‹ Contribution à l'étude du mode d'action de la craniectomieChapitre 18 sur 45 · TS · texte numérisé non relu

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l'incriminer d’emblée, comme on l’a fait souvent, de tous les symptômes observés.

Pour ce qui est des lésions destructives du cerveau, telles que le ramollissement noté à l'observation XXX VII, sans prétendre que la seule craniectomie avec incision de la dure- mère suffise à amener la reconstitution ad integrum des parties lésées, nous n’en devons pas moins noter dans ce cas l’heureuse influence de l’opération, et ce fait doit nous porter à être bien réservé quand il s'agira de limiter le champ d’action de l’opération.

Observation I. — Æpilepsie traumatique. Aphasie et parésie depuis six ans. Craniectomie. Guérison. (Heuston, de Dublin, British medical Journal, 1° juin 1892.)

A la suite d’une chute de cheval, X..., trente ans, resta dans le coma pendant quinze jours environ. Quatre mois après, il quittait l'hôpital, mais aphasique,

Quelque temps après sa sortie, apparurent des convulsions épileptiques très variables dans leur durée et leur fréquence. On en voyait depuis deux à trois par jour, jusqu’à absence complète pendant un mois.

Les attaques avaient lieu quand le malade était exposé à une vive lumière solaire; elles étaient pressenties et précédées par l'apparition de points lumineux devant les yeux. Après la disparition des convulsions, il restait une sensation d’anéantissement qui durait parfois une semaine et une céphalalgie rebelle, Le malade se plaignait en outre d’une sensation de faiblesse dans le bras et dans la jambe gauche,

Devant la persistance de ces accidents et l’absence d'amélioration au bout de six mois, Heuston résolut de pratiquer la craniec tomie sur le côté gauche du crâne, en un point où existait une dépression produite au moment de la chute de cheval,

La rondelle osseuse qui fut enlevée momtra combien l'os était épaissi, la dure-mère était également épaissie. En comprimant cette membrane, on sentait quelques légers battements qui n’étaient pas perçus quand on n’exerçait aucune pression.

Une ponction faite à travers la dure-mère amena une petite quantité de liquide séreux ; il s’en écoula une grande quantité quand l'aiguille fut enlevée. Les pulsations du cervau furent alors perçues à travers la dure -mère sans qu’on eût besoin de la comprimer. :

La rondelle osseuse que le trépan avait enlevée fut réduite en petits morceaux, qu’on plaça au point où avait été faite la trépanation. La plaie cutanée fut ensuite suturée et drainée,

L'opération faite le 4 mars 1891 eut des suites très favorables. Pendant les premiers jours, ül s’écoula une assez grande quantité de liquide à travers le drain, et le pansement dut être changé à plusieurs reprises ; il put cependant être enlevé le 1° avril.

A l'examen du crâne, on put constater que les parcelles osseuses placées dans la région où avait porté le trépan s'étaient soudées les unes aux autres,

Les crises épileptiformes n’ont plus reparu, la parole toujours hésitante est devenue plus facile. Enfin la sensation de faiblesse que le malade accusait dans le bras et dans la main gauche, a disparu.

Observation II. — Coup de pierre et enfoncement du pariétal droit. Sept ans aprés, aphasie, paralysie et altérations de la sensibilité à gauche, contracture, accés jacksoniens. Craniectomie simple. Guérison. (De Février; rapport de Gérard-Marchand àu la Soc. de chirurgie de Paris, 5 octobre 1892, p. 590.)

B..., vingt-quatre ans, soldat au 72° de ligne, a reçu, il y a huit ans, sur la tête, une pierre qui a produit une fracture avec enfoncement du pariétal droit.

Après des accidents de commotion avec paralysie du membre supérieur gauche, qui ont duré environ quinze jours, le blessé

s'est rétabli peu à peu, et six ans après, a pu être incorporé dans un régiment.

Au bout d’un an de service, B..., constata une atrophie de tout le membre supérieur gauche avec paralysie et perte des différeuts modes de sensibilité.

En juin 4889, survint de la contracture du biceps gauche, en même temps que des fourmillements et des secousses involontaires du membre inférieur correspondant, jusque-là indemne. Le malade traînait la jambe en marchant.

Aucun trouble cérébral. |

Le crâne offrait au niveau du pariétal droit une dépression elliptique de 6 centimètres sur 5, profonde de 1 centimètre, et située presque entièrement en avant du plan auriculo-bregmatique, à 3 centimètres au-dessous du bregma.

Le D' Février fait avec le concours du D' Picqué (chir. des hôp. de Paris), dans le crâne, une brèche offrant à peu près les dimensions et le contour d’un œuf de poule. A ce niveau, siège de l’enfoncement, l’os était érès hyperostosé et son épaisseur presque triplée.

La dure-mère étant saine et ne se trouvant plus nulle part comprimée, M. Février borne là son intervention.

Suites opératoires très simples. Au bout de huit jours, réunion parfaite.

Succès thérapeutique complet : trois jours après l'opération, les mouvements étaient entièrement revenus et s’exécutaient avec une certaine force. La sensibilité était entière dans tous ses modes.

Dans les premières heures après l'opération, B... ressentit des douleurs très vives dans le membre supérieur gauche, en même temps que des fourmillements et une sensation d'écoulement de lquide froid.

Ces phénomènes durèrent plusieurs jours et s’accompagnèrent d’une élévation de température de 1 degré environ en faveur du membre malade. Cette différence alla en s’atténuant pendant dix semaines après l'opération.

Depuis cette époque, les membres supérieur et inférieur gau— ches ont repris leur vigueur normale.

ot Au mois de décembre 1891, l’opéré écrivait au D' Février qu'i se servait très bien de son bras et qu’il avait pu reprendre son service d’employé de chemin de fer.

Observation III. — Blessure de la tête. — Accés épileptiformes tardifs, parésie intellectuelle, vertiges. — Craniectomie, hyperostose localisée. — Guérison. — (D' Gérard-Marchand, Rapport à la Société de chirurgie de Paris, 5 octobre 1892). 4

Un Brésilien, en mai 1880, tombe de cheval, bute contre un arbre et se fait une blessure du cuir chevelu avec otorragie et perte de connaissance qui dure quarante-huit heures environ.

En janvier 1882, ilprend un accès convulsif épileptiforme avec aura auriculaire.

En janvier 1884 et en décembre 1885 se produisent des crises semblables. Dans l'intervalle vertiges et bourdonnements d'oreille.

Le malade est incapable de tout effort intellectuel. Aucun trouble d’hystérie.

À l'examen, tête rasée, on voit une cicatrice cruciale à 8 centimètres au- dessus du conduit auditif externe. A ce niveau existe un accident de terrain des plus nets.

En janvier 1887, sept ans après l'accident, craniectomie (M. Gérard-Marchand en collaboration avec M. Trélat). Irrégularité et épaississement considérable des os (ostéite condensante). La dure-mère quoique saine est incisée.

Guérison opératoire rapide. — Depuis cette époque, plus de vertiges, aucun accident épileptiforme.

Observation IV. — Fracture ancienne du crâne avec enfoncement. — Accès épileptiformes. — Craniectomie simple, enfoncement et hyperostose. — Guérison. — (Routier,

Société de chirurgie, mars 1886). — (Résumée.)

X..., trente ans, employé de chemin de fer, se fait en 1881 une plaie du cuir chevelu avec fracture du crâne. La plaie se réunit vite, mais il reste une fistule qui donne du pus pendant deux ans sans élimination de fragments osseux.

La fistule se tarit en 1883. Mais huit jours après sa fermeture, le malade commence à ressentir au niveau de sa cicatrice des douleurs vives, spontanées, irradiantes, se montrant par crises.

En mai 1885, sans accident précurseur, le malade tombe dans la rue, perd connaissance et constate lorsqu'il revient à lui, au bout d’une demi-heure, que la main droite et tout le membre droit sont contracturés. Cette contracture dure deux heures.

Depuis, quatre attaques semblables, mais sans contractures permanentes. La douleur persiste entre les crises et devient si violente que le malade ne dort plus et reste comme hébété. Apyrexie complète,

® Sur le côté gauche du crâne, existe une cicatrice déprimée en godet, qui peut loger l'extrémité du petit doigt. La pression à ce niveau est douloureuse ; le godet a 10 millimètres de pro-

fondeur, On place une couronne entre la dépression en godet et la ligne

des centres située en arrière. On constate un épaississement osseux qui est enlevé à la gouge. La dure-mère adhérente reprend alors sa convexité.

La brèche osseuse est ovale et mesure 5 centimètres 1/2 sur 4.

Guérison opératoire rapide. — Le deuxième jour, attaque épileptiforme. Depuis, le malade a recouvré la santé ;. il est débarrassé de tous les phénomènes cérébraux antérieurs.

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