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Quels résultats faut-il attendre du traitement médical ? Les statistiques à cet égard nous paraissent par trop catégoriques, et nous ne croyons pas comme le pensent MM. Bensaude et Hillemand (1), que si les moyens médicaux sont nombreux, leurs résultats sont médiocres. Les chiffres de Lowenstein et Neugebauer prêtent à discussion :
Cas traités médicalement :
88 * de mort (Lowenstein).
93 % de mort (Neugebauer).
Cas traités chirurgicalement :
52 % de guérison (Lowenstein).
90 % de guérison (Neugebauer).
Nous croyons que pour pouvoir établir une statistique sur le mégacôlon il faudrait faire la part, et de la maladie de Hirschsprung, ou mégacôlon idiopathique survenant chez le nouveau-né, à terminaison le plus souvent fatale et du'syndrome de Hirschsprung, ou mégacôlon symptomatique, apparaissant plus tardivement, à pronostic plus favorable.
Sans cette distinction les statistiques n'ont aucune signification. On ne peut donc se fonder sur les chiffres de Lowenstein et de Neugebauer pour se faire une idée exacte de la valeur du traitement médical.
Quoiqu'il en soit, tout mégacôlon doit être d'abord sou mis au traitement médical, et celui-ci doit être poursuivi
(1) BeNsAUDE et HiLLEMAND. — Maladie de Hirschsprung. (Annales de Médecine, déc. 1922, p. 459).
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avec persévérance. Les résultats de ce traitement ont été dans certains cas d’une réelle efficacité (1). Mais lorsqu’avec les moyens médicaux la situation n’est nullement améliorée, lorsque surviennent des complications graves il faut sans tarder discuter l'opportunité de l'acte opératoire.
2° Le Traitement Chirurgical
Le traitement chirurgical du mégacôlon est un sujet plein d'actualité, et tant à la Société de Pédiatrie qu’à la Société de Chirurgie cette question était encore récemment l’objet de nombreuses communications. Mais ce qui importe au médecin de savoir, ce n’est pas tant les détails de technique opératoire que les indications de l'intervention.
Et d'abord, le médecin doit-il envoyer son malade au chirurgien ? Cette question mérite d’être posée, car bon nombre de médecins ne croient pas à l'efficacité de l'acte chirurgical dans le traitement du mégacôlon con’ génital des nouveau-nés et des nourrissons. Nous nous permettrons à cet égard de citer l'opinion de notre maïitre, M. le professeur Taillens, de Lausanne, qui disait au récent Congrès des Pédiatres de Langue Française (2) :
« Je ne pense pas qu’on puisse à bon droit conseil-
(1) AQuiLiNo HURLÉ, ALVAREZ. -- Histoire d'un cas de maladie de Hirschsprung terminé par la guérison (Thèse de doctorat de Madrid, 1916). Le Nourrisson, juillet 1917, p. 245).
(2) TaïLLENs. — Quatre cas de mégacôlon (1V* Congrès des Pédiatres de Lançque Françoise, Séance du 30 septembre 1924),
ler une intervention opératoire ; celle-ci ne pourrait être qu'un anus iliaque, avec si peu de chances ultérieures de guérison et en tout cas avec une survie si misérable qu'il est plus-humain de laisser mourir l'enfant que de vouloir à tout prix, même par une opération si aléatoire, le faire vivre mal et pendant peu de temps ».
M. Taillens qui est abstentionniste dans la vraie maladie de Hirschsprung du nouveau-né est d’avis con: traire dans le mégacôlon tardif : «Je pense qu’on devra toujours commencer par le traitement médical, et, en cas d'échec de celui-ci, on aura le droit de proposer une intervention opératoire ». Par contre MM. Veau et Rocher croient que l’anus iliaque sur l’anse distendu est une opération parfaitement souhaitable même chez de très jeunes enfants.
Quand doit-on envoyer le malade au chirurgien ?
Il est d’abord des cas où tout le monde est d'accord, par exemple, lorsque surviennent des complications, telle l’occlusion intestinale, les coliques aiguës à répétition qui nécessitent une intervention d'urgence ; ces cas même bien opérés meurent le plus souvent. En pareille circonstance, le chirurgien ne peut faire qu’une opération palliative : anus contre nature ou simple colotomie.
En dehors des accidents aigus la question de l'intervention se pose chaque fois qu'à la suite d'un traitement médical bien suivi la situation du malade s'aggrave.
A quel âge peut-on envisager l'opportunité d'un traitement sanglant ?