RECHERCHES PERSONNELLES SUR LA RÉGULATION THERMIQUE
Dans la partie expérimentale de notre, travail, nous avons essayé d'étudier quelques problèmes concernant le mécanisme nerveux de la thermorégulation. Nous nous sommes attachés en particulier à la physiologie du centre diencéphalique, très étroitement localisé comme on l’a vu par IsENScHMID au niveau du tuber cinereum. Camus, Roussy et leurs élèves qui ont provoqué, comme on le sait, les lésions électives des noyaux du tuber cinereum, n’ont jamais signalé, chose curieuse, aucun trouble de la régulation thermique chez leurs animaux opérés ; or, nous avons déjà attiré plus haut l’attention sur le fait que la presque totalité des physiologistes qui ont observé des troubles de la régulation thermique après lésion de la région hypothalamique, avaient provoqué simultanément d'importantes lésions du cortex. Nous sommes, dès lors, en droit de nous demander si chez l'homéotherme le cortex et Île thalamus ne seraient pas fonctionnellement associés pour assurer la thermorégulation. Ces deux parties de l’encéphale seraient-elles indispense bles au fonctionnement intégral du centre thermique ?
D'autre part, il faut note: que Camus et ses élèves ont décrit, après lésion des noyaux diencépheliques chez le lapin et le chien, des troubles importants du métabolisme de l’eau, des hydrates de carbone et des graisses. Dès lors, il importe de savoir si le centre d’IsENScHMID ne fait que coo:donner
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l’activité de centres subordonnés qui commanderaient à ces grandes fonctions, ou au contraire s’il possède une individualité vraie, s’il agit sur un système indépendant, comportant un arc réflexe défini (voie ascendante propre, centre autonome, branche descendante) comme le conçoit ISENSçHMID. C'est pour répondre à quelques-unes de ces questions que nous avons entrepris le travail qu’on va lire.
Techniques employées.
DÉTERMINATION DES ÉCHANGES. — Pour mésurer la grandeur de la production calorifique chez les animaux, nous avons utilisé la méthode pondérale proposée par Har- DANE (64) en 189 et utilisée par ses élèves dans de nombreuses recherches (PEMBREY) (128), VERNON (163).
Cette méthode de calorimétrie respiratoire permet de déterminer :
1° L’acide carbonique (directement) ;
20 L’eau perdue par l’animal (directement) ;
30 La consommation d’oxygène (par calcul).
Délaissée par les expérimentateurs pendant quelque temps, : cèette méthode à subi un regain de faveur à la suite de l’emploi qu’en firent en 1919 AsHErR et ses collaborateurs HAURI (6), DANorFr (5), Rucuari (7), etc., puis l’école de Hart (66), ZozTAN Aszopr (8), GorTo (57), etc. ;
Le schéma primitivement donné par HALDANE (64) permettra d’expliquer facilèment le principe de la méthode de mesure :
Il:s’agit d’une méthode en circuit ouvert ; par le jeu d’une trompe à eau, un système clos est constamment traversé par un courant d’air (aspiration continue). Il ne doit entrer dans la cage où se trouve l'animal que de l'eir sec et débarrassé d’acide carbonique. On atteint ce résultat en faisant passer l'air dans deux flacons de Wourr : le flacon 1, où l'acide carbonique est retenu par de la chaux sodée, et le flacon ?, où la vapeur d’eau est retenue par de la ponce sulfurique. Tout l’acide carbonique etAa vapeur d’eau dont l'air se chargera en passant dans le récipient où se trouve l'animal
proviendront exclusivement des échanges de ce dernier et seront arrêtés : l’eau par la ponce sulfurique du flacon 3, l'acide carbonique par la chaux sodée du flacon 4. La ponce sulfurique du flacon 5 a pour but d'arrêter la vapeur d’eau cédée spar la chaux sodée, toujours humide, quand le vase qui la contient est traversé par de l’air sec.
Pour que l'efficacité de la ponce et de la chaux sodée soient. maximales, le tube d’arrivée du gaz plonge toujours jusqu’au fond du flacon, tandis que le tube de sortie affleure l’extrémité inférieure du bouchon. Pour diminuer la résiste nce offerte au courant d’air et empêcher la création d’une dépression dans l'appareil, HALpANE garnit le fond des flacons absorbeurs de ponce sèche. rs,
Fi1G. I. — Montage primitif de Haldane.
À la sortie du flacon 5, l’air passe dans un spiromètre indiquant le débit gazeux ; ce débit doit être suffisant pour que l'animal respire toujours en atmosphère normale, maïs jamais assez rapide pour être une cause de refroidissement si on opère sur un homéotherme., Entre la trompe et le spiromêtre, une grande cloche sert à empêcher que les brusques variations de pression, qui peuvent se produire dans la canalisation et modifier le débit de la trompe, ne retentissent trop brutalement sur le régime du courant d'air traversant le montage. Les dangers d’un retour d’eau sont également évités du même coup.
MODIFIGATIONS AU MONTAGE DE HALDANE. — La plupart des physiologistes qui ont utilisé la méthode de HALDANE