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| : UE Perd $ | = troubles gastriques. Plus tard Debout, avec 0 gr. OT pris en A - deux doses, l’une le matin, l’autre le soir, ne vit point non = plus de troubles digestifs suivre l'administration de la nar- __ céme; un peu de diminution de l'appétit et une tendance à la constipation fut tout ce qu'il put observer. Seul, Béhier accusa la narcéine de provoquer, aux doses de 0 gr. O8 à 0 gr. 10, mais chez les femmes seulement, quelques nausées où vomissements au moment du réveil. D'autre part, dans les conclusions de sa thèse, Pétrini lui assigne une action anti-émétique égale, sinon supérieure, à celle du chlorhydrate de morphine. Pour Rabuteau cet alcaloïde ne détermine ni nausées, ni vomissements ; il ferait même disparaître ces accidents. Cet auteur est parvenu à soulager d'une manière | évidente, par ce médicament, des phtisiques qui présentaient ces phénomènes gastriques. ; | La narcéme est-elle anexosmolique et à quel degré ? Comme l’opium et la morphine, elle est susceptible de diminuer les sécrétions. Cette propriété lui fut reconnue par Béhier et Debout, étudiant son influence sur les sécrétions des bronches, de l'intestin, des reins : « La narcéine calme la toux, diminue l’expectoration chezles phtisiques (Béhier) »; « Son action sur l'appareil digestif paraît moins énergique que
celle de la morphine (Constipation moins intense) (Debout) » ; « Elle suspend notablement l’émission des urines sans détruire ou modifier la sensation du besoin d'uriner {Béhier)». En même temps, ces cliniciens avaient constaté dans quelquesuns de leurs essais une certaine paresse de la vessie, comme avec la morphine (difficulté à satisfaire le besoin d’uriner), ce dernier symptôme concordant avec les résultats de l’expérimentation donnés par Ch. Lecomte {défécation sans urination chez les chiens en expérience) et avec l’opinion de Ozonam reconnaissant à la narcéine une action particulière sur la portion lombaire de la moelle épinière. Laborde n'a pourtant point observé ce phénomène chez les enfants.
Cette diminution de la quantité des urines est également signalée par Ch. Liné, qui attribue de plus à la narcéme une propriété diaphorétique. Rabuteau nie cette influence sur le rein par l'usage de la narcéme à des doses variant entre 5 et 20 centigrammes, et accorde d'autre part à cet alcaloïde les propriétés anexosmotiques de l’opium sur les muqueu-
ses intestinales : «Cette précieuse substance arrête également la diarrhée. Non seulement la muqueuse intestinale sécrète moins sous l'influence de la narcéine, mais les muqueuses buccale, pituitaire et la conjonctive même subissent une sorte de dessication : la soif augmente comme sous l'influence de la morphine. Toutefois, il faut des doses assez fortes, celles de 10 à 20 centigrammes, pour obtenir ces résultats et la diarrhée n’est pas aussi bien arrêtée que par la morphine ou par l'opium...»
En résumé, le pouvoir anexosmotique de la narcéine, s'il est bien démontré, est relativement faible et, à ce point de vue, la narcéine constitue bien un véritable diminutif de la morphine.
Les auteurs précédents ne signalent dans leurs écrits aucun phénomène parüculier du côté de la peau, ni prurit cutané ou exanthème, n1 aucun trouble de la sensibilité générale ou spéciale, De même ils ne notent aucune action sur le pouls et les mouvéments respiratoires par l'usage de la narcéme prise par la voie digestive. Mais, injectée sous la peau, même à dose minime (5 milligrammes), le chlorhvdrate de narcéme produit une élévation de la température, une augmentation de la fréquence du poals et de la respiration, un abaissement de la pression artérielle (P. Pétrini) ; ces effets ne sont que passagers et ne s’observent pas après l'absorption on de cette substance par la voie gastro-intestinale.
D'après Rabuteau, cet alcaloïde de l'opium agirait sur la pupille comme agent mydriatique.
En résumé, r on peut dire, nous semble-1- il, de la narcéine :
substance hypnotique, mais à un degré ee plus fort chez les animaux que chez l’homme ; chez ce dernier, son action
soporifique est bien inférieure à celle de la morphine. Le sommeil qu'elle procure et le réveil qui suit présentent des caractères particuliers, d’ailleurs à son avantage : sommeil doux, tranquille, moins lourd que celui de la morphine, réveil des plus naturels. L'analgésie narcéique, nettement démontrée, est moindre qu'avec la morphine. Les fonctions digestives ne sont point entravées ; les troubles gastriques qui accompagnent la médicalion opiacée, ne paraissent point avec la narcéine. Enfin, elle est anexosmotique, mais beaucoup moins que la morphine.
En ce qui concerne l'appareil respiratoire, la narcéine est capable d'améliorer certains troubles et en particulier la toux; elle possède en effet des qualités antispasmodiques puissan-
-tes. Affecté d'une bronchite chronique des plus rebelles, avec
toux incessante et expectoration abondante, Debout ne tarda pas à se convaincre sur lui-même que la narcéine produisait « un effet calmant qui se traduit par une diminution remarquable de l'intensité el de la fréquence de la toux ». Chez un grand nombre de tuberculeux, Béhier constata également une amélioration réelle dans la toux et une diminution de la quantité des matières expectorées. De mème Laborde, chez des enfants phtisiques, put noter la sédation de la toux sous l'influence de cet alcaloïde, mais sans observer de modification bien appréciable sur l’expectoration ; ladmimistrant encore dans une affection hyperspasmodique, la coqueluche, ee même auteur put remarquer qu'elle faisait complètement disparaitre les quintes nocturnes.
Valedor considère que la narcéine est supérieure à la codéine contre la toux, et Burgrave la recommande dans la toux rauque, douloureuse.
Enfin, dans une communication à la Société de biologie, le 22 ma 1886, dont on ne retrouve que quelques fragments dans les journaux de l’époque, Brown-Séquard rapportait qu'il avait obtenu de grands succès par la narcéine dans le cas de toux avec hypersécrétion bronchique, soit aigüe, soit chronique ; non seulement, ajoutait-il, elle calme la toux, mais elle procure un sommeil bienfaisant. Ses affirmations furent confirmées par Laborde et M. d'Arsonval (1).
Un dernier avantage de cette base de lopium est la faiblesse de son coefficient toxique, relativement à celui de la morphine et de la codéine. Nous savons en effet que chez l'homme, la morphine représente le principe soporifique le plus toxique de l’opium. Quant à la codéine, l'étude expérimentale de CI. Bernard avait déjà prouvé qu’au point de vue de l’action convulsivante relative des principes de l’opium, celte base tenait un rang qui la rapprochait singulièrement des principes excitants. Plus tard, en 1873, Laborde insista sur son insidiosité toxique, aucun symptôme immédiat ne mettant en garde le clinicien, si ce n’est cette dilatation pupil-
laire que nous avons signalée dans l’étude particulière de la.
codéine,etquipeutd’ailleursn'êtreque passagère.Aussi, Marius Barnay attribue-t-1l à la codéine le pouvoir toxique le plus considérable parmi les trois principes soporifiques de l'opium. Cependant, à la même époque, Bardet s'élève contre cette opinion ; il n'hésiterait pas, dit-il, à prescrire chez l'homme 40 centigrammes de codéine ; expérimentant sur lui-même, il a pu snjecter dans le tissu cellulaire sous-cutané jusqu’à
(1) La narcéine, son action physiologique et médicamenteuse, note rétrospective, par M. J.-V. Laborde (Société de biologie, séance du 29 mai 1886).
De la narcéine : Brown-Séquard, Laborde, d'Arsonval, etc.
Semaine médicale, 1. VI, p. 222 (1886).
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