VII. — TRAITEMENT
Le traitement du mégacôlon tant au point de vue médical que chirurgical, est devenu ces derniers temps, singulièrement compliqué. Mais il ne faut pas dire, parce que les moyens thérapeutiques sont nombreux, qu'ils sont tout à fait insuffisants.
Bien entendu, la maladie de Hirschsprung est une affection grevée d'une forte mortalité, puisqu'elle s'élève encore à 55 ou 60 *, et nous sommes loin d'en être arrivés au traitement idéal des mégacôlons.
Néanmoins il existe des succès thérapeutiques qu’on ne peut nier, et ces faits encourageants doivent nous inciter à perfectionner le plus possible nos moyens de traitement. Nous nous efforcerons dans cette étude d'en préciser les points essentiels, et nous négligerons à dessein les moyens qui n’ont pas fait leurs preuves ou qui constituent des faits d'exception.
Envisageons successivement le traitement médical et le-traitement chirurgical.
{° Le traitement médical
L'indication fondamentale, dit le professeur Marfan (1), est de vider le côlon des gaz et des matières qui
(4) Maman : article Mégacôlon in Les affections des voies digestives dans la première enfance, p. 521.
s’y accumulent. Le meilleur moyen pour y arriver, c’est l’entéroclyse quotidienne. On introduit dans le rectum une sonde longue, bien huilée ; on la pousse doucement, aussi-haüt que possible, jusque dans le côlon ; il faut faire pénétrer dans celui-ci une grande quantité d’eau à 37° environ, sous une pression faible.
Si l’on se contente du lavement ordinaire, même répété à plusieurs reprises dans la journée,on n’obtiendra jamais de résultats, car le point essentiel du traitement médical, qui est de vider le côlon ectasié des matières et des gaz qu'il contient ne peut-être réalisé que si la sonde poussée aussi haut que possible atteint la partie dilatée du côlon.
Là où l’entéroclyse quotidienne réussit le mieux,c'est dans le syndrome de Hirschsprung de la deuxième enfance, lorsque le mégacôlon est la résultante de phénomènes mécaniques (coudure de l’'S iliaque, valvule à l’union de l’anse sigmoïde et du rectum).
Dans le mégacôlon idiopathique des nouveau-nés, dans le mégacôlon congénital qu’on doit seul appeler maladie de Hirschsprung, il faut le plus souvent associer à l’entéroclyse le massage de l’abdomen, l’introduction du doigt dans le rectum aussi haut que possible, voire même, si la chose est réalisable, le lavement électrique.
Si ces moyens malgré leur emploi suflisamment prolongé ne donnent pas d'amélioration, il faudra — à moins que l’état général de l'enfant ne s’y oppose — discuter l'opportunité d’une intervention chirurgicale.
LE RÉGIME des enfants atteints de mégacôlon varie
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naturellement suivant l’âge. Avant 2 ans, il est inutile d'instituer un régime particulier ; aussi bien l’alimentation normale, surtout l'allaitement maternel prolongé, constitue-t-il la meilleure des diététiques. Mais après la deuxième année, l'enfant mangeant un peu de tout, il convient de lui appliquer — sans trop de sévérité bien entendu — le régime de la stase intestinale chronique de l'adulte qui — ainsi que l'ont montré récemment de nombreux spécialistes en matière de gastro-entérologie — doit être composé avant tout de substances qui laissent peu de résidus dans l'intestin. En d’autres termes, il faut d’une part donner au malade des aliments riches en albumine : des viandes, des poissons, des œuis, des fromages. Il faut restreindre d'autre part, le plus possible,les aliments riches en amidon tels que le pain, les pommes de terre, les farines, les pâtes alimentaires, certains légumes, comme les choux, les carottes, les épinards, l’oseille, la rhubarbe, etc.
Les MÉDICAMENTS occupent une place de second plan dans le traitement du mégacôlon. Néanmoins lorsque le spasme peut être mis en cause, le sulfate d’atropine a donné à A. E. Meyers des résultats extrêmement brillants (1). Il faudra donc l’employver quand l’on soupçonne l'élément spasmodique. Les purgatifs doivent être rejetés. Par contre les laxatifs, comme l'huile de ricin, l'huile de paraîffine, peuvent être employés sans danger; mais leur action n’est pas toujours d'une très grande efficacité.
(1) A. E. Mxvers, An. J. Dis, Child. Chicago, mars 1920.