INFLUENCE DES INGESTIONS D'EAU SUR LA RÉGULATION THERMIQUE
Dans une autre série d'expériences faites sur le lapin, nous avons essayé de modifier la régulation thermique par de simples ingestions d'eau. GREEN et RownNTREE (59) avaient constaté chez le chien que de fortes ingestions d'eau étaient suffisantes pour abaisser la température centrale de 305, si la température de l'eau était de 0°, Mais ils observèrent ensuite que même l'eau chauffée à 389 produit encore un abaissement de la température centrale de 194, Toutes les demi-heures, ils ingéraient au chien 5 p. 100 du poids du corps, avec la sonde gastrique. |
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Sur le lapin, nous avons observé réguliérement des abaissements de température (moyenne de cinq observations : abaissement de 107). Le phénomène s’observe indifféremment que l’eau ingérée soit à 129 où à la température du corps. Le tableau ci-dessous montre un abaissement de 203 obtenu avec 283 centimètres cubes d’eau à 370, donnés en trois fois, à un lapin de 2 kgr. 787. En même temps, on observe une légère diminution des échanges à 150, par rapport à l’animal normal (étudié à 200).
Évolution de la température centrale du Lapin, après simple ingestion d’eau.
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OS Calo Æ Ë Date Temp: consommé: éliminé : ns È 8 de rectale par par Q. R. Re
= se < ilog.
Dis l'expérience en degrés Kilog. kilog. c n
Fe et heure et heure et heure,
ES LERRIE NORERES À PES CRETE Lise 1—12=27 38.9 0779 0.838 0.78 2.523 5 36.2 37.0
(Ingestion de 283 ec. d’eau à 37° donnés en 3 fractions f à un lapin de 2 kgr. 787.) L'animal est soumis avant le jeûne à un régime sec. Ea mesure est faite à 150,
Si l’on compare ces expériences à ce que l’on constate sur l'animal normal, on voit une fois de plus une évidente liaison entre le métabolisme de l’eau et les mécanismes thermorégulateurs.
Dans la piqûre du quatrième ventricule, la polyurie s’accompagne d’une chute de la température centrale. Quand on détermine la polyurie et la dilution du sang par des ingestions massives d’eau, la température centrale s’abaisse.
Si l’on considère plus spécialement les effets de la piqûre du quatrième ventricule, on peut se demander quelle est l’origine de la chute de température observée. S'agit-il d'un trouble de la régulation physique ? Rien ne s’y oppose a priori ; la piqûre de Claude BERNARD entraîne des troubles
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vasomoteurs profonds. Dès qu'on la pratique chez le lapin, on voit une vasodilatation intense de l'oreille. Cette seule dilatation périphérique pourrait expliquer une tendance à l'hypothermie, mais la réduction des échanges que nous observons à 20 et à 1305 par rapport à l'animal normal montre déjà que la régulation chimique est compromise. Il existe encore un autre procédé expérimental pour vérifier ce fait. !
DÉMONSTRATION DES TROUBLES APPORTÉS A LA RÉGULATION CHIMIQUE PAR PIQURE DU QUATRIÈME VENTRICULE.
BERRAR (26) a le premier étudié en détail les hyperthermies et l'augmentation des échanges provoqués par les injections d’aloïne. Il a montré quelle importance elles prenaient quand on arrivait à des doses de O0 gr. 10 par kilogramme. FREUND (49) s’est ultérieurement servi de ce poison, qui n'agirait que quand la régulation chimique est conservée. Nous nous sommes assurés que si l’on donne 0 gr. 10 d’aloïne Merck par kilogramme de lapin (injection sous-cutanée), on observe üne augmentation considérable des échanges, si on a simplement pratiqué la section de la membrane occipitale. Les chiffres du tableau ci-dessous en font foi : la production calorifique augmente de 42,7 p. 100 dans nos expériences,
Lapin ayant subi la section de la membrane occipilale el ayant reçu une injection de O gr. 10 d'aloïne par kilogramme.
à 02 Co? Rés 2 Ë Date Temp. consommé éliminé Te É & de. rectale par par a DIE l'expérience en degrés kilog. kilog. IEe UE à À et heure et heure et heure nr | es ES | OR SUEDE moment HARO RUN 12-3-28 3945 s D Le 1.49 4.047 40.5 41.6 Poids : 1 kgr. 625.
L’animal avant le jeûne est soumis à un régime sec. La mesure est faite à 160,
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Mais si on opère dans des conditions identiques et en ajoutant à la section de la membrane occipitale la piqûre du quatrième ventricule, alors les phénomènes observés changent du tout au tout : la température centrale ne s'élève plus, elle a même tendance à la chute, et l'intensité des échanges, mesurés à la température du laboratoire, ne présente plus l'augmentation caractéristique que donne l’aloïne; bien plus, il peut même y avoir une diminution des échanges. (Réduction de 23,4 p. 100 par rapport à la valeur moyenne obtenue sur des lapins normaux à la même température.)
Lapins ayant subi la piqûre du quatrième ventricule et ayant reçu une injection de O gr. 10 d’aloïne par kilogramme.
Fe de 02 Co?
Date Poids Temp. consommé | éliminé
de AA rectale par par Q. R.
l'expérience | grammes | en degrés kilog. kilog. 3 + et heure et heure et heure
Calories .
par kilog.
NUMÉRO de l'animal
rene De semer | Lenne ncennenes
(Au lieu de 2.744 cal. par kilog. et heure qu’en avait obtenu ‘ sur l’animal intact à la même températur :.)
12,..| 4-7-28 1.846 Je 0.6121|. 0.913 1.08
(Au lieu de 2.136 cal. par kilogr. et heure qu’on avait obtenu le même animal, mais intact à la même température et avec quotient respiratoire de 1.05.)
14 no 7 08 02088 6 10:02 000,045: |*0:917\|:12 579 39.1 ; 39.4
(Au lieu de 2.89 cal. par kilog. et heure obtenues sur le même animal et à la même température, avec un quotient respiratoire de 0.787.) L'animal n° 10 est soumis à un régime sec avant le jeûne. L'animal n° 12 est soumis, à un régime vert avant le jeûne. L'animal n° 14 est soumis à un régime mixte avant le jeûne.
Pour serrer de plus près l’analyse des phénomènes qui nous intéressaient, une dernière expérience restait à faire : pratiquer simultanément chez le lapin l'injection d’aloïne et l'inges-
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tion d’eau. Ces expériences ayant été réalisées, nous ont donné des résultats tout à fait comparables à ceux de la piqûre du quatrième ventricule combinée à l'injection d'aloïne : pas d’hyperthermie, pas d'augmentation des échanges. La production de chaleur reste au-dessous de celle de l'animal normal considéré à la même température. On pourrait objecter à cette expérience que si l’aloïne n'a pas donné d’hyperthermie, c’est que les ingestions d’eau ont provoqué un lavage de l'organisme, et par suite un entraînement de l’aloine. Cette critique est sans valeur ; les réactions caractéristiques de l’aloïne de Dretrricx et de FORMANECK pratiquées sur l'urine n'apparaissent pour la première fois que quarante-huit heures après l'injection et quatre heures après la polyurie. Le tableau n° 21 justifie les faits avancés.
TABLEAU N°9 21., Évolution de la température centrale et dés échanges chez le Lapin après ingestions d’eau et injection simultanées de O gr. 10 d’aloïne par kilogramme.
& : 0? CO? Calories 2 & Date Poids Temp. consommé éliminé £ à par = & e en rectale par par Q. R. kilog = à |l'expérience rämmes | en degrés kilog. kilog. + FE à 4 : et heure et heure et heure
(Ingestion de 355 cc. d’eau à 12° donnés en trois fois au lapin de 2 kgr. 260.)
8 23-3-28| 1.880 38.8 0.811 0.815 0.73 2.628 36.8 se 3178 À
(IRÉSSHOR de 375 cc. d’eau à 12° donnés en trois fois au lapin de 1 kgr. 880.) ‘ ‘
(Ingestion de 415 ec. d’eau à 37°, donnés en trois fois au lapin de 2 kilogr. Le même lapin avait donné à l’état normal 2.744 cal. par kilogr. et heure à la même température.) :
Les trois lapins avant le jeûne sont soumis à un régime sec,
Poire CAP
Que conclure de ces faits ?
Chaque fois que l’on augmente la dilution du sang, que l’on provoque un appel d’eau des tissus vers le’ sang, une - polyurie, on provoque un trouble de la régulation thermique :
La température centrale baisse ;
Les échanges diminuent, ou n’augmentent pas si la température extérieure s’abaisse ;
Les poisons hyperthermisants sont sans action.
Ces troubles ne sont pas dus à une action sur la régulation physique, mais sur la régulation chimique qui ne se fait plus. L'augmentation des échanges est devenue impossible. Ces faits sont très favorables à la théorie de BArBoUR, cet peut-être encore plus probants que ceux qu'il a recueillis lui-même quant à leur ordre de grandeur. Pour lutter contre l’hyperthermie, l’animal augmente son hydrémie; pour augmenter sa calorification, il réalise physiologiquement une anhydrémie. On peut bien admettre que les deux phénomèênes, équilibre d’hydratation des tissus et du sang et équilibre thermique sont couplés. Mais l’étude du mécanisme
de cette liaison reste entièrement à faire. ù