‹ Contribution à l'étude du mode d'action de la craniectomieChapitre 28 sur 45 · D LUN LE · texte numérisé non relu

D LUN LE

Le 28 mars 1891, on enlève de chaque côté du sinus longitudinal, de la glabelle à l’inion, une bande osseuse d’un pouce de large, plus une autre bande perpendiculaire se dirigeant en dehors, Os très épais.

La dure-mère n’est pas touchée. Drains de catgut et suture au catgut,

Suites opératoires simples. — La mère constate que l’enfant crie beaucoup moins, repose mieux, nécessite beaucoup moins d'attention et de soins. Elle prend plaisir à étendre ses membres, à exercer ses muscles, rit et joue volontiers. La paralysie a presque complètement disparu et la main gauche auparavant impotente est presque aussi habile que la droite.

Observation LXXXVII. — Mrcrocéphalie, idiotie. — Craniectomie. — Amélioration. (Bernard Joos, Correspondenz-Blatt. f. Schw. Aerz., 15 mars 1893. Résumée in Rev. de Hayem, t. 42),

Garçon de trois ans neuf mois, sans antécédents héréditaires, mais de père buveur. Depuis sa naissance, il est idiot et ressemble plus à un animal sauvage qu’à un être humain. Vacarme jour et nuit; complètement gâteux : refuse tous les aliments solides.

Ne marche que depuis trois mois et n’émet que des sons inarticulés. Facilement irritable, il cherche à mordre, à égratigner. Une chute du rectum et une hernie inguinale sont provoqués par ses cris incessants,

Grâne microcéphale.

Le 27 novembre 1891, Walder fait une craniectomie linéaire à droite, Immédiatement après l’opération, 38°,5 et 140 pulsations. L'enfant devint plus calme, moins méchant, cessa d’être gâteux.

Le 17 juin 1892, deuxième craniectomie, à gauche et en travers dans l'espoir de favoriser le développement du centre de la parole. Immédiatement après l'opération, même élévation de température

et des pulsations que la première fois. Guérison par premièreinten-

tion,

Quinze mois après l'opération : amélioration très nette. L'enfant a appris à prononcer les mots qu'on lui dit, à nommer spontanément les objets. Il est poli et obéissant. Les diamètres craniens-ont augmenté de 2 centimêtres d'avant en arrière et de 2 em. 8 d’une oreille à l'autre.

Observation LXXXVIII. — Microcéphalie, idiotie. — Cranvectomie. — Amélioration. (Dana, New-York med. Society, 4 avril 1893, résumée in Rev. de Hayem, t. 42.)

Garçon de cinq ans, idiot et microcéphale ; ossification prématuréc des sutures. Craniectomie. Un an après, Dana le présente à la New-York mcd. Society : il y a une amélioration qui s’est maintenue dans les diverses fonctions du corps et de l'intelligence ; la grande circonférence de la tête a augmenté d’ 1/2 centimètre la demi-circonférence naso- occipitale de 2 centimètres.

Observation LXKXXIX. — Microcéphalie, idiotie. — Craniectomie.

— Amélioration. (Prengrueber, Bull. méd., 27 janvier, 1892.)

Enfant de neuf ans, microcéphale. Arrêt de développement intellectuel. N'a marché qu'à trois ans et n’a pu apprendre ni à parler, ni à lire.

Actuellement yeux hébétts, lèvre inférieure renversée en dehors, langue presque constamment hors de la bouche toujours ouverte d'où s'écoule la salive.

Crâne allongé verticalement, La suture fronto-pariétale forme une saillie très marquée ; les bosses frontales et pariétales sont complètcmert effacées,la protubérance occipitale forme une proémine: ce considérable, Crâne asy mCtrique, le côté gauche est notablement moins développé que le droit,

Opération. — On pratique une brèche osseuse courbe à concavité inférieure, sensiblement parallèle à la suture sagitale et à

3 centimètres environ de celle-ci (côté gauche). Elle mesure 11 centimètres sur 3. En outre, on resèque la saillie qui existe au niveau de la suture fronto-pariétale.

Aussitôt après l’opération, aspect général meilleur et langage plus compréhensible, Dès le lendemain, l'enfant ne laisse plus écouler involontairement sa salive; il a conscience du besoin d’uriner. Enfin, on constate que son adresse à se servir des objets qu’on lui met dans les mains s’est sensiblement accrue, et qu’il peut faire manœuvrer certains jouets.

Observation XC. — Microcéphalie légère. — Enfant arriére. — Craniectomie à lambeaw. — Amélioration. — (Largeau de Niort, V° Congr. fr. de Chir., 1892.)

Garçon de trois ans. Frère aîné bien portant, mais tares de naissance parmi plusieurs parents de l'enfant (tumeur, cécité, strabisme).

Le demi- périmètre gauche de la tête mesure 45 centimètres au lieu de 50 (dimension normale à cet âge).

Voûte palatine très concave.

Opération. — Craniectomie à lambeau. Amélioration quatre jours après l'opération, Plus tard le progrès obtenu se maintient, mais n’augmente que très faiblement.

Observation XCI. — Microcéphatie et idiotie acquise aprés maladie infectieuse. — Crantectomie. — Amélioration. — (W. Keen, Med. News, 29 novembre 1891 et Amer. j. of. med. Se., juin 1891.)

M.., (E.), âgée de quatre ans et sept mois. Antécédents hérédi-taires bons, sauf une grand’mère ayant des glandes scrofuleuses au cou. Une sœur de neuf ans bien portante au physique et au moral.

Développement normal dans la première année. Rougeole et

coqueluchce se succédant d’une façon assez rapide vers l’âge d’un an. Plus tard elle maigrit. Elle n’a jamais marché, mais a pu se tenir sur ses jambes vers deux ans. À vingt et un mois, elle disait quelques mots, mais elle en a perdu l’usage.

A deux ans et demi elle eut vingt-quatre convulsions dans la même journée; ces accès furent attribués à la dentition qui fut tardive, ils furent les seuls.

Actuellement état général assez bon, mais l’ensemble physique est chétif par développement insuffisant. Os petits. Tête petite et légèrement prognathe, mal développée, surtout dans les régions frontale et occipitale. Deux photographies prises l'une il y a vingt et un mois, l’autre il y a une semaine montrent la plus grande différence d'expression; la première est celle d’une enfant brillante et intelligente, la seconde montre une face d’idiote.

Ni contractures, ni paralysies. Elle remue constamment et se tord les mains, mais ce n’est certainement pas la douleur qui fait faire ces mouvements. Agitation continuelle. Force d'attention faible.

Toutes les sutures sont fermées. La fontanelle antérieure existait à la naissance. Elle est entièrement fermée. Percussion du crâne non douloureuse, donne un bruit uniforme sur toute la surface.

De temps en temps envies de dormir : sortes de crises de sommeil durant deux ou trois secondes.

Son intelligence varie considérablement. Parfois elle est plus éveillée qu’à d’autres moments.

Pas d'asymétrie cranienne. La tête a les dimensions de celle d’un enfant de onze à douze mois environ.

Examen des yeux difficile à cause de l'agitation et du peu d’attention, Pupilles normales réagissant bien à la lumière. Pas d’altérations du fond de l’œil. La vue semble bonne,

Opération. — Incision du cuir chevelu recourbée en avant pour éviter de faire une cicatrice sur le front et allant d'arrière en avant. Après application d’une couronne de trépan, incision osseuse allant de 3/4 de pouce du sommet supra-orbitraire jusqu’en arrière de l'occipital sur une longueur de 6 pouces 1/4. L’incision

osseuse et l’incision cutanée ne se correspondent pas pour éviter des cicatrices adhérentes. Ablation du périoste des bords de l'os pour que l’os ne se reforme pas. Drainage avec quelques erins de cheval.

Suites opératoires simples. Fnlèvement des sutures au bout de cinq jours.

Amélioration progressive et considérable, L'enfant ne crie presque plus, dort mieux, reconnaît une montre, observe ce qui se passe autour d'elle, se sert de quelques mots par instants, mais pas d’une façon constante. Elle a presque perdu l'habitude de tordre ses mains qu'elle avait si marqué avant l’opération.

Observation XCII. — Microcéphalie, idiotie. — Craniectomie. — Amélioration. (Blanc, Ann. dela Soc. de méd. de Saint- Étienne, 1893, t 11.)

Jean-Baptiste L..., sept ans et demi. Type très net de microcéphale ; tête très petite ; développement intellectuel nul, agitation extrême, cris et mouvements continuels, ne peut se tenir debout, ni marcher seul.

Le 19 octobre 1891, craniectomie linéaire du côté gauche le long de la suture sagittale, Brèche osseuse de 8 centimètres de long sur 3 de large.

Les sutures pariéto-frontale et pariéto-occipitale sont ossifiées ; les os sont durs et épais.

Suites opératoires simples et apyrétiques. Le résultat immédiat est très beau ; l'agitation a disparu comme par enchantement ;on surprend quelques lueurs d'intelligence ; le regard surtout est transformé, l’enfant pleure comme un être humain.

Puis les symptômes reparaissent, moins accentués, toutefois, pour diminuer ensuite plus lentement.

L'enfant à été revu à plusieurs reprises, De l'avis de tous ceux qui l’entourent l'amélioration est sensible. Il est de moins en moins agité, pas de cris, ni de pleurs; il devient obéissant, comprend bien mieux, dit quelques mots; enfin il dort bien et marche tout seul.

Observation XCIII. — (Résumée). Microcéphalie, idiotie, convulsions, troubles oculaires. — Craniectomie. — Amélioration. — (Kurz, Wien. méd. Presse, 23 octobre 1892.)

Garçon de onze mois, fils de parents sains, atteint de microcéphalie et de convulsions persistantes depuis sa naissance. Contracture des jambes pendant deux mois, puis convulsions des bras et des jambes continuelles.

Crâne très petit, aplati à l’occiput, sans autre déformation. Pas trace de sutures, ni de fontanelles, qui étaient entièrement ossifiées.

Les yeux regardent en haut, strabisme divergent. Pas de réaction pupillaire. L'enfant semble ne rien entendre. Expression du visage bestiale.

Le 13 mai 1892 (l'enfant a treize mois), ablation sur 16 centimètres de long d’une bande osseuse de 4 centimètre de large s’étendant enligne droite du front à l’occiput. La dure-mère est respectée.

Résultat. — Diminution notable des secousses des membres out de suite après l'opération et de plus en plus marquée les jours suivants.

Deux mois après complète cicatrisation et reconstitution complète des portions osseuses enlevées. Le crâne est dur partout. La périphérie de la tête a augmenté d’un centimètre. Les secousses convulsives durent encore mais rares et peu violentes.

Etat général excellent. — L'enfant peut mouvoir spontanément ses bras; l'expression de son visage est plus humaine. Les pupilles réagissent toujours peu à la lumière. Les yeux ne fixent rien, mais ils ne sont cependant plus continuellement tournés en haut.

Observation XCIV. — Zdrotie impulsive. — Crises fréquentes. — Craniectomie. — Amélioration des crises. (M. Jaboulay in Arch, prov. de Chr, février 1893, obs. XX VIII.)

F. J..., treize ans, amené à l'hôpital pour des crises nerveuses, Il a des crises depuis le bas âge, qui se répètent plusieurs fois par jour. Il est sournois et méchant, mais intelligent. Il parle lentement.

Opération le long de la scissure de Rolando, de chaque côté. Amélioration manifeste les premiers jours qui suivent l’opération. Les plaies mettent un mois à se cicatriser. L'enfant prend une crise par jour vers 11 heures du matin, maiselle est de courte durée et ne ressemble plus comme intensité aux crises antérieures.

Six mois après l'opération, l'enfant continue à n’avoir qu’une seule crise par jour et de courte durée,

Observation XCV. — Monoplégie spasmodique infantile, — Accès

convulsifs jacksoniens. — Débilité intellectuelle. — Craniectomie exploratrice, drainage d’un kyste cérébral. — Amélioration. À. Broca. — Ve Congrès francais de chi-

rurgie, 1891.

G. C..,, dix-huit ans, entre à l'hôpital Bichat. . Père goutteux. Ascendants maternels et paternels robustes. Pas trace de syphilis.

Pendant la grossesse, la mère a eu des métrorragies abondantes avec douleurs abdominales.

L'enfant est né avant terme.. à sept mois et demi d’après le père, et quelques jours après une chute de la mére. . L'enfant parut bien conformé, mais il n’a jamais eu le regard bien fixe, jamais il n’a bien suivi des yeux un objet qu’on lui montrait.

Il a marché à l'âge ordinaire. Bras gauche faible surtout depuis l’âge de deux ans. A cet âge, chute sur laquelle on n’a pas de renseignements précis et qui n’a laissé aucune irace visible.

La faiblesse du bras gauche s'accompagnait de maladresse et de refroidissement, le bras est flasque. Ces différences s'accentuent à partir de deux ans.

Jusqu'à quatre ou cinq ans, C..., ne peut saisir un objet de la main gauche,

Vue très basse, On envoie l’enfant à l’école, mais il ne s’instruit pas et des leçons particulières restent sans résultat.

On met sur le compte de la défectuosité visuelle la céphalalgie et la fatigue extrême que provoquent les tentatives d'étude.

La mémoire paraît bonne. |

À quinze ans après une frayeur produite trois jours auparavant, première crise convulsive ; tremblement subit des deux mains, surtout de la gauche, bredouillement, puis chute et perte de connaissance. Après quelques minutes, réveil, courbature et céphalalgie intenses.

Depuis crises à intervalles irréguliers. Il en arrive à avoir trois à cinq crises par jour. Traitement au bromure de potassium, d’abord 2 grammes, puis jusqu'à 10 grammes par jour. Les crises s’espacent sous l'influence du bromure, il reste jusqu'à six à sept mois Sans en avoir.

Dès qu’on cesse le traitement, les attaques reviennent au bout de trois à quatre jours au plus, souvent le lendemain, Plusieurs tentatives de ce genre doivent céder aux accidents.

L'enfant n'est jamais resté depuis la première attaque, trois jours sans bromure et sans crises, au dire du père.

Depuis ces crises convulsives, le bras gauche s’est contracturé.

Les crises sont précédées d'une aura caractérisée par un tremblement des doigts à gauche, surtout du pouce. Elle dure une minute. À ce moment, le malade peut quelquefois, non toujours faire avorter la crise par la flexion énergique prolongée du petit doigt gauche opérée avecla main droite.

Pas de cris, parfois morsure de la langue. Pas de miction invo-

lontaire, Les accès sont diurnes d'ordinaire, le plus souvent légers la perte de connaissance ne dure que quelques instants, mais elle peut aller jusqu’à un quart d’heure. Peu de grands mouvements convulsifs.

Depuis les attaques, l'intelligence a baissé.

Etat actuel. — Aspect robuste. Le membre supérieur gauche a ses muscles atrophiés. Il est incomplètement paralysé avec con tracture en demi-flexion. Mouvements volontaires athétosiques, peu étendus et forts maladroits.

En cherchant à redresser le poignet et surtont le pouce, quand on redresse le pouce, le sujet accuse immédiatement une sensation semblable à celle de l’aura.

Si on continuait, il aurait une attaque.

Sur ce membre, réflexes tendineux exagérés.

À un examen attentif, quand le malade marche vite, on découvre une légère faiblesse du membre inférieur gauche qui se traduit par une irrégularité appréciable de la marche.

Pas de troubles sensitifs.

Front bas, facies peu intelligent. Pas de voussure exagérée de la voûte palatine. Ni paralysie, ni asymétrie des lèvres.

Le malade ne bave pas d'une façon habituelle mais cela lui arrive quand il s'applique à quelque chose.

Regard oblique, clignotant. Un peu de nystigmus horizontal, à droite surtout.

Vision très faible. Pour écrire, le sujet est forcé de se mettre un peu obliquement, touchant presque le papier avec la pointe du nez.

Crâne un peu élevé, légèrement aplati à droite, ainsi que le constate le tracé à la lame de plomb de la courbure occipito-nasale. La différence porte exclusivement sur la région temporo-pariétale, à ce niveau, la courbe gauche a 1 centimètre de tièche de plus que la droite.

Intelligence faible, instruction très rudimentaire, l'écriture est d’un enfant de sept à huit ans, l’orthographe est céfectueuse.

Un peu de bégaiement.

À l'ophtalmoscope, papilles confuses, légère périnévrite d’après M. Terrier. Centre blanc,

Etat général bon, sommeil calme et régulier,

Le 16 novembre 1890, craniectomie sur le centre du membre supérieur gauche.

Crâne épais et dur. Deux.couronnes de trépan, puis élargissement à la pince coupante,

Une cavité hystique est ouverte : il en sort. un liquide incolore et transparent. La cavité grosse comme une noix est drainée. Suture de la dure-mère, puis de la peau.

Le 17 novembre. — La nuit a été bonne. Le pansement est traversé par un suintement séro-sanguinolent, il est changé.

Enlèvement des sutures le huitième jour.

Le malade voit mieux et éloigne de 10 centimètres le papier pour écrire.

Le 25 novembre. — Le pouce peut être mu en tous sens et serré sans provoquer aucune menace d'attaque.

27 novembre. — Enlèvement du drain, rien ne s’écoule, réunion immédiate parfaite. Le soir, légère attaque de cinq minutes, sans prodromes, sans douleur dans le pouce. Perte de connaissance complète, écume, pas de morsure de la langue.

28 novembre. — Pas de malaise. Pouce toujours maniable, la main peut serrer avec force, mais cette contraction s'accompagne de mouvements associés identiques de la main droite. La main à plat, il n’y a pas de mouvement isolé des doigts, chaque effort provoque un mouvement de l’index droit.

L'examen se prolongeant, le malade annonce une crise que la flexion du petit doigt n’arrête pas et qui finit par des larmes.

Plus tard, en décembre et janvier, quelques crises légères se produisent.

On donne du polybromure à dose modérée.

La vue s'améliore et le bras gauche prend de la force les mois suivants. Les mouvements désordonnés des yeux disparaissent. Le caractère, autrefois très irritable, devient gai et égal. Application au travail. Les crises sont devenues légères et rares (aucune du 8 au 27 mars), sans retentissement sur la santé et l'intelligence qui ont beaucoup gagné.

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