‹ Contribution à l'étude du mode d'action de la craniectomieChapitre 26 sur 45 · CREATION · texte numérisé non relu

CREATION

une craniectomie que suivait un véritable drainage (Keen, Phocas, Pollosson, Jaboulay, Audry). Certains ont pu inciser et drainer les ventricules cérébraux, et le fait heureux d'A. Broca est un type de ce genre d’opérations.

Toutes ces tentatives paraissent dirigées contre l'excès de torsion cérébrale qui accompagne l’hydrocéphalie. San nier les heureux effets de cette décompression, il est pers mis de croire que l'influence mécanique n’est pas seule en cause dans les cas de ce genre et qu’il se passe, dans les opérations contre l’hydrocéphalie, les mêmes phénomènes vasculaires que dans les autres catégories d'affections traitées par le trépan. Ceci paraît d'autant plus probable que la tension du liquide encéphalique n’est pas toujours excessive et que, si elle a pu atteindre jusqu’à 700 centimètres cubesdans l’hydrocéphalie, on Pa vue plusieurs fois aussi ne pas dépasser 70 centimètres cubes. Dans certains cas d’ailleurs l’excès de tension se limite à une poche enkystée, à un ventricule cérébral, comme si la gêne de la circulation encéphalique se localisait en quelques points, ce que l’autopsie a permis de vérifier.

On sait que, dans quelques ca*, Phydrocéphalie tient à une tumeur de la base du cerveau. IL est évident que, si l’on pouvait dans des cas de ce genre, établir le diagnostic de cause, on s’éviterait des déceptions.

Quant aux nombreux décès observés chez les hydrocéphales opérés, l’on ne doit pas les mettre exclusivement sur le compte de l'opération, car beaucoup d'hydrocéphales abandonnés à eux-mêmes ne survivent pas. Toute opération grave chez ces individus affaiblis peut hâter la mort sans qu'il ; ait lieu d'incriminer un processus spécial, |

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Cependant, si nous nous en rapportons à ce qu’on a publié et à ce que nous avons pu voir à Lyon, surtout dans la pratique hospitalière des jeunes chirurgiens, il est évident que les quelques succès publiés correspondent à un nombre assez grand d'opérations chez les hydrocéphales et que beaucoup de ces derniers succombent.

Bien des insuccès ne sont pas publiés.

Nous no serions pas éloigné de croire à un rapport intime entre ces décès et le retentissement considérable de ces opérations sur la circulation encéphalo-méningée, quand nous voyons la fréquence des lésions diffuses de méningo-encéphalite chez les hydrocéphales. Il est pos sible que l’hyperémie encéphalique provoquée par l’opé ration dépasse le but et réveille des lésions congestives mal éteintes. D’autres fois, la mort survient avec des phénomènes d’épuisement qui semblent dus à un écoulement exagéré de liquide encéphalique.

Quoiqu'il en soit, ces faits doivent commander la pru-. dence au chirurgien, et la réserve qui s'impose dans l'hydrocéphalie ne doit pas être complètement bannie dans les cas de microcéphalie, Il est bien entendu que le traitement chirurgical sera aidé par le traitement médicopédagogique chez tous les idiots. L’un et l’autre ne sont en rien opposés et doivent au contraire s’aider réciproquement.

Observation LXXVI. — Microcéphalie et idiotie. — Convulsions. — Troubles paralytiques. — Crantectomie. — Amétio ration. (Jos. Ransohoff, Med. News, 13 juin 1891.)

Emma S..., trois ans, développement physique normal. Tête un

peu petite, oxycéphalique. Suture sagittale saillante en crête. L'enfant est incapable de marcher ou de se tenir sur son séant même si on la soutient, Mouvements incohérents de temps en temps. Le bras gauche paraît plus faible que le droit et les mouvements plus limités. Déglutition difficile. Tiraillement presque continuel des muscles oculaires. Toutes les deux heures cri court et aigu (comme le cri encéphalique), puis attaque épileptique.

Elle paraît ne connaître ni les personnes, ni les objets. Attention très réduite. |

On enlève sur le côté droit un lambeau osseux avec son périoste de 5 pouces et demi de long sur un demi-poucede large, Quelques fortes adhérences de la dure-mère.

Malgré quelques accidents de suppuration, l'enfant guérit. Trois mois et demi après l'opération, les diamètres transverse, bi-pariétal, bi-frontal, bi-auriculaire sont augmentés, l'antéro-postérieur n’a pas changé, L'intelligence s’est un peu développée ; l'enfant reconnaît sa nourrice, la déglutition est facile, les mouvements pour se lever plus vigoureux quoique pas très efficaces. Plus de cris. Main gauche aussi forte et habile que la droite, quoique les deux membres soient encore faibles.

Obsersation LXXVII. — Jdiotie microcéphalique. Craniectomie unilatérale, — Amélioration. — (V. Horsley, Brit. med. Journ., 12 sept. 1891, p. 579.)

Enfant de trois ans, ayant eu une convulsion quinze jours après sa naissance. Agitation, colères bruyantes. Expression idiote, cris inarticulés. Microcéphalie très accentuée avec ossification préma turée. Pupilles inégales.

Incision du cuir chevelu à gauche, du frontal au pariétal, Un lambeau osseux d’un demi-pouce de large sur quatre de long est enlevé. Pas de drainage. Guérison complète de la plaie le huitième jour. Dès le troisième jour, amélioration : aspect moins égaré, cris moins fréquents, intelligence moins nulle. Le mieux se maintient les mois suivants.

Observation LXXVII. — Mzicrocéphalie. — Idiotie et arrêts de développement sur certaines parties de la tête. —Crantectomie linéaire. — Amélioration intellectuelle ; dévelop-" pement des parties en retard. (Cerné, Normandie médicale, 15 août 1891.)

Enfant de trois ans, offrant un développement physique à peu près normal. Insuffisance intellectuelle. Crâne bien développé en arrière (région occipitale), rétréci en avant. La région frontale est surtout déformée : front fuyant et très aplati sur les côtés, de sorte que la ligne médiane forme pointe (crâne métopique). Le côté gauche est plus aplati que le droit.

Toute la face est atrophiée et les deux paupières ne se relèvent pas complètement. Craniectomie linéaire (19 juin 1890). Un an après le crâne s’est allongé, mais il a peu gagné transversalement, le côté gauche du front est au moins aussi développé que le droit, le profil parait moins fuyant.

Développement manifeste de l'intelligence,

Observation LXXIX. — Jdiotie microcéphalique. — Névrite optique double, — Troubles moteurs. — Craniectomie. — Amélioration. (Miller, Brit. med. Journ., n° 1647, in Arch. de neurologie, t. XXV.)

Garçon de huit mois, microcéphale, atteint de névrite optique double. L’épine et les extrémités étaient presque constamment étendues et rigides. Les pouces étaient susceptibles d’adduction et les doigts se fléchissaient. Nystagmus et strabisme interne. Sutures craniennes complètement ossifiées (au toucher superficiel) et fontanelles oblitérées. Front fuyant et étroit. Agitation, cris, constipation habituelle. Activité intellectuelle bornée. La mère avait été délivrée au forceps,

Graniectomie, ablation d’un lambeau osseux d'1/2 pouce sur 8,

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L'amélioration se fit sentir immédiatement, bien marquée et progressive.

Observation LXXXV. — Idiotie, chorée, microcéphalie, — Cranieclomie. — Amélioration. (Wymann. The med. Times and Register, 1° oct. 1892, p. 391. in Arch. de neurol., t. 26.)

Enfant de quatre ans, agité de mouvements choréiques constants et gâteux. Incapable de marcher et d'apprendre. Mouvements constants des yeux. Pas d’épilepsie. Ne peut manger seul et ne prend de la nourriture que si on lui en donne.

L'affection date de la naissance et le médecin qui a soigné l'enfant l'attribue à la compression du cerveau par le forceps.

Tête petite et asymétrique,

Une bande d’os d’un demi- pouce de large est enlevée du crâne depuis la base frontale, jusqu'à un pouce de la protubérance occipitale, Le périoste est rämené sur cette ouverture ainsi que le cuir chevelu. Sutures. Guérison opératoire rapide.

En trois semaines amélioration marquée du malade, En même temps l’ouverture qui avait un demi-pouce de large à l'opération a atteint trois quarts de pouce (largeur apparente mesurée sur le cuir chevelu.)

Observation. LXXXI. — Microcéphalie, idiotie. — Craniectomie. — Amélioration. (Chénieux, de Limoges, Congr. fr. de chir., VI° session, 1892.)

Jeune fille de quatre ans et deux mois a eu antérieurement des convulsions et a fait une maladie indéterminée à sept ou huit mois. Elle a subi un arrêt de développement physique, mais l'intelligence est encore plus atteinte. Niparalÿsies, ni contractures, ni atrophies partielles. Le crâne est resté petit, mais bien conformé, l’arrêt de développement physique est bilatéral,

Opération en rainure suivant Lannclongue. Epaississement des

os. Amélioration,

Observation LXXXII. — Microcéphalie, idiotie, accès convulsifs, spasmes et paralysies. — Craniectomie., — Guérison (John A. Wyeth, New York med. record, 21 fév. 1892. p. 233.) |

Enfant de onze mois. Fermeture de la fontanelle antérieure ; trois mois. Attaques fréquentes ayant laissé les pieds en talus équin; main gauche tombante. Crâne petit comme chez un enfant de deux mois. Mouvements convulsifs des yeux, pupilles dilatées. Les yeux ne suivent aucun mouvement, les mains nese tendent ver aucun objet.

Incision depuis la base du nez jusqu’à la protubérance occipitale externe. Ossification des symphises. Avec une petite tréphine, on fait deux sillons allant de la protubérance occipitale externe jusqu’au dessous des yeux, laissant entre un pont de trois quarts de pouce pour protéger le sinus longitudinal. Avec des ciseaux on ouvre les sillons jusqu’à la dure-mère qu’on rase sans l'ouvrir, puis on les agrandit. Sutures. Réunion par première intention.

Amélioration progressive. Un mois après, les difformités des pieds ont disparu, les pupilles sont normales; l'enfant rit, fait attention à ce qui se passe autour de lui, suit les objets du regard tend les mains. Le sommeil est bon, l’appétit normal.

Observation LXXXIII (résumée.) — Cranrectomie pour idiotie microcéphalique.—Kyste séreux de la bosse frontale gauche. Améhoration. (J.Reboul, Arch. prov. de chir., juin 1893.)

Il s'agit d’un enfant idiot atteint de nombreux troubles moteurs : nystymus, troubles de la parole, de la mastication, de la déglutition, mouvements choréiques et athétosiques des membres supérieurs, contracture des membres inférièurs. La craniectomie

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