‹ Contribution à l'étude du mode d'action de la craniectomieChapitre 19 sur 45 · TE · texte numérisé non relu

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Observation V. — Ancienne fracture du crane, enfoncement. — Accidents épileptiformes. — Craniectomie. — Guérison. (Lucas-Championnière, thèse Dumas, Paris, 1889).

OI... vingt-cinq ans, vigneron, reçoit en 1878, un coup de bigot qui produit un enfoncement du crâne à la partie postérieure du pariétal gauche. Plaie etissue d’esquilles, mais pas de trouble sérieux.

En 1879 première attaque. Les attaques sont venues d’abord tous les quinze jours, puis tous les mois, puis un peu plus rarement (il est resté trois mois sans en avoir). Depuis quelque temps, elles se sont multipliées (vingt jours d'intervalle entre les deux dernières).

Les attaques sont généralisées d'emblée. Douleurs de tête très violentes. La.dépression est facile à sentir, il existe à son niveau des adhérences de la peau.

Opération. — Le 24 janvier 1889. Lambeau courbé. Tout le foyer déprimé est enlevé. Au-dessus, on trouve une véritable chambre, contenant du liquide céphalo rachidien qui s'écoule en abondance. Les méninges adhérentes en masse sont détachées. Brèche osseuse de 6 centimètres sur 4, Sutures au crin de Florence. Un drain.

Le malade a eu deux attaques successives, le 24 février, juste un mois après l’opération. Revu six mois après, complètement guéri ; pas de nouvel accès.

Observation VI. — Traumatisme céphalique ancien. — Exostose. — Epilepsie partielle. — Craniectomie. — Guérison. — (Southam, Lancet, 9 février 1889, thèse E, Faguet, Bordeaux, 1892).

Homme, trente-deux ans. Six mois auparavant, chute sur le

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côté gauche vers la région temporale ; plaies du cuir chevelu sans fracture apparente.

Quelque temps après l'accident, sans aura, crises convulsives limitées à la moitié droite de la face, perte de connaissance, Pas de paralysie, pas de troubles dela parole, nide troubles sensoriels.

On fit deux fois la libération du cuir chevelu, avec amélioration passagère.

Opération. — La portion d'os enlevée ne présentait aucune trace de fracture, mais elle était irrégulièrement épaissie et selérosée ; le diploé avait disparu et était remplacé par un tissu osseux et compact. La face profonde était raboteuse et portait une exostose de 1/4 de pouce de diamètre.

Guérison opératoire. — Les crises ont reparu une quinzaine de jours après l'opération, mais depuis janvier 1888,.elles ont complètement disparu.

Une petite dépression indique le lieu de l’opération ; mais la pression n’y est pas douloureuse, et on n’y sent aucun bat-

tement.

Observation VII (résumée). — Traumatisme céphalique ancien. — Crises épileptoïdes. — Craniectomie. — Hyperostose.

— Guérison. (Trélat, Société de chirurgie, 27 juin 1888).

Homme, vingt-six ans, se fait, dans une chute de cheval, une large plaie des téguments du crâne au niveau du pariétal gauche. Ni dépression, ni saillie du squelette.

Crises épileptoïdes au bout de trois ans et demi ; insuccès de l’hydrothérapie, du bromure de potassium.

Opération. — Ablation d’une portion d’os épaissie, pas d’autres lésions appréciables que l’hyperostose. — Guérison.

Observation VIII. — Aphasie et hémiplégie, puis accés frustes d'épilepsie quatorze ans après un traumatisme céphalique Opération. Lésions dures mériennes. Guérison. (Leonte et Bardesco : Revue de Chirurgie, 1891, p. 826.)

G..., Stéph., vingt-huit ans, a été blessé à douze ans par un fer de cheval, au milieu de la région frontale gauche. Pas de perte de connaissance, petite hémorragie, guérison rapide.

En décembre 1887, aphasie et difficulté de la déglutition ; connaissance intacte. Après huit jours, il recouvre la parole, mais incertaine et balbutiante, et reste dans cet état pendant deux mois (février 1888). Deux jours aprés la cessation de l'aphasie, il sent de l’engourdissement et des fourmillements dans le membre inférieur droit, puis paralysie qui se complète en deux semaines et qui dure trois mois (mars 1888) ; puis tandis que cette paralysie disparaît, le membre inférieur du même côté se prend à son tour, mais la paralysie disparaît au bout de quinze jours. Traitement : iodure, et bromure, électricité. ;

Trois mois avant la disparition des phénomènes paralytiques (août 1888), accès fruste d'épilepsie pendant le sommeil, sans convulsions, accès caractérisé par de l'écume à la bouche, la congestion de la face et une perte totale de la connaissance; aucun phénomène précurseur, aucun souvenir de l'accès, au réveil difficulté de la parole de courte durée.

Quatre jours après, douleur au niveau du traumatisme, semblable à celle d’un clou qui s’enfonce ; du point frontal, la douleur s'étend pour faire le tour de la tête et, après quelques secondes, chute sans connaissance ; durée, dix minutes.

Les accès deviennent quotidiens, avec perte de connaissance et se répètent souvent deux fois par jour. Jamais de convulsions. Aura partant loujours du point traumatisé.

Les traitement sédatif et antisyphilitique ne donnent aucun résultat,

Examen, T novembre 1889 — Au niveau de la région fron-

tale gauche, à 5 centimètres au. dessus du soureil, et à 3 cntimètres de la ligne médiane, existe une petite cicatrice de forme étoilée, d’une étendue de 2 centimètres, peu sensible et adhérente à l'os un peu enfoncé à cet endroit.

Toutes les fois que le malade se couche sur le côté droit ou qu’il tourne rapidement la tête de ce côté, il sent un tiraillement au niveau de la fracture, comme si le cerveau était collé à l'os et s'étendait, ce qui fait qu'il ne peut dormir que sur le côté gauche.

Mêmes caractères des accès, toujours précédés d’aura ; durée de cinq à dix minutes. Aucun souvenir de l'accès.

Opération le 17 novembre 1889. — Sur la place même du traumatisme, périoste très adhérent à l'os en face de la cicatriee ; petite dépression de l'os en ce point. Adhérence aux méninges, épaississement de la dure-mère qui saigne facilement, est de coloration violette, âpre au toucher ; deux ponctions exploratrices sans résultat. Perte de substance osseuse ovoïde, ayant 6 centimètres sur 4.

Pansement antiseptique ; drainage, suites opératoires bonnes. Depuis l'opération, le malade n’a plus d'accès (mars 1891). Le point trépané est bouché par un tissu fibreux qui ne permet de percevoir ni l’orifice osseux, ni les pulsations cérébrales.

Observation IX. — Zawmatisme ancien du crâne. — Epilepsie jachksonienne. — Enfoncement. — Opération ; dure-mère épaissie et adhérente, perte de substance cérébrale. — Amélioration. (L. Boucher, de Rouen: Premier congrès de médecine mentale, Rouen, 8 août 1890.)

H..., trente et un ans, est sujet à des crises nocturnes qui remontent à l’âge de quinze ans. À cette époque, le violent chagrin qu’il ressentit de la mort de sa mère exagéra un état maladif antérieur ; migraines et céphalalgie persistante, occasionnés par un traumatisme cranien (chute sur le pariétal gauche. d’un pot à fleur en grès tombé du deuxième étage.)

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Depuis l'accident, toute la région fronto-pariétale gauche est enfoncée, formant une calotte sphérique irrégulière concave ayant un diamètre de 12 centimètres.

La cicatrice est à cheval sur la ligne auriculo-bregmatique qu’elle coupe vers sa moitié inférieure et se dirige en dehors et en arrière empiétant sur le frontal et le pariétal.

Indépendamment de cet enfoncement, le malade présente un peu d’asymétrie faciale au niveau de l’arcade sourcilière gauche qui

semble un peu plus élevée que celle du côté droit. Voûte palatine normale, >

Dans les antécédents héréditaires, à signaler seulement un peu d’alcoolisme chez le père qui est encore vivant. Mère morte d’une affection cancéreuse. Sur neuf enfants, cinq sont décédés tout jeunes, restent un frère et deux sœurs en bonne santé. Dans toute la famille, il n’y a pas de névropathies.

En juillet 1888, H..., avait une moyenne de douze crises par mois, à deux ou trois jours, quelquefois une semaine d'intervalle, Réveillé en sursaut, le malade voit passer un nuage devant ses yeux, étourdissement, engourdissement dans les membres. Quelquefois, mais rarement, il n’a pas le temps d'appeler à son aide. Puis fourmillement qui s’étend de la main gauche, d’abord au bras, puis à l’épaule, descend le long du thorax et de l'abdomen jusqu’à la cuisse et à la jambe du même côté. Cet état dure de trente à quarante secondes.

Alors cris et perte de connaissance, Aussitôt la tête se porte dans la flexion latérale gauche, tandis que le bras droit se met en extension complète à angle droit avec le corps. La jambe droite offre une contraction des extenseurs, mais reste dans sa position habituelle.

Les membres du côté gauche demeurent inertes le long du corps. Au bout de cinq à dix minutes, sans troubles respiratoires ni convulsions cloniques, le malade revient à lui et reste hébété une ou deux minutes, appelle ses parents, cherche à se dégager des mains qui le maintiennent, puis s'endort pendant un temps variable qui dure parfois deux ou trois heures.

Au réveil, il est courbaturé.

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Rarement les attäques s'accompagnent d'incontinence d’urine ; en revanche, il y a presque toujours écume à la bouche et morsure peu profonde de la langue (d’où absence de cicatrices).

En dehors des crises, bonne santé; le malade est intelligent, affectueux pour ses parents. L'état de la sensibilité et des divers -organes n'offre rien de spécial. Les pupilles à l’état habituel sont très dilatées.

18 juillet. — Opération par le D' Hue. On enlève l'os enfoncé, la dure-mère est très adhérente, on doit racler la surface de l’os avec une rugine. À peine quelques gouttes de sang et de liquide céphalo-rachidien s’écoulent à ce moment. L . On trouve une perte de substance cérébrale de la grosseur d’un noyau de pêche, correspondant à la partie antérieure de la cicatrice et dépourvue de dure-mère dans une zone ayant les dimensions d’une pièce de 2 francs; circonscrite par ce bourrelet de membrane épaissie qu’il avait fallu détacher de la table interne du pariétal.

Suites opératoires simples. Légère élévation de température à 38 degrés le 21 juillet avec un peu d’insomnie attribuées à ce que le malade n'était pas allé à la selle depuis quatre jours. Un purgatif léger a raison de cet état et le soir la température est revenue à 37 degrés.

4 août. — Six crises coup sur coup, comme avant l'opération.

Puis les crises ont continué, mais moins nombreuses et moins pénibles qu’autrefois, à la satisfaction du malade.

Deux ans après l’opération, les crises ont en somme diminué de moitié.

Observation X. — Fracture ancienne du crâne. — Crises épileptiformes. — Impulsions criminelles. — Trépan. — Dépression osseuse, pincement de la dure-mère. — Gué-

rison constatée vingt-deux mois après l'opération. (Professeur [Lannelongue in thèse de Faguet, Bordeaux, 1892),

Michel D..., trente-deux ans, résinier, originaire des Landes,

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