‹ Contribution à l'étude du mode d'action de la craniectomieChapitre 43 sur 45 · DS À · texte numérisé non relu

DS À

gaze iodoformée. Suture des lambeaux. Un drain moyen en caoutchouc fenêtré est couché dans la plaie et sort par l'extrémité postérieure de l’incision antéro-postérieure. Pansement antiseptique, compressif par crainte d’hémorragie venant des veines liées.

Suites. — Le réveil est pénible, ce n’est que trois heures après que l’opéré revient franchement à lui. Le soir, quelques vomisse ments.

12 janvier. — La nuit a été mauvaise. Agitation et insomnie complète. Pas de fièvre, T. 37°,2 la veille. Aujourühui, 37 degrés

le matin et 37°,4 le soir. Abattement ; encore quelques vomisse-

ments. Parésie générale (vésicale et intestinale) : le malade a de la peine à uriner et à aller à la selle, Lavement efficace. Il trouve son pansement trop serré.

13 janvier. — T. 370,2 le matin et 370,4 le soir. La nuit a commencé encore plus mal que la veille et quoique le besoin de sommeil fût intense, l'agitation a été très marquée, psychique et motrice : le malade ne peut rester en place et se tourne sans cesse dans son lit.

Vers 3 heures du matin n’y tenant plus, il défait les derniers tours de bande de son pansement et les remet en place sans les serrer. Dix minutes après, un sommeil profond l’envahit qui dure jusqu’à 11 heures et n’est pas interrompu même par la visite du matin. On le réveille à ce moment, un quart d'heure après il se rendort pendant encore six heures.

T. 37°,2 le matin et 37°,5 le soir. Plus de vomissements.

La température a continué à être bonne, une seule légère élévation à 38 degrés le 15 janvier, on l’attribue à ce que la température a été prise immédiatement après des efforts pour aller à la selle.

Un lavement a suffi à combattre la parésie intestinale.

L’affaiblissement était assez grand ; paresse et grande dilatation des pupilles. Le malade ne put se lever que le huitième jour. Mais, à partir du 14 janvier, toutes les nuits furent bonnes et depuis le malade a toujours parfaitement dormi. La céphalalgie à complètement disparu ; l’état névropathique n'existait plus un mois après l'opération.

— RTÈ —

La mémoire est revenue peu à peu, lentement, et l’amélioration s'est continuée longtemps après l'opération.

Le premier pansement fut fait le 19 janvier. Le drain est supprimé le 25. 11 persistait une petite fistule suintante au niveau des points qui donnaient passage au drain. Cette fistule laissait écouler un liquide transparent et incolore qui venait sourdre goutte à goutte jar l'orifice cutané. $

Le malade alla dans sa famille et y resta quarante jours (jusqu'u 16 mars). A cette époque, les forces étaient presque complètement rétablies, la plaie, entièrement cicatrisée, ne laissait plus percevoir que de faibles battements encépbaliques. Mais la fistulette persistait, laissant toujours suinter un liquide incolore, un peu visqueux. Le malade revient à Lyon se faire voir.

18 mars. — M. Orcel, suppléant à ce moment M. Poncet, l'examine et constate un léger œdème au niveau de la plaie cicatriste. Pensant à une accumulation possible de pus, il fait une incision et ne trouve qu’un peu de liquide incolore et des fragments de gaze pénétrés par des bourgeons charnus très adhérents. 11 enlève avec peine quelques-uns de ces lambeaux de gaze à plusieurs reprises.

L’antisepsie a toujours été rigoureuse et il n’y a jamais eu de pus.

L'cuverlure faite par M. Orcel est laissée béante. La cicatrisation ne s’en fait pas moins rapidement en quelques jours. Mais la fistule continue encore à suinter pendant plus d’un mois (jusqu’au 28 avril), puis se ferme définitivement. ,

Le malade n’a plus cu de crises d’excilation depuis son opération.

Dix sept mois après l'opération, l’état général continue à être excellent, plus aucun phénomène nerveux; depuis plus de six mois l'idiosyncrasie pour le café a disparu, le sujet en prend tous les jours sans inconvénient. Il fame aussi quelquefois sans inconvénient.

La mémoire, qui est revenue peu à peu pendant tout le temps que la fistule a coulé, a continué à progresser et reste borne. La force d'attention et la volonté sont revenues aussi; bref, l’ancien malade se félicite tous les jours de l’opération faite par M. Jabou-

Jay. Le sommeil est parfait, il n’y a plus d’hyperesthésie depuis longtemps ; la force musculaire est normale ; le malade ne regrette qu'une chose : d’avoir attendu trop longtemps pour se faire opérer.

Au niveau de la région opérée, persiste une légère dépression, sous forme de gouttière antéro-postérieure d’environ 3 centimètres de longueur. Le reste de l’ancienne excavation est au niveau de la surface extérieure du crâne.

Depuis plus de six mois, il n’y a plus dans cette région aucun battement perceptible. La palpation même profonde y est indolore et n'amène aucun trouble. Toute la région est occupée par un tissu fibreux très dense dont la consistance ne diffère guère de celle de l’os voisin. La chevelure masque cette dépression cicatricielle. Au niveau de l’ancienne fistule, existe une petite bride fibreuse saillante qui en est le seul vestige.

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