‹ Contribution à l'étude du Narcyl (Chlorhydrate d'Éthyl-narcéine) de ses effets chez les tuberculeuxChapitre 12 sur 42 · FER · texte numérisé non relu

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105 donnes dé codéine . piqûres sans éprouver le

moindre malaise. Peut-être cette divergence d'opinions au sujet de la toxicité relative de la codéine et de la morphine provient-elle en partie, comme le pensait CI. Bernard, « de ce que dans l usage la morphine produit très rapidement, et avant qu'on ait atteint une dose toxique, des accidents tels

que céphalalgie et vomissements, tandis que la codéine qui endort peu ne produit point ces accidents au même degré, quoique plus toxique ». Cliniquement, chez l'homme,la morphine est considérée comme plus toxique que la codéine : quant à la narcéine, elle est classée par tous les auteurs bien après les alcaloïdes précédents, constituant ainsi le principe soporifique de l’opium doué du plus faible pouvoir toxique. Voici la classification des bases de l’opium suivant leur ordre toxique : morphine, codéine, thébaïne, papavérine, narcéine, narcotine (Rabuteau). |

D'après l'étude expérimentale et clinique précédente, la narcéine présenterait done de réels avantages sur les autres principes de l’opium. Néanmoins, l’on sait que l’usage de cet alcaloïde ne s'est pas répandu depuis sa découverte et que jamais il n’a fait partie des movens thérapeutiques usuels du praticien. À quelles raisons pouvons-nous attribuer cet oubli de la narcéine, oubli que certains auteurs, et Laborde en particulier, ont vivement regrelté à plusieurs reprises ? Ce désintéressement semble essentiellement provenir de ce que pilusieurs expérimentateurs et chiniciens ont toujours trouvé dans leurs essais cette substance inactive (Schroff, de Vienne, Baxt, Mitchell, Fronmüller, etc.).

Il paraissait toutefois démontré que cette inactivité de la substance devait tenir à son état d'impureté. Il faut se rap peler,en effet,que c’est en expérimentant à l'aide de narcémes

— ge — préparées lout spécialement pour eux, et dont la pureté : ait . été poussée le plus loin possible, que CI. Bernard, P. Pélrini, Bardet, Laborde,etc., avaient obtenu leurs résultats positifs. « Ne cherchons plus, dit Cl. Bernard en 1875, à utiliser la narcéine en physiologie, car ce que le commerce nous fournit

sous le nom de narcéme est un produit variable, qui souvent offre une très faible solubilité et d'autres fois diffère peu de la DOPHAIne pour seseffels. Du reste,parviendrait-on de nouveau à nous fournir de la véritable narcéine, cette substance n'en restera pas moins toujours très chère, parce que l'opium en contenant très peu, il faut opérer sur une très grande masse d’opium pour obtenir une quantité peu notable de cette substance ». Les raisons invoquées par Laborde en 1887 sont de même ordre : « Deux difficultés majeures se sont opposées jusqu’à présent à la vulgarisation thérapeutique de la narcéine: Premièrement, celle d'obtenir un produit parfaitement pur, à moins de recourir au procédé de Pelletier qui exige l’épuisement d'une grande quantité de matière première et ne réussit pas avec tous les opiums, ce qui augmente considérablement le prix de revient, et par suite le prix du médicament; en second lieu, le peu de solubilité du produit ainsi obtenu, qui en rend l'emploi presque impossible par la méthode hypodermique et qui le fait peu absorbable par la voie stomacale, et partant peu actif ».

A l'heure actuelle, la chimie est parvenue à constituer ce corps par synthèse, en partant de la narcotine. Il s'ensuit que les considérations précédentes sur l’état chimique de la narcéine ne doivent plus avoir la même valeur. Aussi, partant de ce dernier fait, nous a-t-l paru intéressant d'étudier les effels thérapeutiques d'un dérivé de cette narcéine de synthèse, c'est-à-dire rationnellement plus pure : ce dérivé est le « Narcyl » où chlorhydrate d'éthyl-narcéine.

LU

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