II. Symptomatologie
Nous ne voulons pas refaire l’étude des symptômes de l’épilepsie jacksonienne origine traumatique. Cette étude a été très bien faite par les auteurs qui se sont occupés de la question. On en trouvera un excellent résumé dans la thèse de Faguet de Bordeaux en ce qui concerne les troubles moteurs.
Nous nous bornerons à signaler les constatations que la lecture des nombreuses observations publiées nous a suggérées et qui nous paraissent utiles pour l'explication du rôle habituel de la craniectomie.
1° Quand les traumatismes céphaliques ont déterminé des accidents tardifs, il y a eu, dans la grande majorité des cas, une période de temps parfois très longue pendant laquelle la lésion est restée- silencieuse.
Cette période de tolérance a eu une durée très variable depuis quelques semaines où moins, jusqu'à un grand nombre d'années.
Elle a existé alors même que les lésions macroscopiques incriminées plus] tard par le chirurgien fussent, de par leur caractère permanent, incapables de l’expliquer. Ainsi une esquille, un enfoncement du crâne, même un corps
1 Ed. Faguet, Des troubles moteurs consécutifs aux traumatismes anciens du crâne et de leur traitement par la trépanation, thèse de Bordeaux, 1892.
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étranger logé sous la dure-mère, ne se sont signalés pendant longtemps par aucun symptôme important.
Nous devons dire cependant que la tolérance n’a pas été toujours parfaite et absolue. Ainsi plusieurs malades reconnaissent avoir été sujets depuis leur traumatisme à de la céphalée intermittente ou à d’autres troubles légers. La tolérance alors n’était que relative. Elle n’en existait pas moins. Puis, tantôt brusquement, le plus souvent d’une façon progressive, l’epilepsie jacksonienne s’est déclarée, et s’est installée définitivement chez le malade.
£° Les symptômes ont eu le plus souvent une allure extensive et progressive : les crises d’épilepsie localisée devenaient de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses avec le temps. Les contractures et les paralysies qui les accompagnaient allaient en s’accentuant. Dans bien des cas, c’est cette allure croissante qui a décidé le malade à demander l’intervention. De plus, les symptômes tendent souvent à s’étendre d’un point du corps aux autres points ; les crises convulsives limitées à un segment de membre gagnent d’abord le membre entier, puis le côté correspondant, plus tard les crises s'étendent à tout le corps : elles se sont généralisées. Ce n’est pas dans tous les cas d’ailleurs que, lorsqu’elle a lieu, l'extension des convulsions se fait aussi régulièrement, et, dans certains cas, des crises d’épilepsie généralisée sont venues assez brusquement se surajouter aux symptômes d’épilepsie jacksonienne bien limitée qui avait seule d’abord occupé la scène morbide.
Cette allure extensive des symptômes est déjà signalée dans le rapport de M. Gérard- Marchand à la Société de Chirurgie en 1892.