‹ Contribution à l'étude du mécanisme nerveux de la régulation thermique: régulation chimique et métabolisme de l'eauChapitre 6 sur 43 · MÉCANISMES DE LA RÉGULATION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

MÉCANISMES DE LA RÉGULATION CHIMIQUE

Parmi les mécanismes mis au service de la régulation chimique nous avons, dans ce qui précède, appris à connaître le frisson, mais nous avons également vu qu'une régulation chimique étrangère à tout mouvement était un fait aujourd'hui généralementadmis. FREUND et ses collaborateurs (43,44) ont fait en quelque sorte une étude quantitative de la régulation chimique, au sens d’IseNscHMID. Ils ont étudié les voies nerveuses principales nécessaires à sa mise en œuvre et les organes effectifs de sa production. Par ailleurs, les travaux faits récemment sur le rôle des glandes à sécrétion interne nous donnent un aperçu précieux sur le mécanisme intime de la régulation chimique. R

Presque toutes les glandes à sécrétion interne ont été l’objet d’une étude approfondie dans leurs rapports avec la thermorégulation. Dans ce grand bagage expérimental, nous ne choisirons que les travaux récents faits sur les surrénales et la thyroïde, qui semblent être les plus caractéristiques et les plus susceptibles de nous éclairer.

# Surrénales.

Depuis bien longtemps déjà on sait que la maladie d’ADpison est fréquemment accompagnée d'hypcthermie. Les premiers auteurs qui semblent avoir abordé le problème au point

de vue expérimental sont HULTGREN et ANDERSSON (70), qui, en 1899, notent une élévation thermique aprês injection d'extrait de surréneles chez l’animal auquel ils ont enlevé au préalable les surrénales. De nombreux auteurs ont répété ces expériences avec le même résultat. Les surrénales se prêtaient particulièrement à ces études, leur produit de sécrétion, l’adrénaline, étant un corps nettement défini. En 1909, La FRANGA (39) constate une augmentation des échanges totaux de l’animal après injection d’adrénaline. Presque tous les auteurs qui ont pratiqué des injections d’adrénaline sont d'accord pour dire qu’elle augmente les échanges, relève le quotient respiratoire et déclanche une hyperglycémie ; d'autre part, l’ablation des surrénales amène une hypothermie. Seuls, MARINE et BAUMANN (116) constatent sur le lapin une augmentation des échanges après surrénalectomie. Comment expliquer cette contradiction formelle ? Pour les uns, comme BarBour (14), la teneur en eau du régime auquel sont soumis les animaux avant l’expérience joue un rôle décisif, pour les autres, le quotient respiratoire assez élevé observé par les auteurs susnommés indiquerait que les mesures d’échanges ont été faites avant la fin de la période postabsorptive ; enfin, la teneur en sels du régime a été incriminée comme étant la cause des résultats divergents. Quoi qu’il en soit, la majorité des physiologistes est d’accord pour admettre une augmentation des échanges après injection d’adrénaline, et pour attribuer cette augmentation non pas à un phénomène secondaire à l’action vasomotrice et cardiaque de l’adrénaline, mais à une intervention directe de l’adrénaline dans la thermorégulation. En effet, ni l’action vasomotrice seule, ni l’augmentation de la glycémie ne semblent rendre compte, du point de vue quantitatif, de l’augmentation des échanges constatée, On a alors songé à expliquer l’action de l’adrénaline comme RuBNER avait tenté d'expliquer autrefois l’action dynamique spécifique des protéiques par une stimulation directe des cellules. Les expériences de MARTIN et ARMISTEAD (118) semblaient donner un support expérimental à cette hypothèse. Ces deux auteurs ont abordé le problème en mesurant l’activité des tissus (gastro-cnémien, grenouille) par la méthode de ie (62) à l’ aide de la variation

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