 0.857 2.792 39.0 8. ..119-3-28 2.000 39.6 0.92 0.97 0.771 2.98 x 39. 4 N 10. ..119-3-28 2.160 39.3 0.847 0.88 0.755 2.744 SNS

Avant d’être soumis au jeûne, les trois animaux étaient soumis à un régime uniforme, sec.

Observation générale concernant toutes les mesures faites sur. le lapin. — Toutes les mesures ont été faites après un jeûne uniforme de trente heures. La durée de toutes les mesures a été de deux heures. Les coefficients thermiques sont les mêmes que ceux employés dans le cas du pigeon. Sauf indication particulière, toutes les mesures ont été faites entre 20 el 220.

On voit que chez le lapin normal la production calorique movenne à 220 est de 2,805 calories par kilogramme et heure :

Écart maximum autour de la moyenne : + 6,2 p. 100. S En Lo D D HO

Er 7 Pons

Dans une deuxième série de mesures, nous avons utilisé le lapin en état de polyurie par piqûre du quatrième ventricule. Claude BERNARD (25) constata le premier qu'après cette intervention le lapin mourait souvent en hypothermie. Brücscx et ses collaborateurs (120) retrouvèrent le même phénomène. Notre lapin n° 1, opéré selon la technique d'ÉCKHARD, présenta, comme tous les lapins que nous avons

soumis

à celte intervention dans un autre but de recherches,

une hypothermie extrémement netle. Ta température centrale

tombe

de 3707 avant l'intervention, à 3597 cinq heures

après la piqûre. Le tableau ci-dessous montre, l'allure des phénomènes observés chez les lapins n°5 1 et 2.

Lapins

ayant subi la piqûre du quatrième ventricule. Évolution de la température centrale, el production calorique.

NUMÉRO de l'animal

Les

Date Poids Temp. | consommé | éliminé ER d par par pe Pac ; “ a pal kilog, kilog. Q:5R kilog.

l'expérience | grammes degrés et heure et heuré et heure 0 en gr. en gr.

.125-11-27| 2.205 302 0.709 0.811 0.83 2.432 SO 36.4 2.388 39.0 0.624 0.617 0.72 2.052 36.2 33.0 deux animaux ont été soumis avant le jeûne à un régime sec. La deuxième mesure est faite à 1305. |

Avec le lapin n° 1, sur lequel on a fait la détermination des échanges À 200, la réduction était trop faible pour pouvoir être interprétée. C’est pour cette raison qu'on a opéré sur. le lapin n° 2, à 1305. La température centrale de cet animal est tombée encore plus bas, et les échanges sont encore plus réduits. Par rapport à l’animal normal, la piqûre du quatrième ventricule avait donc entraîné :

Chez Chez

le lapin n° 1, une réduction des échanges de 14,2 p. 100. le lapin n° 2, une réduction des échanges de 27,6 p. 100.

Aucune objection relative à l'éventuelle influence du choc opératoire ne peut être souleveée ici; une opération late dans les mêmes conditions, mais ue comportant que la section de la membrane ocèipitale, n'empêche nullement l'augmentat'on des échanges quand la température extérieure s'abaisse, C'est ce que montre le tableau suivant :

Lapin avec simple section de la membrane accipilale san$ piqüre. Évolution de la température centrale et des échanges.

Date Temp. consommé éliminé v de rectale par par

Calories par

Ï kilog.

éri és kilog kilog, l'expérience en degrés s r k . et heure et heure ot heure

de l'animal

ré

Poids ; 2 kgr: 515.

L'animal avant le jeûne est soumis à un régime sec, La mesure a été faite à 9e,

C’est donc bien la piqûre même du quatrième ventrieule, et non l'intervention opératoire, qui détermine par elle-même le trouble de la régulation thermique.

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